Loisirs
La piscine du Grand-Lancy joue les prolongations avec succès
Par Thierry Mertenat. Mis à jour le 28.09.2012
Vernets: la nage à la grimace
Du dehors vers le dedans. Quel contraste. Nage à la grimace. Cohabitation harmonieuse en été, promiscuité sévère en hiver. Les cinq bassins olympiques du territoire genevois (quel luxe!) n’en font plus qu’un avec le retour des brouillards matinaux.
Cette offre resserrée n’est pas sans conséquences. Aux Vernets, la chose saute aux yeux sans avoir besoin d’entrer dans l’eau. La première piscine de la Ville vient à peine de sortir de huit longues semaines d’entretien. Partiellement. Un problème d’étanchéité a été détecté dans le bassin de 25 mètres. Du carrelage se décollait de la chape. Tout est à refaire. Il sera fermé jusqu’au début de décembre.
Ambiance de chantier contrariant aux abords du bassin de 50 mètres. L’ouverture avancée à 7 h 30 ne suffit pas à absorber une demande en constante augmentation. Cinq lignes d’eau au réveil. Quatre sont interdites au public. «Police, pompier, douane, ambulance», récite d’une voix bien entraînée le surveillant. Chaque matin, il doit répondre à la même question. A 7 h 45, un seul pompier et un seul policier. Le premier récupère d’un accident. Respect.
Juste à côté, 15 nageurs de tout âge se disputent l’unique couloir réservé au grand public. Risques de collision. Les mots ne sont pas aimables; les palmes ne font pas que gifler la surface de l’eau. «A cette heure-là, le nageur tout-venant est vraiment le cocu du bassin», lance l’un d’eux. «Nous sommes très attentifs à la fréquentation; il y aura des retouches», note-t-on du côté de la direction.
TH.M.
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Il ne suffit pas de l’annoncer, il faut aller vérifier. Vérifier quoi? Si le bassin extérieur de Marignac, dans la commune de Lancy, est bien ouvert comme annoncé. Si sa fréquentation quotidienne justifie l’enthousiasme de l’information publiée au début du mois. Dans le jargon des plumitifs, on appelle cela un suivi. Dans le langage des gardiens de piscine, on préfère parler de ligne d’eau.
Quatre ont été tirées. Il est midi et elles sont pleines. Décompte à vue: 40 nageurs. Deux heures plus tôt, à l’ouverture, six personnes font la queue au guichet. En fin de journée, les fidèles sont de retour. Ils enchaînent sortie du travail et baignade avec une évidente allégresse. Certains viennent même de passer une bonne demi-heure dans les transports publics. «On récupère les déçus qui n’ont plus de piscine en plein air pour nager à partir de mi-septembre, explique Serge Troxler, le responsable des installations lancéennes. Ils s’ajoutent à notre clientèle sportive et retraitée. Dimanche dernier, on a même dépassé les 400 entrées. On fera le bilan durant l’automne pour savoir si l’on reconduit l’année prochaine cette prolongation d’ouverture.»
Paroles de chef pragmatique. Il connaît les atouts de son domaine, et les élus auxquels il doit rendre des comptes sont, a priori, moins intéressés par la calculette que par la bonne santé de leurs concitoyens. Une bonne manière en tous les cas d’exploiter positivement une infrastructure outillée pour affronter sans grelotter les changements de saison. Qualité d’eau irréprochable, translucide, malgré les premières feuilles mortes. Température constante (24,5 degrés), enceinte en béton abritée du vent, le moindre rayon de soleil se transformant en chauffage au sol. Sans compter un couloir d’accès cinq étoiles partant du vestiaire, également chauffé, pour rejoindre directement le bassin principal. Nager dehors son kilomètre, sans sentir le froid ni la pluie, c’est «juste trop bien», résument les amateurs de crawl et de brasse coulée.
Ils sont de plus en plus nombreux. Pour eux, cette offre exclusive tombe à pic, car ils savent que le retour en bassin fermé arrive toujours trop tôt en septembre. «L’ambiance d’une piscine couverte n’a vraiment rien à voir», résume la porteuse de bonnet qui ne manquera pas, ce dimanche 30 septembre, de fêter cet ultime jour de nage outside à l’avenue Eugène-Lance.
Des jaloux, des envieux? Ailleurs, au Lignon comme à Carouge, l’herbe est trop froide pour prétendre jouer les prolongations aquatiques. Au bord du lac, on n’en parle même pas: Genève-Plage affronte la bise noire et les Pâquis accueillent les futurs participants à la Coupe de Noël. L’été indien en caleçon de bain ne se vit vraiment qu’à Marignac. (TDG)
Créé: 28.09.2012, 07h47
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