Premier cas de triche à la montre connectée

EcoleUn élève a tenté de tricher à un examen grâce à sa smartwatch reliée au Web. Le DIP pourrait adapter le règlement des écoles.

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Avant, on écrivait les réponses sur son poignet ou sur un bout de papier qu’on cachait dans sa trousse. Ou bien on louchait sur la copie du voisin. Ensuite, on a discrètement pianoté sur son natel. Aujourd’hui, on jette un coup d’œil sur sa smartwatch et le tour est joué! L’essor des nouvelles technologies a aussi révolutionné les méthodes de tricherie. L’Ecole de commerce Aimée-Stitelmann vient d’en faire l’expérience.

Une mascogne 2.0

Les montres connectées, ou smartwatches, permettent un accès à Internet, directement ou indirectement par l’intermédiaire d’une connexion avec un autre support comme un smartphone. Elles n’ont pas encore colonisé tous les poignets mais elles commencent à se répandre.

L’une d’elles a d’ailleurs séduit un élève de l’Ecole de commerce Aimée-Stitelmann. Et celui-ci vient de l’utiliser pendant un examen! «Le surveillant a remarqué qu’il travaillait davantage avec sa montre qu’avec son stylo… rapporte Marc Genoud, directeur de l’école. Il tentait de se connecter à Internet.» Une fois en ligne, l’élève aurait eu accès à la base de données de l’école, qui regroupe des documents pour chaque matière, mais aussi à des moteurs de recherche. Même hors ligne, il aurait pu consulter des textes, préalablement pris en photo. Une sorte de mascogne 2.0!

Le fraudeur a été sanctionné et a écopé de la note 1 à son test. «Nous avons pu nous baser sur notre règlement car il est, heureusement, général, explique le directeur. Il stipule que pendant un examen, l’élève n’a pas le droit de porter un élément susceptible de se connecter à Internet. Cela inclut le natel, la tablette numérique ou encore la smartwatch.» Le directeur conclut: «Ce cas de figure est une première. Mais au vu de l’évolution des technologies, c’était à prévoir et la problématique va encore se développer.»

Ôter sa montre en examen?

Ce cas est effectivement anecdotique. Mais il en annonce probablement d’autres. Le Département de l’instruction publique (DIP) a-t-il alors modifié le règlement des écoles? «Non, mais une réflexion est en cours depuis quelque temps déjà, indique Pascal Edwards, directeur du Service de la scolarité de l’enseignement secondaire II. La problématique des objets connectés a été saisie par notre groupe de travail «Climat scolaire», chargé notamment d’assurer une veille dans l’objectif d’une utilisation harmonieuse des nouvelles technologies à l’école.»

L’incursion des smartwatches dans les classes est prise très au sérieux. «Il sera de plus en plus difficile de constater les fraudes car ces objets ressemblent à des montres traditionnelles, relève le directeur du service. Dans un premier temps, il faudra donc édicter des consignes précises, comme demander aux élèves d’enlever leur montre pendant les tests. Mais tout cela est en discussion.»

Dans l’intervalle, si d’autres cas se présentent, la logique qui prévaut est celle visant à associer tout objet connecté au natel, continue Pascal Edwards. «En dehors d’un usage pédagogique (lire ci-dessous), l’utilisation d’un téléphone portable est interdite pendant les cours. Durant les épreuves, ces objets sont remis au surveillant ou laissés dans les sacs. Toute utilisation non autorisée est considérée comme une tentative de fraude et entraîne la note 1.» (TDG)

Créé: 07.05.2015, 18h58

Les technologies aussi à bon escient

Le Département de l’instruction publique (DIP) interdit les outils permettant de se connecter à Internet pendant les examens. Mais ceux-ci ne sont pas pour autant bannis des classes.
Le DIP mène d’ailleurs depuis plusieurs années des expériences pour utiliser et intégrer au mieux les nouvelles technologies en cours (notre édition du 17 avril 2014).
Dès la rentrée 2015, quatre écoles pilotes seront équipées de tablettes numériques, à raison d’une pour quatre élèves. «Cet outil leur permet de collaborer autour d’un même projet», indique Manuel Grandjean, directeur du Service école médias au DIP. Il apporterait aussi une plus-value en termes de diversité de l’enseignement, de motivation et d’autonomie d’apprentissage. «La prochaine étape est d’instaurer un service de prêt, afin que les maîtres qui le souhaitent puissent développer des cours nécessitant des tablettes», explique Manuel Grandjean.
Il ajoute qu’un projet de loi est en préparation pour obtenir le financement permettant d’en équiper toutes les écoles primaires du canton.

Le DIP expérimente également d’autres outils, dont le tableau numérique. Le principe: un beamer relié à un ordinateur et un tableau blanc. Le maître l’utilise comme support de projection ou comme ardoise effaçable. Un stylet, repéré spatialement par le beamer, permet d’écrire virtuellement sur les images affichées. L’élève peut, par exemple, souligner directement des éléments d’un texte projeté sur le tableau.

Enfin, des essais sont menés avec les QR codes, sorte de codes-barres composés de pixels noirs et blancs pouvant être lus par un mobile ou une webcam. Ils contiennent de l’information et permettent notamment d’ouvrir une page Web précise, qui propose des exercices de maths en ligne par exemple. Plusieurs dizaines de classes testent ce système.

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