Ville de Genève
Rémy Pagani: «Je ferai le tour des multinationales»
Par Christian Bernet. Mis à jour le 01.06.2012 12 Commentaires
Dès aujourd’hui et pour une année, Rémy Pagani est le nouveau maire de Genève. L’ancien syndicaliste prend cette fonction très à cœur. Et en profitera pour encourager les grandes sociétés à investir pour le logement.
Rémy Pagani, vous devenez maire pour la deuxième fois en trois ans. La routine?
Pensez donc. La semaine prochaine, je reçois le président tunisien, qui veut me voir car j’ai soutenu l’opposition. Puis je vais à la fin de juin à Paris, pour un grand rassemblement de l’opposition iranienne. Et il y a les nombreuses rencontres à l’ONU.
N’êtes-vous pas victime du syndrome du maire d’une ville qui se prend pour le ministre des Affaires étrangères?
Pour beaucoup d’étrangers, le maire, c’est le gouverneur. Ils ne connaissent pas forcément nos institutions. Cela nous amène à jouer ce rôle. Cela dit, c’est aussi une année où on rencontre beaucoup de citoyens, qui viennent avec leurs doléances. Il y a trois ans, une femme est arrivée dans mon bureau avec ses enfants. Elle avait été expulsée et cherchait 5000?francs pour récupérer ses clés. J’ai téléphoné à la Chaîne du Bonheur. Ils m’ont dit que ce n’était pas la procédure habituelle, mais le soir, la dame a pu aller rechercher ses clés à la régie.
Comment allez-vous marquer votre année de Mairie?
Le problème principal à Genève, c’est le logement. J’irai voir chaque mois une multinationale ou une banque avec plus de 500 employés pour leur demander ce qu’elles font pour créer du logement. Les CFF ou La Poste l’ont bien fait dans le passé.
Elles vous diront peut-être que ce n’est pas leur problème.
Ça reste à voir. Récemment, l’Ecole internationale voulait s’agrandir. J’avais un préavis à donner. Je lui ai donc expliqué qu’elle devait faire un effort pour loger ses étudiants. Je savais que l’école possédait une parcelle à côté de son site. Nous avons pu trouver une solution pour qu’elle puisse construire. J’ai aussi pu négocier avec la société Trafigura, qui veut s’implanter aux Eaux-Vives. Elle entre en matière sur la réalisation de 60 logements.
En fait, vous tenez le couteau par le manche et vous faites du chantage.
Je tiens un tout petit bout du manche. Je ne contrains personne, mais j’essaie de leur faire comprendre qu’elles ont un intérêt à résoudre la crise du logement.
Quels sont les gros défis de cette année de Mairie?
Ce sera une année charnière. Pour l’heure, nous avons été épargnés par la crise européenne. Mais l’eau commence à monter vers l’îlot que nous sommes. Le Canton a fait son boulot en assumant une politique de relance avec des investissements importants. Il faut continuer dans ce sens et éviter de rentrer dans une politique de rigueur bête et méchante. En Ville, le vote du futur budget sera sans doute difficile. Nous allons augmenter les investissements à 150 millions. Mais il faudra choisir entre des investissements de confort et ceux qui sont vraiment nécessaires.
Les Grottes constituent votre bastion historique. Pourtant, vous y avez des projets très contestés. Vous avez changé?
Non, mais je défends des solutions intelligentes. Et le débat permet d’améliorer les projets. C’est le cas de la future tour, par exemple. Quant à la polémique sur Péclot 13 (une association de réparation de vélos), elle est scandaleuse car nous avions trouvé une solution sans démolir l’immeuble. Je vais les rencontrer et organiser une assemblée pour m’expliquer. Quant à l’extension de la gare, je me suis battu pour qu’un expert indépendant compare les deux variantes en lice et je me plierai à ses conclusions. Là, j’ai mis ma tête sur le billot.
Quelles sont vos relations avec le Canton?
Elles sont bonnes, même s’il arrive que l’on se dispute. Je ne recherche pas le conflit, mais il permet de se confronter à la réalité et aux intérêts en présence, de voir jusqu’où les gens sont prêts à aller. Cela fait partie de la politique. La suppression de la taxe professionnelle sera le prochain débat chaud entre l’Etat et la Ville. (TDG)
Créé: 01.06.2012, 07h52
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La rédaction
12 Commentaires
Une grosse farce politique. Il y a deux choses qui ne manquent pas à Genève : l'argent des investisseurs pour construire des logements et les oppositions quasi systématiques de l'Asloca et Pagani à ces logements s'ils ne sont pas sociaux. Or les employés locaux ou 'importés' des multinationales n'ont pas besoin de logements sociaux et peuvent payer leurs loyers. Répondre
Quel clown ! Comme si c'était à ces grandes entreprises de construire ! M. Pagani a-t-il travaillé une fois dans sa vie ? J'en doute, tant il mélange les rôles des acteurs économiques. C'est à lui, comme homme politique, de créer les conditions-cadre du développement et de faire lever les oppositions à la construction. Par contre, s'il vous manque CHF 5'000.-, il est loin d'être mauvais... Répondre





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