Retraites des fonctionnaires
Pluie de critiques contre le référendum du SSP
Par Marc Bretton. Mis à jour le 21.09.2012 6 Commentaires
Quelles sont les étapes à venir?
Le référendum sera lancé par le Syndicat des services publics (SSP) dès la parution de la loi sur la fusion des caisses publiques dans la Feuille d’Avis Officielle (FAO), probablement la semaine prochaine.
La votation interviendrait probablement au début de 2013.
Si les Genevois rejettent le référendum, la loi votée par le Parlement entrera en vigueur.
S’il est accepté, les députés auront quelques mois pour élaborer une nouvelle loi.
La date butoir est fixée au 1er janvier 2014. Si aucune loi n’est finalisée à cette date, la CIA, en difficulté, sera prise en main par l’autorité fédérale. M.BN
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Le Syndicat des services publics (SSP) a allumé la mèche du référendum. Si tout se passe comme le souhaite l’organisation, cette votation fera sauter la loi sur la fusion des caisses publiques CIA (administration centrale) et CEH (santé) votée par le Parlement il y a huit jours. En attendant, l’avenir des quelque 62 000 assurés des deux caisses est en suspens. «La décision du lancement a été difficile», admet Paolo Gilardi, membre du comité national du SSP. Mais la situation serait grave: «Les attaques contre la fonction publique se généralisent, la qualité des prestations se dégrade, la nouvelle loi est un pas de plus dans cette direction», souligne David Andenmatten, coprésident du SSP Genève.
Les critiques du SSP
Que reproche le syndicat à la fusion? Beaucoup de choses. Elle serait «injuste», s’attaquerait aux «bas salaires», ne respecterait pas la loi fédérale en ce qui concerne la gouvernance de la caisse. Et puis les prestations baissent et les prélèvements augmentent. Résultat: «On ne peut pas laisser passer sans résistance, estime Eric Decarro, ancien président national. Car l’avenir est pire. Les mesures de redressement aux frais des employés sont déjà prévisibles.»
C’est aussi tout le système du deuxième pilier et la loi fédérale sur les caisses publiques que le syndicat met en cause: «Les collectivités suisses devront payer d’ici à quarante ans au moins 100 milliards pour atteindre le niveau des réserves prévues, qui alimenteront un système capitaliste en crise. Les fonctionnaires ne sont pas responsables de cette situation», poursuit Eric Decarro.
Le SSP ne craint pas les conséquences du référendum: «Nous devons nous soustraire au chantage du pire, avance Paolo Gilardi. Ce qui serait grave, c’est que l’extrême droite lance un référendum contre la loi, nous forçant à lutter sur son terrain.» S’il ne passe pas, «nous n’aurons rien perdu. S’il passe, nous ferons pression pour obtenir une nouvelle loi plus favorable», reprend Eric Decarro. Et si in fine, la CIA, en situation délicate, devait sauter? «Il n’y a aucune nécessité de la liquider, assure David Andenmatten contre l’évidence légale. C’est un chantage dont David Hiler est coutumier. Les experts font exprès de dégrader la situation.»
«Bête et dangereux»
La décision du SSP est relativement inattendue. Mercredi encore, le Cartel intersyndical, organisation faîtière du secteur public, dont le SSP est membre, refusait sans opposition de lancer le référendum. Le cartel dénonce d’ailleurs la décision du SSP: «Nous ne soutiendrons pas ce référendum, prévient son président, Olivier Baud. Le SSP va chatouiller la droite et joue avec les retraites de milliers d’assurés, la primauté des prestations et les paiements des cotisations deux tiers-un tiers. C’est une erreur. Bien sûr, nous aurions préféré un autre projet, mais il faut savoir tourner la page.»
Opposé à la fusion lors des débats du Grand Conseil, le député PS Roger Deneys abonde: «Ce référendum est bête et dangereux. On peut critiquer la loi et le deuxième pilier, mais compte tenu des délais, du maintien de certains acquis et du sentiment antifonctionnaire d’une partie de l’opinion, lancer un référendum est un risque qui s’apparente au suicide.»
Le député PLR Pierre Weiss, défenseur du projet devant le Grand Conseil, ajoute: «Le SSP est au syndicalisme ce qu’Ahmadinejad est aux relations internationales. Si le référendum passe et que nous devons refaire la loi, nous mettrons en cause certains tabous qui ont été conservés jusqu’ici.»
(TDG)Créé: 21.09.2012, 22h40
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La rédaction
6 Commentaires
Bravo le SSP, magnifique auto-goal. Car le referendum va passer. Trop de monde est outré par les avantages indus que vous avez réussis à conserver: Primauté aux prestations, répartitions des primes 1/3-2/3, et recapitalisation massive de l'état. Ce n'est pas votre projet de loi qui en ressortira, mais bien un projet beaucoup plus draconien qui corrigera le tir. Répondre
Quand on y pense, ces gens cotisent toute leur vie sur 5'000.- et reçoivent à la retraite 10'000.- vu que comme par hasard leur salaire est augmenté fortement la dernière année (chiffres fictifs) et le tout sans avoir payé pour, à nos frais! Non c'est innacceptable. Il faut que ce référendum aboutisse, que le projet soit refusé, changé et faire passer le système en primauté des cotisations. Répondre
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