Les patrons genevois épinglent la France
Par Roland Rossier. Mis à jour le 28.08.2012 13 Commentaires
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En rangs serrés, plus de deux mille responsables d’entreprise ont assisté ce mardi soir à la 6e « rentrée des entreprises », mise sur pied par la FER (Fédération des entreprises romandes). Une rentrée marquée par une conjoncture économique qui reste solide s’agissant de la Suisse, alors que l’Europe demeure engluée dans sa crise de la dette.
L’Europe ? C’est du moins la France qui a retenu l’attention des dirigeants de la FER. La chasse aux riches prônée par le gouvernement socialiste de François Hollande n’est pas du goût de Nicolas Brunschwig, président de la fédération. « Il faut espérer, a-t-il notamment déclaré, que le courant que notre grand voisin français a choisi, soit taxer plus que de raison les entreprises et, pour simplifier, « les riches », ne viendra pas jusqu’à nous. » Ce qui ne semble pas évident, a-t-il poursuivi, à la lecture du projet de nouvelle convention franco-suisse sur la double imposition. « Ce serait une capitulation inacceptable, contraire aux règles de l’OCDE, et qui ouvrirait un précédent dans lequel s’engouffreraient d’autres pays. Il vaut mieux ne plus avoir de convention », a encore dit le Genevois.
Dans son intervention, Blaise Matthey, directeur général de la FER, a aussi épinglé la France. Il a concentré son tir sur Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg (sans les nommer), respectivement ministres français de l’économie et du redressement productif. Plaidant pour la liberté d’entreprendre, le Genevois a évoqué le cas de Peugeot qui, « voué aux gémonies par des ministres fraîchement nommés », est selon lui éloquent : « une société familiale qui a gardé une part substantielle de sa production en France -comme le souhaitent lesdits élus- est durement critiquée parce que, confrontée à la loi d'un marché excédentaire et des coûts comparés, il lui faut se restructurer ». « Préfère-t-on qu'elle disparaisse à tout jamais? », s’est demandé Blaise Matthey en observant que Renault, contrôlé par l'Etat français, « n'a pas eu les mêmes scrupules et n'a pratiquement jamais eu à subir de telles critiques ».
Dans un autre thème, celui de la place financière, Nicolas Brunschwig a estimé que « les chasses aux sorcières menées par nos pays voisins vont continuer à nous affaiblir, sans pour autant que ces derniers en soient renforcés ». « Le temps est largement venu, pour le Conseil fédéral, de ne plus céder unilatéralement à toutes demandes ! » a-t-il martelé.
Le président de la FER a aussi fait part d’une expérience personnelle : « lors de mes vacances en Turquie, j’ai constaté que la plupart des bateaux sont détenus par des sociétés du Delaware, Etat américain bien connu pour ses rivages sans nuages fiscaux. » Paris, Washington… Les pays étrangers ont tenu hier la vedette dans les discours des patrons genevois.
(TDG)
Créé: 28.08.2012, 19h57
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13 Commentaires
Je n'ai réellement jamais compris pourquoi la Suisse n'a jamais avancé l'argument suivant: "Vous avez le Delaware, Monaco, Jersey etc.. tant que ses endroits ne seront pas également soumis aux même règles que vous souhaitez nous imposer, le statu quo prévaudra" Répondre
Il était temps Répondre
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