Festival Electron
Quatre videurs inculpés après une soirée à l’Usine
Par Fedele Mendicino. Mis à jour le 08.05.2012 34 Commentaires
Les deux premiers sont agents de sécurité de formation. Les deux autres travaillent comme videurs durant leur temps libre. Les voilà tous les quatre suspectés d’avoir rudoyé deux clients de l’Usine durant le festival Electron en avril 2011.
La justice genevoise mène l’enquête. En apparence, rien ne s’est passé durant près d’un an. Pourtant, selon nos informations, ce quatuor a été récemment mis en prévention par le procureur Olivier Lutz pour lésions corporelles simples, voies de fait et contrainte. Les prévenus sont notamment soupçonnés d’avoir fait une clé de bras au client de la discothèque, de l’avoir plaqué au sol et de lui avoir asséné des coups. Ils sont aussi poursuivis pour avoir traîné l’épouse par le cou et l’avoir frappée à la poitrine. Entendus en mars dernier par le magistrat en charge du dossier, les suspects, résidant en France voisine, contestent, d’une seule voix, les faits reprochés.
Visiblement traumatisés, les époux, eux, ont dû se soumettre à un traitement psychiatrique. Le couple, qui bat de l’aile depuis les événements, était de sortie à l’Usine ce samedi soir 23 avril 2011. «Nous étions devant la scène, nous avions bu chacun une bière», témoigne la femme durant son audition. «Genou sur le sternum»
Vers 2 h du matin, son mari aurait allumé une cigarette sous un panneau d’interdiction de fumer. Un des videurs lui touche l’épaule et le somme d’éteindre sa cigarette. Le videur, qui dit lui avoir montré son brassard de sécurité, affirme que le client, qui ne parle qu’en anglais, l’insulte. Les esprits s’échauffent. «Nous ne fumions pas dans les locaux, explique la plaignante. J’ai eu peur pour mon mari.»
Le videur accompagne l’époux dans les coulisses à travers un corridor étroit, bordé par une barrière métallique. Il explique que le client trébuche. Comment? Mystère. Quoi qu’il en soit, le plaignant l’entraîne dans sa chute. «Sa compagne s’est alors jetée sur moi et m’a donné des coups», dit le suspect au procureur.
D’autres collègues du prévenu interviennent. Et l’épouse de décrire au magistrat les violences subies par son mari: «Deux personnes lui ont pris les jambes pour le mettre à terre. Un l’immobilisait avec un genou sur le sternum, il appuyait son bras gauche sur le cou et avec le bras droit, il lui a donné un coup à l’estomac. La tête de mon mari a bougé dans tous les sens.»
Les époux sont reconduits par le personnel de sécurité à l’extérieur de l’Usine. La police est intervenue devant l’établissement de la place des Volontaires: «Les policiers ne semblaient pas intéressés par ce que nous disions», déplore la plaignante.
Vers 3 h 30, les époux, défendus par Me Vincent Spira, se rendent dans une clinique afin de faire constater leurs blessures et leurs hématomes. «Ils ont deux certificats médicaux à l’appui de leurs déclarations», note Me Spira, qui regrette l’intervention disproportionnée des videurs. «Ils étaient agressifs»
Les suspects, âgés de 20 à 44 ans, sont défendus par les avocats Mes Virginie et Romain Jordan et Ronald Asmar. Ils ne sont pas des employés de l’Usine. «Les témoignages concordent pour dire que les plaignants fumaient, ce qui est interdit, relèvent les avocats des prévenus. Ils ont refusé de se conformer aux ordres du service de sécurité et non contents de résister avec violence, ils se sont encore montrés agressifs avec la police appelée sur place par les organisateurs.» Face à des versions qui s’opposent, la justice va-t-elle classer le dossier? Va-t-elle condamner les videurs? Affaire à suivre.
(TDG)
Créé: 08.05.2012, 07h26
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La rédaction
34 Commentaires
des gens qui fument à l'usine.. noooon, comment est-ce possible, et en plus, une cigarette! Répondre
Comme par hasard, l'Usine. Répondre





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