Education
Le portugais veut sa place dans les cours du Collège
Par Aurélie Toninato. Mis à jour le 03.09.2012 39 Commentaires
Cours privés menacés par la crise
En fin d’année passée, l’association des parents d’élèves portugais était déjà montée aux barricades. A cause de la crise économique, les cours privés de portugais, financés par le gouvernement lusitanien, étaient menacés d’arrêt pour raison budgétaire. A Genève, sur les 3000 élèves inscrits, 600 ont dû être relogés dans les classes maintenues. Pour cette rentrée, les cours sont reconduits «mais une participation financière est demandée aux parents, le temps d’enseignement a été réduit d’environ une heure et les classes sont bondées», rapporte Carla Rocha, présidente de l’association de parents. A.T.
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Au postobligatoire, on peut apprendre l’anglais, l’espagnol, l’allemand ou encore l’italien. Mais pas le portugais. Un constat que l’association des parents d’élèves lusitaniens souhaite changer. Elle vient de lancer une pétition réclamant l’introduction de cette langue au postobligatoire. La demande intervient alors que les cours privés de portugais, financés par les consulats, sont menacés ( lire encadré ) . Mais Carla Rocha, présidente de l’association, rejette tout lien avec la crise. «Cela fait plusieurs années que nous menons cette réflexion. Offrir le portugais au postobligatoire est une marque d’intégration de la communauté étrangère la plus importante de Genève, c’est un moyen de valoriser la langue.» «C’est donner la possibilité à tous de découvrir cette langue, c’est un outil de promotion et d’ouverture», renchérit Sara Pereira, collégienne. 40?000 locuteurs à Genève
Sachant que les cours privés sont dispensés jusqu’à l’âge de 17?ans, quel intérêt pour les jeunes Portugais de doubler cet enseignement, en le choisissant au Collège par exemple? Pour la présidente, «cela leur permettrait de continuer leur apprentissage d’une autre manière et à un rythme plus soutenu». Mais Sara avoue tout de même qu’elle hésiterait à choisir cette option. «J’ai suivi les cours offerts par le consulat et je n’aurais pas eu envie de recommencer depuis les bases. Je préfère donner la priorité à d’autres options.»
En avril, c’était Pierre Maudet, – alors maire de la Ville – qui déclarait sur Léman Bleu être favorable à l’introduction de cette langue au postobligatoire. «Le portugais, qui est pratiqué par 40?000 personnes à Genève, n’est pas inscrit au programme scolaire; je trouve dommage, cela pourrait au moins être une option.» «Techniquement faisable»
Où en est la réflexion au Département de l’instruction publique? Au Collège par exemple, pourquoi l’italien et l’espagnol seraient-ils plus légitimes que le portugais pour figurer au programme? «Le choix des langues repose sur un principe simple, répond Sylvain Rudaz, directeur du postobligatoire: les trois nationales et les deux les plus parlées sur le plan international.» Le portugais pourrait toutefois figurer au rang des options à choix. Pas en tant qu’option spécifique (OS), car il faudrait obtenir l’aval des autorités fédérales. Ajouter une OS modifie le format de la maturité, et le Canton n’a pas l’autorité pour valider son propre titre.
Deuxième possibilité: l’option complémentaire (OC), destinée à élargir le spectre de connaissances. «Nous disposons de davantage de marge de manœuvre pour le contenu de cette option et, selon les cantons, les OC intègrent des particularismes propres, rapporte Sylvain Rudaz. Le portugais pourrait donc se tailler une part de l’OC, c’est techniquement faisable, confirme le directeur. Par contre, il faudrait que la demande soit suffisante et il faudrait trouver les enseignants.»
L’entrée du portugais dans les options du Collège n’est donc pas utopique, la question de son intégration pourrait même figurer dans la réflexion de la réforme du Collège, prévue pour 2014. Mais certains s’y opposent déjà, soutenant que cela irait à l’encontre du principe d’intégration. «C’est une question à prendre sous deux angles, avance Sylvain Rudaz. Soit l’enseignement de la langue maternelle peut être perçu comme un objet permettant l’intégration, soit il est perçu comme un facteur de stigmatisation…»
Aurélie Toninato (TDG)
Créé: 03.09.2012, 07h25
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39 Commentaires
N'importe quoi, alors que le DIP est déjà incapable d'enseigner correctement l'allemand pour que les élèves qui en ont fait huit ans puissent le parler convenablement! Mais si déjà, enseignons plutôt le chinois et le japonais en post-obligatoire, plus utiles malgré toute l'amitié que je porte pour nos amis lusophones. Puis demain, l'albanais, le turc, le hindi? Qui paie? Répondre
"association des parents d'élèves lusitaniens" ????C'est tout de même étrange de parler d'intégration, tout en créant, par ailleurs, une association spécifiquement dévolue à une communauté linguistique particulière. Répondre
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