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Justice

Mort d’un jeune homme: médecin condamné

Par Catherine Focas. Mis à jour le 05.09.2012 5 Commentaires

Le psychiatre avait administré de la méthadone à un patient angoissé. Le médicament de trop.

Image: Lucien Fortunati

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Le fait est suffisamment rare pour être signalé. La condamnation d’un médecin des HUG a été confirmée cet été par la Cour de justice. Comme il n’y aura pas de recours au Tribunal fédéral, elle devient définitive. Un psychiatre en formation a été condamné à 45 jours-amende (à 140 francs le jour) avec sursis pour avoir administré de la méthadone à un patient trop nerveux. Ce dernier, âgé de 19 ans, se trouvait au quartier cellulaire de la Clinique psychiatrique de Belle-Idée. Il est mort, selon l’autopsie, d’une «intoxication médicamenteuse». Les faits remontent à 2007.

Il continue à travailler

«Notre client gardera un goût amer d’injustice», indique l’avocat Alec Reymond, qui, avec son confrère Jean-Pierre Garbade, a toujours soutenu que le médecin en question avait agi conformément aux règles de l’art.

Le volet pénal étant achevé, que va-t-il se passer du point de vue disciplinaire? «A ma connaissance, aucune procédure administrative n’est en cours», poursuit Me Reymond. Interrogé sur ce point, le médecin cantonal, Jacques-André Romand, explique: «Le délai de recours vient de prendre fin. C’est seulement maintenant que j’aurai accès aux pièces. Une fois que je pourrai consulter le dossier, je déciderai des mesures à prendre. Les faits remontent à 2007. Depuis, ce médecin a continué à travailler et a donné satisfaction, il serait donc aberrant de prendre des mesures d’urgence maintenant. Par ailleurs, la Commission de surveillance des droits des patients et des professionnels de la santé ne s’est pas encore penchée sur ce cas. Elle doit attendre que la procédure pénale soit achevée et qu’un jugement définitif soit entré en force.»

Retour sur ce décès dramatique. En janvier 2007, un jeune Français est interpellé. Il a avalé 90 doses de cocaïne avant de passer la douane, il comptait les vendre à Genève. Il est hospitalisé aux HUG pour expulser la drogue, il reste un certain temps à l’unité médicale de Champ-Dollon avant d’être transféré au quartier cellulaire de Belle-Idée. Trouble dépressif, idées suicidaires, il prend trois médicaments. Le docteur mis en cause en ajoute deux autres (Zyprexa, Nozinan, Nicotinell Patch, Remeron, Temesta).

Il se tapait la tête

Le 2 mars en fin d’après-midi, le psychiatre en formation est appelé en urgence. Le patient s’est effondré en larmes. Il se tape la tête contre les murs, se dit angoissé et affirme souffrir du manque à cause de sa toxicomanie. Le médecin lui prescrit alors une dose de 15 mg puis de 30 mg de méthadone. Il en mourra le lendemain. «Je devais prendre en compte l’urgence, avait expliqué le docteur au cours de son procès en 2011. Il se tapait la tête contre les murs, il me disait que la méthadone allait le calmer. Je lui en ai donné dans ce but, pour calmer sa souffrance.» Son supérieur hiérarchique à l’époque des faits, Pandelis Giannakopoulos, chef du Département de santé mentale et de psychiatrie aux HUG, expliquait que les internes, souvent inexpérimentés, peuvent se sentir débordés.

Deux expertises médicales concluent que l’introduction de la méthadone, «ajoutée à d’autres substances psychodépressives, a mené au décès du patient.» Le médecin a diagnostiqué «à tort» un syndrome de sevrage.

Compte tenu de sa formation et de son parcours professionnel, cela n’aurait pas dû arriver, conclut la Cour de justice après avoir relevé toute une série de manquements. (TDG)

Créé: 05.09.2012, 14h28

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5 Commentaires

Ralf Latina

05.09.2012, 18:03 Heures
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Bah! Le médecin s'en sortira, comme toujours. Peu importe la victime. Vive les HUG! Répondre


Sylvie Crettaz-frieri

06.09.2012, 00:21 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

c'est le patient qui réclamait a corps et a crie de la méthadone en manque ,c'est donc difficile de satuer sur un syndrome de sevrage -a 19 ans perdre la vie mais qui l'avait poussé a avalé 90 doses de cocaine ?,du suicide ,de toute façon le medecin sera poursuivi toute sa carriere avec ce drame Répondre



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