TPG
Des policiers armés escortent bus et trams genevois
Par Chloé Dethurens. Mis à jour le 09.08.2012 15 Commentaires
Sondage
TPG: la présence de policiers armés vous rassure-t-elle?
Bientôt 41 policiers en Suisse romande
La police des transports (50 millions de francs de budget) est commanditée par les CFF. Au niveau suisse, son effectif compte 250?personnes. En Suisse romande, les 35 agents seront 41 d’ici à la fin de l’année. Ils sont titulaires d’un brevet fédéral de policier. C’est l’Office fédéral des transports qui est chargé de la surveillance de ce corps, armé depuis cet été. Quelque 130?000 appels sont enregistrés chaque année à la centrale d’engagement d’Olten. Ces policiers en uniforme assurent la sécurité dans les trains, les gares et diverses entreprises de transports publics. «Il s’agit d’une police de sécurité publique et non pas judiciaire», relève Michel Willy. CH.D.
Partager & Commenter
Mots-clés
«Des voitures bloquent les bus à Genève-Plage. Il faut y aller.» Première alerte de la soirée. Il est à peine 20?h?30, vendredi 27 juillet. Dans le bâtiment de service des CFF de la rue des Gares, trois policiers attrapent leur radio, enfilent en vitesse une chasuble jaune. Jusqu’ici habitués aux trains et aux gares, ils patrouilleront ce soir sur le réseau TPG. Eux, ce sont les policiers des transports. Depuis le 1er juillet, leur mission est double. En plus d’assurer la sécurité en milieu ferroviaire, ils doivent désormais également ouvrir l’œil sur les bus et les trams genevois. Nous les avons suivis.
Quelques secondes après l’appel, l’équipe descend dans la rue et démarre sa tournée nocturne. Stationné près des voies de Cornavin, le 4x4 bleu et gris s’élance en direction des quais. Près de Genève-Plage, c’est la gabegie. Un concert a effectivement attiré la foule. Les voitures garées de part et d’autre de la chaussée – malgré les barrières – rendent difficile le passage des lignes 2 et 6. C’est la centrale de régulation des TPG, en contact permanent avec la patrouille, qui a donné l’alerte. Une fois sur place, les trois policiers organisent la circulation, dressent des constats, tentent de joindre les conducteurs, souvent en vain. Impossible de confondre ces pandores, armés eux aussi, avec les gendarmes genevois: leurs uniformes, tout comme leur véhicule, affublé du logo TPG, empêchent toute ambiguïté.
Un renfort bienvenu
«Nous collaborons en revanche étroitement avec la police cantonale, assure Mi chel Willy, chef de la région romande pour la police des transports. Nous définissons nos soirs de patrouilles avec les TPG, qui les transmettent à la gendarmerie. En cas de besoin, celle-ci peut d’ailleurs nous engager sur une intervention si nous sommes disponibles. Cela peut donc parfois signifier jusqu’à une dizaine d’hommes supplémentaires en service à Genève.»
Ces policiers veillent sur les TPG du vendredi au dimanche jusqu’à 9?h du matin et de manière aléatoire durant la semaine, en fonction des besoins de l’entreprise. En dehors de ces tranches horaires, des agents de sécurité veillent au grain.
Bel-Air, Rive, Cornavin: la patrouille arpente la plupart du temps l’hypercentre- ville, là où l’affluence est la plus forte. Sauf évidemment en cas d’incident ailleurs dans le canton ou d’indication spécifique des TPG, qu’ils rencontrent une fois par mois. Le soir de la Lake Parade, par exemple, deux patrouilles ont surveillé les alentours de la rade. Et lors des contrôles massifs de billets, jusqu’à onze policiers encadrent les contrôleurs.
Retour à Genève-Plage. Une fois le problème de trafic réglé, le petit groupe rejoint le nœud de Bel-Air. Le beau temps de ce vendredi soir, en pleine période de Pré-Fêtes, fait sortir les Genevois: les rues sont bondées. Objectif de la patrouille, toujours reliée à la centrale TPG par GPS: faire de la prévention en se rendant visible. Le véhicule bien en vue sur la place, on échange quelques mots avec un conducteur de tram. «Les gens sont plutôt contents de nous voir arriver», confie la cheffe du poste genevois. Et Michel Willy de préciser: «Cette nouvelle présence aléatoire permet de rassurer les gens, tout en créant un climat d’incertitude pour les malfrats.»
Escorte des contrôleurs
Vers 23?h, ce sont justement trois contrôleurs qui font appel au trio juste avant de revenir tourner au centre-ville. Par mesure de sécurité, les policiers se chargent donc d’accompagner le petit groupe durant quelques heures. Vérification des billets, contrôle d’identité, passage difficile au carrefour des Vingt-Deux-Cantons… Les policiers grimpent dans le véhicule, se postent de part et d’autre de l’équipe afin de prévenir tout débordement. Un troisième reste dans la voiture de patrouille et suit de près le bus ou le tram. «Au cas où nous sommes appelés sur une urgence», précise Michel Willy.
D’où viennent ces nouveaux protecteurs du réseau TPG? D’un peu partout en Suisse romande, en fonction du planning de chacun et des besoins. Des recrues qui apprécient ces nouvelles fonctions: «Avant, ils ne surveillaient que les trains et les gares, rappelle leur responsable. Maintenant, ils peuvent patrouiller partout. Simplement devant la gare ou à la galerie marchande, par exemple, ce qu’ils ne pouvaient pas faire auparavant! Ils apprécient de pouvoir voir autre chose, c’est plus varié. Cette nouvelle tâche n’est en revanche pas facile: contrairement au train, le tram s’arrête toutes les deux minutes, ce qui laisse davantage de possibilités au contrevenant de prendre la fuite.»
Les TPG apprécient eux aussi ce coup de pouce, qui leur coûtera près d’un million de francs pour 2012. «La police des transports peut se rendre tout de suite sur les lieux d’un incident, ce qui n’est pas toujours le cas de la police cantonale lorsque l’effectif est insuffisant», relève Isabel Pereira, porte-parole. Ces policiers possèdent les mêmes moyens de contrainte que ceux du canton. Ils peuvent relever des identités, confisquer des objets, enclencher sirène et feux bleus, rouler sur les voies de bus et de tram, interpeller des individus. Dans ce dernier cas, puisque la police des transports ne possède pas de section judiciaire, le prévenu est remis aux instances cantonales.
Depuis leur entrée en fonction, ces patrouilles spécialisées ont vérifié l’identité de 132?passagers TPG, sur demande des contrôleurs. Elles ont également as sisté deux personnes souffrant d’un malaise et retrouvé plusieurs individus recherchés par la justice. Elles bénéficieront bientôt de renforts, puisque la police des transports recrute de nouveaux volontaires en Suisse romande.
Exigé par une loi fédérale
Entrée en vigueur le 1er octobre 2011, la Loi fédérale sur les organes de sécurité des entreprises de transports publics (LOST) exige que celles-ci se munissent des infrastructures nécessaires pour protéger les voyageurs, les employés, les marchandises, l’infrastructure et les véhicules, mais aussi pour garantir l’exploitation.
Les TPG ont ainsi eu le choix entre créer leur propre police ou mandater celle des CFF. Comme la première option s’avérait trop onéreuse, l’entreprise a misé sur la seconde, comme dans la plupart des cantons. «Le tarif horaire de la police des transports est le même pour les CFF que pour les organes de transports publics, relève Michel Willy. C’est une solution clés en main pour nos partenaires, moins compliquée que celle de créer une police d’entreprise. Même les Transports Publics Zurichois n’ont pas choisi cette dernière.»
Les tâches et compétences de la police des transports pour les entreprises sont réglées par une convention. Les cantons, eux, gardent leur souveraineté. Pour compléter l’action des pandores, la police des transports emploie également des agents de sécurité et de prévention, munis d’un spray et capables de retenir, par exemple, un contrevenant récalcitrant jusqu’à l’arrivée de l’autorité compétente.
(TDG)
Créé: 09.08.2012, 07h20
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
15 Commentaires
il faut impressionner les "dangereux" contrevenants qui n'ont pas de ticket....evidemment c'est toujours plus facile de coller des amendes aux gens cf: les parkings, la circulation et j'en passePar contre arrêter les dealers et éviter que les gens se poignardent pour rien, la y a plus personne..... Répondre
Entre la PJ, la BAC, la Gendarmerie, la BSP, la PSI, les ASP, la Police Municipale, la Police des Transports,... ça fait beaucoup de monde tout ça. Malheureusement, on ne leurs donne pas suffisamment de moyens. Répondre
ASSURANCES AUTO
Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 


























