Finale de l’Euro 2012
Olé! Les Vernets changés en une arène espagnole
Par Thierry Mertenat. Mis à jour le 02.07.2012
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Rivaux dans leur championnat national, tous ensemble sur l’esplanade des Vernets. Ils viennent de Malaga, de Madrid ou de Barcelone. En bus, en tram et à pied. A six reprises en moins d’un mois, ils se sont donné rendez-vous devant cet écran géant dont ils auront été les spectateurs les plus bruyamment joyeux. «Espagne unie, jamais ne sera vaincue»: c’est dit, c’est fait, au rythme du tambour et du toro andalou.
L’énergie de ces aficionados genevois a donc été récompensée: les voici champions d’Europe. Sous la pluie et une température automnale. «Il aurait pu neiger dimanche soir, nous serions venus quand même», lance l’homme au mégaphone. Il est heureux et n’a presque plus de voix. Quatre buts en nonante?minutes les ont obligés, lui et ses camarades, à puiser dans leurs réserves vocales. L’humidité ambiante fait le reste. Extinction collective. Restent les bras et les jambes pour sauter en l’air. Avant de filer en direction de Plainpalais et de Rive. La nuit appartient aux vainqueurs.
Les Italiens, eux, quittent les bords de l’Arve en silence. A la mi-temps, ils avaient déjà intériorisé leur désillusion à venir, comme les Portugais quatre jours plus tôt, au même endroit. Cette esplanade est un peu cruelle pour ceux qui perdent. Pour autant, elle ne cultive pas l’esprit revanchard. On se sépare vite, mais bons amis. Trois semaines et plus à se retrouver presque chaque soir dans ce village de footeux au cœur de la ville finissent par tisser des liens, par-delà les hymnes et les drapeaux.
«J’ai adoré cette édition 2012 de Festifoot», lance un fidèle parmi les fidèles. Avant d’ajouter: «Vivement les vacances, je suis lessivé. J’aurai passé toutes mes soirées debout, loin de mon canapé et de mon téléviseur.» Une expérience physique, en somme. «On vit mieux les matches de la sorte», renchérit Fernando, fier de son prénom de buteur. Lui aussi est impatient de rejoindre ses compatriotes, qui avant minuit ont envahi Genève comme d’autres les Ramblas.
A l’heure de mettre sous presse cette liesse espagnole, on signalait un regroupement de supporters devant le parvis du Grand Théâtre. Juste en face, une fontaine bien connue au pied d’une sculpture de général. Toutes les conditions festives étaient réunies pour entamer un bain de minuit qui, comme le précédent illustre, fera le tour de la terre. Olé!
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Plus de 200?000 personnes sont passées par les Vernets
Voir les matches et faire la fête. Sur la fanzone des Vernets, le sportif et le festif font cocktail commun jusque dans le bilan qui les résume. En chiffres réels d’abord. Au total, plus de 200 000 personnes sont passées par Festifoot, ses stands, sa scène et son écran géant. Jolie fréquentation pour un total de 25 soirées, dont six jours sans match et huit jours de pluie. La pluie, c’est toujours contrariant pour les programmateurs en plein air. L’effet est le même qu’à la piscine: ça mouille et vide l’espace. Sauf, bien sûr, les soirs de finale. Mais le meilleur était avant. En s’arrangeant pour s’affronter au stade des demi-finales, les Espagnols et les Portugais ont permis de battre un record d’affluence aux abords de la patinoire. Plus de 12?000 passionnés, dans une ambiance incroyablement amicale compte tenu de la promiscuité dépassée. L’occasion aussi de vérifier la fiabilité du dispositif sécuritaire. Plusieurs débuts de bagarres, certes, traités avec célérité par un service d’ordre efficace: ils n’ont débouché sur rien, sinon sur des interdictions de site. Dix-huit mesures administratives ont été prononcées contre des semeurs de trouble (moins nombreux, mieux cadrés que sur certaines fanzones de Suisse alémanique). Il n’y avait pas que du foot sur cette esplanade à taille humaine. Bob Sinclar et Martin Solveig ont fait le plein: 12?000 spectateurs dansants pour chacun d’eux. «Ils ont adoré!» Qui? «Les artistes eux-mêmes», précise Michel Conod, coresponsable avec Laurence Andersen de ce petit Paléo du ballon rond au cœur de la ville.
A quand la prochaine édition? Ses organisateurs aimeraient bien prendre date l’année prochaine déjà. Ils rêvent à un festival culturel, avant un nouveau rendez-vous sportif. Genève a un magistrat qui sait marier les deux. Pour les horaires, c’est plus compliqué. Le bémol, le voilà: arrêt de la musique à 23?h en semaine, à minuit le week-end. Manque à gagner pour tous.
TH.M. (TDG)
Créé: 02.07.2012, 06h55
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