Oui au cannabis, mais pas pour les mineurs

Rapport sur la légalisation des drogues doucesLe groupement interpartis remanie son projet de régularisation du marché du cannabis.

Rolin Wavre, délégué du PLR (à gauche), et Arnaud Moreillon, coordinateur du groupe interpartis et secrétaire général du Parti socialiste.

Rolin Wavre, délégué du PLR (à gauche), et Arnaud Moreillon, coordinateur du groupe interpartis et secrétaire général du Parti socialiste. Image: Pierre Abensur

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Comment régulariser le cannabis? Lancé en 2012, un groupe interpartis a élaboré un projet rendu public à la fin de 2013. Celui-ci pose les bases d’une distribution et d’une consommation contrôlées, car «il est évident que le système actuel fondé sur la répression a échoué», explique Arnaud Moreillon, coordinateur du groupe et secrétaire général du Parti socialiste (PS). Six mois plus tard, les délégués du PS, PLR, PDC et MCG, l’UDC ayant quitté le groupe d’origine, remanient leurs concepts sur la base des retours enregistrés, notamment auprès des partis, de professionnels de la sécurité et de la santé, ainsi que diverses villes suisses. Premier changement, les délégués ont décidé d’exclure les mineurs de toute distribution légale, le point le plus controversé du projet d’origine. «Nous espérons par là désamorcer les critiques, expose Rolin Wavre (PLR), mais nous sommes conscients aussi que ce choix évite de se poser la question de la consommation de cannabis par les mineurs, qui n’est pas négligeable.»

Modèle portugais

En ce qui concerne les jeunes toujours, le groupe propose d’activer le réseau associatif et professionnel afin de détecter les consommateurs problématiques. «C’est le modèle portugais. Dans ce pays, on a dépénalisé la consommation, qui a légèrement augmenté. Mais en parallèle, on a créé des commissions de dissuasion qui se sont attaquées à la consommation de stupéfiants chez les jeunes. Elles ont permis de la réduire de 50%.» En parallèle, le groupement s’est penché sur la production et la distribution de cannabis. Récusant un modèle de vente ou de production libre, il réclame la mise sur pied d’une production centralisée et contrôlée afin de garantir la qualité et la régularité en THC (molécule psychotrope contenue dans la plante) du cannabis.

Pas de coffee-shops

Enfin, la vente serait confiée à des associations agréées de consommateurs qui approvisionneraient à raison d’environ 10 grammes par jour les personnes résidant dans le canton. «Nous ne sommes pas convaincus par le système des coffee-shops à la néerlandaise, le risque d’appel d’air – pour des clients étrangers – est trop grand.» Le produit des ventes servirait à payer la production et le conditionnement. «Il n’est pas question de privilégier une solution mercantile, comme par exemple au Colorado», explique Rolin Wavre. La balle est désormais dans le camp politique. Concrètement, le groupement propose le lancement d’une étude de faisabilité en vue de préparer une régularisation temporaire de trois ans. L’étude devrait se pencher sur la forme juridique de la distribution et de la production, prendre en compte les aspects pratiques et élaborer les critères de choix des associations de consommateurs. Contactées, certaines villes suisses, dont Winterthour, Zurich, Bâle, Berne et Genève (lire ci-contre) sont intéressées. «Avec ce projet, nous espérons reprendre davantage le contrôle sur l’espace public occupé par les dealers, résume Arnaud Moreillon, lutter contre le marché noir et améliorer la santé publique.» (TDG)

(Créé: 04.07.2014, 22h22)

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