Genève
Tranchées: le manège des prostituées excède les habitants
Par Anne-Elisabeth Celton. Mis à jour le 15.08.2012
Ecole catholique à proximité
A deux pas du square de la rue Le-Fort se trouve l'externat catholique des Glacis. L'UDC s'insurge et a déposé une interpellation urgente en début de semaine. «La prostitution est légale, mais elle est interdite aux abords immédiats des écoles, c'est pourquoi l'Etat doit intervenir» explique Céline Amaudruz, présidente de la section genevoise.
Les prostituées travaillent en voiture
«La prostitution au boulevard Helvétique et ses environs date des années 90. Les travailleuses du sexe étant très mobiles, on peut les retrouver parfois sur le quartier des Tranchées. Ne travaillant pas en appartements comme aux Pâquis, elles attendent sur le trottoir, puis vont dans les voitures des clients.» Michel Felix de Vidas, chargé de communication de l'association Aspasie.
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Préservatifs au sol, seringues dans l'herbe, hurlements la nuit, les nuisances liées à la présence des prostituées dans le quartier des Tranchées pousse à bout les habitants. Depuis deux ans, les péripatéticiennes qui étaient sur le boulevard Helvétique sont remontées aux abords du square de la rue François-Le-Fort. Et d'après certains riverains, le phénomène s'est renforcé cet été. «Après 22 heures, la circulation est intense, un vrai périph! explique Armand, retraité. Toute la nuit les insultes fusent, les filles hurlent et font un bruit d'enfer.»
Les intéressées sont une dizaine, voire une quinzaine en fin de semaine. Rien à voir avec les Pâquis, c'est certain. Mais le secteur cossu et résidentiel, constitué de bâtisses du XIXe siècle, vit mal cette transformation nocturne. «Sincèrement, on a l'impression de déranger» s'énerve Gabriella, habitante de la rue Bellot. «Les filles étaient discrètes au début. Maintenant les maquereaux sont là et le réseau est bien ancré, ils sont chez eux.»
Déplacer le problème ailleurs?
Marina, une voisine, lance un cri d'alarme. «Mon fils de 4 ans a trouvé une seringue l'autre jour dans la pelouse du square, c'est normal? Les prostituées travaillent sous mes fenêtres, certaines prodiguent des fellations aux clients en pleine rue!» Excédée, elle s'apprête à lancer une pétition. Son objectif: que la police intervienne pour déplacer les prostituées un peu plus loin vers le boulevard Helvétique «moins résidentiel».
Une option qui n'est pas envisagée par la police. «Je rappelle que la prostitution est légale à Genève» explique Patrick Pulh, porte-parole de la police genevoise. «Des contrôles sont effectués plusieurs fois par semaine par la brigade des mœurs dans ce secteur pour s'assurer que tout se passe dans les règles. Mais il n'y a pas à l'heure actuelle d'opération spécifique visant à déplacer ces personnes.» Des agents ont à plusieurs reprises découvert des seringues au sol confirme-t-il, mais aucun acte sexuel n'a été constaté sur la voie publique.
Pierre Maudet, conseiller d'Etat en charge du Département de la Sécurité, a quant à lui été averti de la situation. (TDG)
Créé: 15.08.2012, 15h08
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