Justice
Policier genevois condamné pour l’enlèvement de sa fillette
Par Fedele Mendicino. Mis à jour le 12.10.2012 7 Commentaires
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Un policier genevois a reçu une ordonnance pénale au début du mois d’août. Selon nos informations, le fonctionnaire a été condamné pour enlèvement de mineur. Le gendarme, défendu par Me Agrippino Renda, a rapidement fait opposition à cette sanction de 60 jours-amende avec sursis. Il sera donc jugé au début de l’année prochaine. Mais cette fois en audience publique, devant le Tribunal de police.
Collègues hors de cause
Comme nous le révélions il y a un an, la mère avait porté plainte contre son compagnon, policier et père de ses enfants, pour enlèvement de sa fille, ainsi que contre deux policiers en uniforme pour abus d’autorité et séquestration. En effet, la plaignante soutenait que les deux agents avaient accompagné son ex-ami à la sortie du parascolaire pour aller récupérer sa fille en septembre 2011. Les policiers, eux, ont toujours dit avoir été alertés en bonne et due forme par l’école, contestant ainsi avoir favorisé leur collègue. Dans son ordonnance pénale datée du 25 juillet dernier, le Ministère public n’a retenu que l’enlèvement contre le père.
Séparée de son ami policier depuis le début de l’année 2011, la plaignante a quitté leur domicile en France voisine pour vivre au foyer des Grottes avec ses enfants. Depuis, le couple s’affronte en justice, en France et à Genève, pour avoir la garde des fillettes.
Le 15 septembre en fin d’après-midi devant l’Ecole Beaulieu, à la sortie du parascolaire, le père vient récupérer sa fille. Brandissant une décision de justice française de juillet 2011, il estime qu’il en a le droit. Mais ce jour-là, un membre du personnel de l’établissement se méfie. Il rechigne à remettre la fillette. La direction des lieux demande l’intervention de la police. Deux gendarmes font rapidement le déplacement.
Lors des discussions, l’homme, qui craint de voir sa femme quitter la Suisse pour son pays d’origine en Afrique, présente le jugement français en sa faveur. Alertée par le personnel, la mère arrive à l’école dans tous ses états. Elle a, dit-elle, les certificats de domicile des enfants à Genève et un jugement fixant leur résidence dans le canton. Elle constate que son mari, en civil, est sur place avec les gendarmes. Est également présente la mère du compagnon.
Plainte écartée
Les esprits s’échauffent dans le hall d’entrée de l’école. La plaignante veut récupérer sa fille, mais elle dit en avoir été empêchée par les policiers en uniforme, qui auraient bloqué la porte de l’intérieur. En sortant finalement du bâtiment, les gendarmes, soutient-elle, lui ont barré la route. Le policier, qui affirme que ce jour-là son ex-compagne a été menaçante et violente contre lui et sa mère, a également déposé une plainte. Plainte qui a fait l’objet d’une ordonnance de non-entrée en matière par le Ministère public. Selon nos renseignements, un recours a été déposé par le gendarme.
«Je ne comprends pas»
«Je ne comprends pas l’ordonnance pénale contre mon client, explique Me Renda, qui nous confirme cette décision de justice tombée cet été. Au niveau civil, nous avons obtenu la garde devant la Chambre d’appel de Chambéry en mars dernier. Cette année, toujours en appel, la Cour de justice de Genève a même relevé que le déplacement des fillettes par la mère, de France vers Genève, était illicite. Condamner mon client est donc totalement incompréhensible: comment est-ce possible d’enlever un enfant dont on a juridiquement la garde?»
On l’a compris, devant le Tribunal de police, Me Renda plaidera l’acquittement du policier. (TDG)
Créé: 12.10.2012, 07h26
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La rédaction
7 Commentaires
Pas très surpris. Je suis partisan de l'égalité homme-femme (p.ex pour les salaires), mais en ce qui concerne la justice dans les cas de divorce à Genève, certains juges ont clairement un parti-pris rétrograde en faveur des femmes, même si le rôle des pères a bien évolué ces 20 dernières années... Répondre
Voila la preuve, que des policiers genevois résident légalement en France ! Cela cloue le bec à ceux qui pensent qu'il faut résider en Suisse pour être flic ! Répondre
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