Immobilier
A peine nommé maire, Rémy Pagani dénonce «un spéculateur»
Par Fabiano Citroni. Mis à jour le 04.06.2012 208 Commentaires
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Intronisé maire de Genève vendredi, Rémy Pagani n’a pas perdu de temps pour se mettre au travail. Et dénoncer «un cas de spéculation avérée» dans un communiqué transmis hier aux médias. Problème: le présumé spéculateur, dont le nom figure dans le communiqué, promet de ne pas se laisser salir et de s’en remettre à la justice s’il le faut. Hier matin, Rémy Pagani fait donc part de la volonté de la Ville d’exercer son droit de préemption – c’est-à-dire son droit prioritaire d’achat – dans le cadre de la vente d’un immeuble à la rue Micheli-du-Crest.
«Le propriétaire a acheté cet immeuble plus de trois millions de francs en 2008. Aujourd’hui, il veut le revendre quasi cinq millions. Cela représenterait un bénéfice immobilier de presque 1,5 million, correspondant à une plus-value de 46% sur quatre ans», affirme Rémy Pagani.
Pour le magistrat, «il s’agit d’un cas de spéculation avérée». Et de nous expliquer que l’immeuble se situe en zone de développement. «De manière générale, le prix des terrains et les logements sont contrôlés par l’Etat de Genève. Le propriétaire ne peut faire ce qu’il veut. La Ville propose de racheter ce bien pour 3,5 millions. Nous pourrons ainsi construire et pérenniser des logements sociaux.» Dans les faits, Rémy Pagani va solliciter demain le feu vert du Municipal pour que la Ville puisse exercer son droit de préemption.
Mais avant cela, l’élu d’A Gauche toute! a rendez-vous cet après-midi avec l’actuel propriétaire. «Je vais lui expliquer que le bien est en zone de développement et que la Ville entend l’acheter. S’il n’accepte pas, je vais l’inviter à baisser son prix de manière drastique avant de vendre l’immeuble.» Et si le propriétaire refuse? «Alors nous nous expliquerons devant les tribunaux.»
L’affaire s’annonce délicate. Hier, en effet, nous avons joint le propriétaire incriminé. «Monsieur Pagani me convoque, mais avant même de me voir, il annonce à la presse son intention de prendre mon immeuble. Je ne comprends pas ces manières.» Et le propriétaire de contre-attaquer. «Comment ose-t-il me traiter de spéculateur? En 2004, j’ai acheté cinq immeubles à Genève. Mais aujourd’hui, je ne souhaite plus investir dans l’immobilier genevois. Un fonds de pension souhaite acheter l’ensemble de mes biens. J’ai accepté. Ce fonds n’entend pas faire de la spéculation.»
Quid du prix, passé de trois à cinq millions en quatre ans? «Le prix de vente correspond à la valeur fiscale de l’immeuble établie par l’Etat. Si je le vends moins cher, l’Etat va me reprocher de ne pas vouloir payer les impôts sur la plus-value», affirme le propriétaire. Ce dernier ajoute qu’à son sens, l’immeuble n’est pas en zone de développement et que la Ville n’a donc aucun droit dessus. «Je ne vais pas me laisser faire», avertit-il. Rémy Pagani, lui, campe sur ses positions. «Je rappelle que la valeur fiscale n’est qu’indicative en cas de vente.» (TDG)
Créé: 04.06.2012, 07h14
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La rédaction
208 Commentaires
L'immeuble n'a fait que suivre la hausse des prix de l'immobilier.Une fois de plus les socialistes montrent qu'ils sont contre la propriété privée et du droit de disposer de ses propres biens Répondre
J'approuve entièrement la démarche de M.Pagani. Répondre
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