La Une | Dimanche 19 mai 2013 | Dernière mise à jour 23:27
Crise du logement

Il partage son studio genevois contre du sexe

Par Anna Vaucher. Mis à jour le 27.07.2012 30 Commentaires

Un homme d'une cinquantaine d'années passe une annonce: il recherche une jeune colocataire. En échange de relations intimes quelques fois par semaine.

1/2 26/07/2012 . Genève. Un homme propose de partager son appartement avec une jeune femme contre faveurs sexuelles. Pierre Abensur

   

Partager & Commenter

Une ampoule suspendue au plafond illumine les murs jaunes et décrépis de ce studio dépouillé à la Jonction. Pas de canapé, deux chaises, un seul lit. C'est l'espace qu'un locataire d'une cinquantaine d'années se propose de partager avec une jeune femme, contre des faveurs sexuelles.

«Une femme entre 20 et 30 ans, moyennement jolie et mince.»

La petite annonce parue dans la rubrique A louer d’un journal de la région mentionne uniquement la gratuité du loyer, mais les modalités sont d’emblée précisées par téléphone. Prévenu de notre visite, le Genevois — short Adidas, sandales et chemise blanche — nous répète les termes du contrat: «Je mets à disposition ma chambre, ma cuisine, le micro-ondes, la salle de bains. En échange, je demande que nous ayons des relations intimes deux ou trois?fois par semaine.»

Son ex-amie, 48?ans, rencontrée il y a quatre ans par le biais d’une annonce similaire, est présente: «Nous avons vécu ensemble durant quatre ans. Il est plutôt drôle, plein d’idées, et je n’avais pas de quoi me loger. Maintenant, il cherche quelqu’un de plus jeune, ce que je comprends.» Ses critères à lui: «Une femme entre 20 et 30?ans, moyennement jolie et mince.» L’ancien agent de sécurité et éleveur de chiens polaires, divorcé trois fois, a beau être aimable, il est certainement peu conscient de la gravité de sa proposition. «De la prostitution? Je ne vois pas ça comme ça. Il s’agit plutôt d’une forme de service rendu.»

La conséquence de la pénurie de logements

Si les échanges «appart contre sexe» se sont développés à Paris, la pratique reste rare à Genève. «C’est la conséquence de la pénurie de logements et de l’incapacité qu’ont eue les politiques à la devancer», lance la conseillère municipale d’Ensemble à Gauche Salika Wenger. «Ce sont les classes les plus défavorisées qui paient, et avant tout les femmes, encore une fois! Il s’agit là d’un pauvre qui cherche à abuser de quelqu’un d’encore plus pauvre. C’est le XIXe siècle! Et parce que cela touche au logement, qui constitue un droit fondamental, c’est pire que de la prostitution.»

La prostitution étant autorisée en Suisse, qu’en est-il légalement? «Il n’y a pas d’infraction en tant que tel dans l’échange. Par contre, l’abus de détresse est répréhensible par la loi. Une enquête peut dès lors être ouverte. Il faut néanmoins que la situation soit signalée», explique le conseiller national socialiste Carlo Sommaruga, secrétaire général de l’Asloca romande.

Sous-location contraire à la morale

S’il reste difficile de faire recours à la loi, le propriétaire a quant à lui les moyens d’agir. «Même sans échange d’argent, il s’agit d’une sous-location, ce qui nécessite obligatoirement une autorisation. Il est clair qu’un tel contrat, contraire à la morale, serait refusé par le propriétaire. S’il en a connaissance, il est en droit de l’interdire et, si elle se poursuit, de résilier le contrat de bail», conclut Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière. (TDG)

Créé: 27.07.2012, 16h47

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

30 Commentaires

Antoine Lesec

27.07.2012, 17:00 Heures
Signaler un abus 65 Recommandation 1

Quelle bande de faux-culs, ces régisseurs ou ces propriétaires! Ca ne les dérange pas de louer des appartements à des prostituées, en revanche dès qu'un quidam propose en colocation de partager son espace, ça joue les puritaines. Vraiment n'importe quoi. Bonne chance Monsieur, vous aiderez une personne à se loger et vous aurez tous les deux du plaisir. Enfin.. on vous le souhaite! Répondre


Christophe Vielliard

27.07.2012, 18:09 Heures
Signaler un abus 38 Recommandation 0

Mr Somaruga n'est peut-être pas le mieux placer pour parler du problème de pénurie de logement puisqu'il y aprticipe plus souvent qu'à son tour par des oppositions systématiques aux projets de logemnent. Répondre



Rencontre serieuse

publicité
  • [Alt-Text]

Sondage

L'équipe de Suisse va-t-elle gagner les Mondiaux de hockey?




Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 7h30-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11

ASSURANCES AUTO

Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.

Horoscope

Accédez à l'horoscope

Programme TV

Accédez au programme TV