Les pompiers sauvent un jeune martinet en difficulté
Par Antoine Grosjean. Mis à jour le 27.07.2012 5 Commentaires
Jeudi, les pompiers ont été appelés à la Tribune de Genève, où ils sont intervenus avec la grande échelle. Qu’on se rassure, il ne s’agissait pas d’évacuer des journalistes pris dans un incendie, mais de sauver un jeune martinet en difficulté.
En fin d’après-midi, des collègues aperçoivent l’oiseau coincé dans un caisson de store dont il tente visiblement de s’extraire. Le volatile se débat en vain. Une de ses ailes s’agite à l’extérieur et sa tête est aussi visible, tandis que le reste de son corps est dissimulé.
Au centre ornithologique de réadaptation de Genthod (COR), son fondateur Patrick Jacot nous explique que, vu la hauteur des lieux (cela se passe au 4e étage), il ne peut rien faire. «Appelez-donc les pompiers, conseille-t-il, ils ont l’habitude et c’est gratuit.» Pas du tout étonnés par notre appel, les hommes du feu débarquent quelques instants plus tard avec la grande échelle. Celle-ci déployée, il ne leur faudra que quelques minutes pour extraire le martinet de son piège, avec toute la délicatesse requise. «Nous allons le remettre au COR, explique un pompier, mais je ne sais pas s’ils pourront le sauver.» Une de ses pattes a l’air méchamment endommagée.
Ce vendredi matin, Patrick Jacot nous donne des nouvelles de notre petit protégé, qu’il a entre temps récupéré. Sa patte semble effectivement condamnée, mais l’oiseau devrait survivre. «C’est un jeune sur le point de quitter le nid, précise-t-il. Parfois, les martinets squattent d’anciens nids de moineaux. Mais comme ces derniers utilisent des brindilles, cela a fait un garrot autour de la patte du jeune martinet.» Le COR a déjà recueilli deux jours plus tôt un autre martinet à qui il était arrivé la même mésaventure et qui a été relâché hier. Plus gravement atteint, le nôtre aura sans doute besoin de dix à quinze jours de soins avant de pouvoir recouvrer la liberté. Probablement avec une patte en moins...
Nous voilà néanmoins rassurés sur le sort de ce joli volatile migrateur, bolide aérien qui peut atteindre des pointes de 150 km/h dans les airs. Mais la grande échelle, n’est-ce pas un peu excessif pour un simple oiseau? «Pas du tout!, s’exclame Patrick Jacot. Je trouve magnifique ce que font les pompiers! Les gens ne se rendent pas compte. Le martinet est une espèce très sensible, protégée dans toute l’Europe. Il fait de plus partie des cinquante espèces prioritaires pour la Suisse. Même son site de nidification est protégé. S’il niche dans un bâtiment, celui-ci est considéré comme son biotope. C’est la seule espèce, avec la chauve-souris, pour qui ce soit le cas. Si le propriétaire veut rénover son bâtiment, la législation fédérale l’oblige à reproduire un nid ailleurs.» Espèce d’autant plus sensible qu’elle est en régression en Suisse, la météo de cette année ayant été déplorable pour la reproduction.
Si les martinets s’installent dans des caissons de stores, à leurs risques et périls, c’est qu’ils manquent de sites de nidification. C’est pourquoi le COR a installé plus de 2000 nichoirs à Genève.
Dans ce genre de situation, il faut appeler le COR (079/624.33.07) qui évaluera si c’est à lui ou aux pompiers du SIS d’intervenir. Surtout ne pas essayer de décoincer l’oiseau soi-même. D’abord parce qu’on risque de se mettre en danger, d’autre part parce que cela nécessite un certain savoir-faire. «L’oiseau est stressé, explique Patrick Jacot, il faut le calmer avant d’intervenir. Manipuler les stores est également déconseillé, cela risque d’aggraver son état.» (TDG)
Créé: 27.07.2012, 11h34
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5 Commentaires
B R A V O et merci à nos pompiers qui interviennent souvent pour des malheurs et qui, pour une fois, nous apprennent une bonne nouvelle Répondre
Merci beaucoup à la Tribune de Genève pour ce MA-GNI-FI-QUE article ! On en voudrait des comme ça plus souvent. Encore bravo ! Répondre





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