Genferei
Père de la révision constitutionnelle, le radical Bernard Lescaze, votera non
Par Mabut Jean-François. Mis à jour le 05.10.2012 23 Commentaires
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Les armoiries de Genève selon la lecture que fait Bernard Lescaze de l'article 7 de la nouvelle constitution.
Grand prêtre du chapitre premier de la nouvelle loi fondamentale genevoise et donc de son article 7, le constituant Maurice Gardiol a répondu à Bernard Lescaze dans son blog Résistance et ouverture. Le socialiste affirme que «le choix de l'Assemblée consistant à faire apparaître ces armoiries en ne recourant pas au langage héraldique est délibéré, puisque la loi existante est déjà formulée dans ces termes spécialisés. Pour qu'il n'y ait aucune ambigüité, l'Assemblée a fait figurer la reproduction des armoiries telles que décrites dans la loi, ainsi que la devise de Genève.»
Et Maurice Gardiol de s’étonner de cette polémique tardive: «Il est étonnant que Monsieur Lescaze lance cette polémique une fois les travaux de l'Assemblée achevés alors que la formulation retenue figurait déjà dans l'avant-projet largement mis en consultation parmi les autorités et dans la population genevoise il y a plus de deux ans.» JFM
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En 1999, bien avant l’initiative du professeur Auer, Bernard Lescaze lançait au Grand Conseil l’idée de la révision totale de la Constitution genevoise. Aujourd’hui, le radical, toujours barbouillé par la fusion du grand vieux parti, fondateur de la République de 1847, avec les libéraux, annonce qu’il votera contre le projet le 14 octobre prochain.
Il y a bien sûr cette affaire d'armoiries, qu’il a découvertes tardivement. Il a lu, dit-il, en six heure, une nuit d'insomnies, les 680 pages du dernier Dicker, qu’il a fait découvrir à Vladimir Dimitriévitch de l'Âge d'homme. Mais la lecture de la nouvelle Constitution de Genève, qu'il n'a entamée qu'après son adoption par 73% des 80 constituants, lui est restée sur l’estomac.
Un aigle à deux ailes et deux pattes
«Les constituants sont une bande d’ignares et se sont mis en tête de réinventer le langage héraldique », peste l’historien qui hante les salons de la vénérable Société de lecture, au cœur de la Vieille Ville. «Lisez l'article 7, le drapeau de Genève est méconnaissable. Il est affublé – à la manière de l’étendard du Kosovo ou de l’empire russe – d’un aigle entier sur fond jaune et non d’une demi-aigle. De plus, l'article mélange la couleur jaune et l’or. Bref, que n’ont-ils pas recopié la loi du 11 août 1815 !? Elle définit parfaitement le nom du canton, ses couleurs et ses armoiries », assène le lettré, qui tend la preuve imprimée du forfait à qui veut la saisir.
Mais là n’est pas l’essentiel du courroux de l’ancien député. Il est au fond dépité que le fruit de la révision totale de la constitution radicale de 1847 soit sans lustre, sans ambition, sans audace. Pire, le texte contiendrait des incohérences et des redondances coûteuses.
Des incohérences
Lescaze revient aux armoiries et en particulier au demi-soleil au-dessus de l’écusson : «L’article 7, que veut nous imposer la constituante, dit que « le cimier représente un soleil apparaissant sur le bord supérieur et portant le trigramme IHS en lettres grecques. Mais qui donc sait ce qu’est un trigramme ? Quant aux trois lettres grecques, elles ne signifient pas «J’ai Horriblement Soif», mais bien « Jésus Sauveur des Hommes ». Je n’ai personnellement rien à redire à cela, poursuit le radical, mais il est indéniable que ce trigramme est en contradiction avec l’article 3 du même texte, lequel proclame que l’Etat est laïque. Or, rappelle Bernard Lescaze, la Constitution de Fazy était muette sur la question religieuse. Et la révision de 1907, qui a consacré la séparation des églises et de l’Etat, elle a seulement décrété que l’Etat ne salarie ni ne subventionne aucun culte.»
La Cour constitutionnelle est redondante
Incohérence encore avec la création d’une Cour constitutionnelle cantonale, continue l’homme politique. «C’est une aberration qui va nous coûter un à deux millions de francs par année. Tout juriste sait qu’en droit suisse, c’est le Tribunal fédéral qui fait office de tribunal constitutionnel cantonal.»
D’autres remarques ? Sur les 237 articles du projet, combien déplaisent au père de l’aventure constitutionnelle ? Bernard Lescaze élude la question. Ce n’est pas une question de quantité. «Un autre grand échec de la Constituante, c’est la gouvernance des communes et de la région. Un autre désastre.»
Imposer la fusion des communes
L’assemblée aurait dû, à son avis, donner au moins la faculté au Grand Conseil de contraindre des communes à fusionner. Le radical rêve du remariage des municipalités qui ont divorcé au temps de James Fazy. Pourquoi ne pas créer une grande commune de la Champagne et une au Mandement. Et sur la rive gauche du lac, Corsier, Hermance, Anières, qui forment déjà COHERAN, pourraient s’étendre aux communes de Gy, Jussy, Meinier et à quelques autres.
Le marieur Lescaze peste en revanche contre tous ceux qui veulent diviser la ville de Genève, comme naguère Robert Cramer, ou la fondre dans le canton comme Martine Brunschwig Graf. Il refuse la réforme Hiler de la fiscalité communale, à laquelle la Constituante a renoncé. Elle priverait sa bonne ville de 100 bons millions de recettes. «Et même du double si l’on imagine la disparition de la taxe professionnelle.»
«Une Genferei de plus? Et alors!»
Mais tous ces défauts valent-ils de refuser l’ensemble du projet ? Le canton de Genève ne sera-t-il pas la risée des confédérés le 14 octobre au soir? «Ça ne sera qu’une Genferei de plus, répond en substance l’historien, Genève s’y reprend souvent à plusieurs fois pour aboutir. En cas d’échec – mieux vaudrait une telle issue qu’une acceptation du bout des lèvres - la tâche de réviser la Constitution reviendra au Grand Conseil. Il pourra procéder en deux étapes, imagine celui qui n'a pas voulu être constituant pour laisser la place aux jeunes: premièrement en confiant à une commission d’experts le toilettage du texte texte de 1847, revu et corrigé plus d’une centaine de fois. Puis, dans une seconde étape, le Grand Conseil devrait oser ce que les 80 constituants n’ont pas osé.
Par exemple? «Le droit de vote des étrangers au plan cantonal, note l’héritier des Fazy, Favon et Segond. Qui s’inquiète que la démocratie genevoise prive presqu'un habitant du canton sur deux des droits civiques et trois sur quatre du Grand Genève. « Mais ça aussi, c’est une tradition genevoise», conclut-il.
«N’oubliez pas de faire dessiner l’écusson avec l’aigle à deux ailes et à deux pattes!», lance encore le radical goguenard au moment où je quitte la Société de lecture. (TDG)
Créé: 05.10.2012, 11h01
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23 Commentaires
Que tous ceux qui soffusquent, à très juste titre, de l'éventuelle chagement de l'écusson genevois s'offusquent également de la dérive du drapeau suisse. Celui-ci à le privilège d'être, avec ceux du Vatican et de la Savoie, carré car beaucoup plus anciens que les autres. Alors pourqoi le faire rectangulaire comme l'on voit de plus en plus souvant (ditributeur TPG par ex.). Ce n'est plus la Suisse Répondre
Pour que ce soit à l'image de Genève, on pourrait tout de suite adopter un drapeau avec l'aigle kosovar d'un côté, l'écusson portuguais de l'autre avec sur l'écusson le marteau et la faucille d'un côté et le croissant islamique de l'autre. Ensuite, les couleurs d'une mutinationale anglosaxonne en fond et un baril de pétrole tout en haut avec le trigramme TMP (trading de matières premières). Répondre
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