Ville de Genève
Pas de pitié pour vos vessies, les cafetiers restreignent l’utilisation de leurs WC
Par Sophie Simon. Mis à jour le 23.08.2012 10 Commentaires
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Pas de pitié pour vos vessies. Qui dit établissement public ne dit apparemment pas forcément toilettes publiques. Un panneau d’interdiction, un code, une clé, tous les moyens sont bons pour dissuader ceux qui n’ont pas consommé d’utiliser les toilettes des bars, boulangeries ou restaurants du canton.
«Les restaurateurs sont libres de refuser l’accès à ceux qui ne font pas partie de leur clientèle, explique Laurent Terlinchamp, président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève. La légende du droit à la Feuille d’Avis , au verre d’eau et aux toilettes, il faut oublier!»
La plupart des établissements se contentent d’apposer un panneau du type «réservé à la clientèle». La boulangerie Wolfisberg du boulevard Georges-Favon est la seule de la chaîne à avoir dû recourir à ce stratagème. «C’est efficace. Nous sommes situés juste en face de l'arrêt du tram Stand, justifie François Wolfisberg. Il y a eu une grosse affluence de personnes qui entraient juste pour utiliser les toilettes, sans même se donner la peine d’acheter un croissant à 1 fr. 60. La moindre des choses, c’est de demander et de consommer, c’est une question d’éducation.» Ce filtre dissuasif n’a bien sûr aucune valeur contraignante. Nous avons fait le test dans plusieurs endroits sans avoir rien acheté, et n’avons reçu aucune remarque.
«Dépôt de drogue»
Le restaurant du parc des Bastions est un exemple caractéristique. Il y a encore quelques mois, il fallait demander la clé au bar pour accéder aux toilettes, en extérieur. Une précaution nécessaire, sans laquelle «elles servaient de dépôt de drogue», témoigne Urs Hänni, directeur de l’établissement. Les toilettes sont depuis à l’intérieur du bâtiment, et un simple panneau vise à intimider le touriste sanitaire. «Je comprends qu’il s’agit d’un besoin primaire, mais je paie le personnel qui nettoie; économiquement je ne peux pas assurer le nettoyage des WC pour toute la République.»
Des toilettes publiques gratuites sont pourtant à disposition à quelques mètres à peine des toilettes du restaurant. «Mais elles sont dégueulasses, les gens préfèrent venir ici, et je ne les refuse pas, sauf en cas d’événement de grande ampleur comme la Fête de la musique. L’idéal serait de mettre en place des toilettes payantes, mais pour les restaurateurs c’est interdit.» La Ville de Genève compte 47 WC publics.
Les grandes chaînes de restauration, comme McDonald’s ou Starbucks, ont choisi l’option du code seulement dans leurs antennes les plus fréquentées, à proximité de la gare Cornavin ou de Rive. Le code est inscrit sur le ticket de caisse. «C’est un bon système pour donner la priorité à la clientèle», estime Aglaë Strachwitz, porte-parole de McDonald’s Suisse. Pourtant, il est plus qu’aisé de se le procurer: expérience faite, nous l’avons demandé aux serveurs qui nous l’ont fourni sans plus de considérations. Il suffit sinon d’attendre que quelqu’un ouvre la porte. L’efficacité du système est donc faible.
«C’est une tradition»
Si l’argument qui revient est la grande fréquentation, alors comment font les grands magasins, comme Bon Génie, Globus ou Manor qui, confrontés eux aussi à une grosse affluence, laissent leurs toilettes accessibles à tous? L’esprit commerçant est avancé dans l’autre sens: «Chaque personne qui entre dans nos magasins est considérée comme un client potentiel. C’est dans cette logique que nous laissons nos toilettes ouvertes», répond Claudia Torrequadra, responsable de la communication de Bon Génie-Grieder.
«C’est une tradition, explique Grégoire Morel, manager de ventes chez Globus Genève. On n’a jamais fait payer les toilettes; pour l’instant il n’y a pas d’afflux massif et nous n’avons aucune dégradation particulière à déplorer.» (TDG)
Créé: 23.08.2012, 08h00
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10 Commentaires
Je comprends les restaurateurs. Ce n'est pas aux restaurateurs d'assurer un service de toilettes publiques ! Cela incombe à la ville de Genève de fournir à la population des toilettes publiques propres, sûres et dignes ! Il me semble que nous payons assez d'impôts pour cela.Une honte pour Genève ! Une ville riche comme Genève où le peuple ne sait pas où aller pisser ! Répondre
Tout est question de contexte et de bon-sens élémentaire. On ne peut pas comparer un grand magasin avec le resto du coin. Tout comme il faut faire la différence entre un quartier sensible et une zone tranquille, entre la journée ou un soir tard. Mais en cas d'urgence, l'accès immédiat doit aller de soi, question de dignité envers le demandeur. Répondre
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