Les places se raréfient dans les bibliothèques

Révisions Les collégiens squattent toujours plus les bibliothèques universitaires. Des solutions sont envisagées.

La bibliothèque d’Uni Mail est submergée par des étudiants sous grand stress.

La bibliothèque d’Uni Mail est submergée par des étudiants sous grand stress. Image: Lucien Fortunati

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Jeudi, 10 h. Le silence de la bibliothèque d’Uni Mail est studieux. Période d’examens oblige, le lieu est submergé par des centaines d’étudiants sous stress. Kevin potasse sa 3e année de géographie depuis des semaines à Uni Mail, où il a souvent du mal à dénicher une place. «Parfois, on doit tourner un moment avant d’apercevoir une table libre.» Il a même dû quelquefois rebrousser chemin. «Nous étudions dans ce lieu et pourtant nous ne disposons pas de place pour nos révisions!» Pour lui, la cause de ce problème est toute trouvée: les collégiens. Mélanie, étudiante en droit, acquiesce: «La bibliothèque d’Uni Mail est souvent très occupée par des étudiants bien plus jeunes.»

Les bibliothécaires confirment. «Durant les examens, il y a la queue dehors dès 8 h. Les places sont chères», rapporte l’une d’elles, à Uni Mail. Quant à la moyenne d’âge, «elle a effectivement baissé ces dernières années». Mais les entrées n’étant pas contrôlées, impossible d’avoir des chiffres par type d’utilisateur. Uni Mail n’est pas la seule concernée. A la bibliothèque du Centre médical universitaire, le constat est le même, spécialement le week-end.

Les collégiens déferlent

Floriane, élève au Collège de Staël, vient presque tous les jours au boulevard du Pont-d’Arve pour réviser avant ses examens de maturité. «C’est l’endroit le plus proche de chez moi, mais aussi le plus approprié à mes besoins.» Ses qualités? Il est silencieux, dispose d’ordinateurs, d’une connexion Internet accessible et d’horaires d’ouverture larges. A de Staël, la bibliothèque ferme à 17 h 15, lorsque les cours se terminent. «Pour réviser, la seule possibilité est de nous replier ici.» Son choix s’est naturellement porté sur la bibliothèque d’Uni Mail, avec ses 1400 places, ouverte jusqu’à 22 h en semaine.

Puis, par habitude, Floriane ne vient plus qu’ici, délaissant la bibliothèque de son collège. Elle ne serait pas la seule. «De nombreux amis y viennent également pour être au calme. Les bibliothèques collégiennes sont comme un hall de gare.»

Plusieurs pistes à étudier

La solution? Elle se trouvera peut-être dans les nouvelles technologies. Les étudiants bénéficieront, dans un avenir proche, d’un système indiquant le taux d’occupation des places de travail. Aurélie Kuntschen, attachée de presse de l’Université de Genève (UNIGE), explique qu’on pourra connaître «en temps réel, grâce à une application mobile, le taux d’occupation de chacun des espaces des bibliothèques». L’ouverture de salles de cours inoccupées, pour les étudiants qui révisent durant les examens, est par ailleurs évoquée.

L’UNIGE ajoute qu’une issue rapide pourrait être trouvée avec l’extension des horaires des bibliothèques collégiennes. Si des discussions ont lieu actuellement entre les directeurs des collèges et l’Université, le Département de l’instruction publique n’est pas aussi optimiste. Pierre-Antoine Preti, responsable de la communication, relève «qu’un horaire plus étendu demanderait un contrôle de l’accès à l’établissement en dehors des périodes scolaires». Ce qui impliquerait une hausse des coûts.

Toutefois, le règlement d’utilisation des espaces bibliothécaires spécifie qu’«en cas d’affluence, le personnel de la bibliothèque peut réserver l’accès aux places de travail aux membres de la communauté universitaire». Pourquoi ne pas privilégier cette solution plus drastique? «N’oublions pas que les collégiens d’aujourd’hui sont les étudiants de demain! De façon générale, notre vocation est d’offrir des services non seulement à la communauté universitaire, mais plus largement à la cité», rappelle Aurélie Kuntschen.

En attendant, les étudiants ont donc recours à des astuces pour trouver une place. Ainsi, Grégoire, étudiant à la HEP de Lausanne mais Genevois d’origine, demande à ses amis de lui réserver une chaise dès l’ouverture. Un autre moyen? Venir aux heures creuses, à midi notamment, quand les étudiants quittent le secteur pour manger.

(TDG)

Créé: 14.06.2017, 09h36

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En chiffres

Uni Mail est consciente du manque de place en période d’examens. D’autant que certaines sections de la bibliothèque sont désormais réquisitionnées pour faire passer les évaluations. Les enquêtes menées par l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) révélaient qu’en 2016, 40% des étudiants avaient été confrontés à un problème de place. Le problème était identifié il y a quatre ans déjà, avec l’élargissement des horaires d’ouverture pendant la période de préparation d’examens, de 8 h à 22 h en semaine et de 9 h à 18 h le week-end.

Aujourd’hui, plus de 80% des étudiants se déclarent satisfaits des horaires et ont perçu une nette amélioration grâce à leur élargissement. Le lieu est, depuis 2016, ouvert dans sa totalité le dimanche et les jours fériés.

Auparavant, les tables de travail étaient inaccessibles. Ce nouvel accès permet aux étudiants de s’installer sur les tables dans les étages, mais la bibliothèque n’en semble pour autant pas désengorgée.

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