Histoire
Les mille et une vies de la passerelle des Vernets
Par Laure Gabus. Mis à jour le 20.07.2012 3 Commentaires
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Genève est un lieu où les constructions provisoires peuvent durer… La passerelle des Vernets, en démolition depuis lundi, l’illustre bien. L’édifice temporaire aura servi soixante et un ans! Le 30 août, le pont Wilsdorf le remplacera au-dessus de l’Arve. Avant qu’on ne l’oublie, la Tribune de Genève revient sur son étonnante histoire.
Une liaison pour les soldats
En 1951, les Vernets sont des champs où s’arrêtent les gens du voyage. Sur l’autre rive, l’arsenal se dresse déjà en face de l’ancienne Ecole de médecine. Cette année-là, l’armée s’apprête à construire sa caserne aux Vernets. Il lui faut une liaison directe entre le futur bâtiment et l’arsenal. Ça sera la passerelle des Vernets.
Les travaux commencent le 28 août et s’achèvent trois semaines plus tard. Le capitaine Lambert met à profit un cours de répétition de la compagnie III/1 des troupes du génie. Ces militaires, majoritairement genevois, sont spécialisés dans la construction de ponts. L’ouvrage a une structure en métal et un plancher (tablier) en bois. Vouée à être temporaire, la passerelle n’est pas construite dans l’axe du quai de l’Ecole-de-Médecine pour permettre la construction d’un pont.
Faire durer le temporaire
Le plancher en bois résiste mal au froid et à la pluie. En juin?1956, à la sortie d’un hiver glacial, certaines parties du tablier sont vermoulues. Des travaux de réfection s’imposent. Rebelote deux ans plus tard! Un an avant l’ouverture de la patinoire des Vernets, la chaussée en bois est remplacée par du ciment.
Les poutres métalliques sont remises à neuf en 1970; les soudures électriques sont refaites, les poutres sablées puis repeintes couleur gris zinc. Des protections sont aussi installées en amont pour éviter que, lors des crues, des troncs ne s’accumulent contre les structures porteuses et ne menacent l’édifice.
Le provisoire dure et aucun pont ne se profile. Des travaux de réfection sont à nouveau entrepris en 1988. Puis en 2007. Cette année-là, la passerelle ferme plusieurs mois et rouvrira uniquement dans un sens… Juste à temps pour l’Euro 2008. A cette occasion, des milliers de supporters empruntent la passerelle pour transiter entre les écrans installés sur la plaine de Plainpalais et devant la patinoire des Vernets.
Les projets de pont coulent
Qu’on se le dise: en soixante et un?ans, il y en a eu, des projets de pont! Si aucun n’a abouti, ce n’est pas uniquement par manque d’argent. Les riverains de l’Ecole-de-Médecine rechignent à voir la circulation transiter sous leurs fenêtres.
Le premier projet remonte à 1922. Des représentants de Plainpalais, Lancy et Carouge se réunissent pour étudier la question. Le Conseil d’Etat refuse de passer à la caisse et le comité abandonne.
Jusqu’en 1975, l’Etat a la responsabilité de la construction et de l’entretien des ouvrages d’art en ville. Selon le Journal de Genève, le Canton aurait prévu de construire un «pont de l’Ecole-de-Médecine» durant la période 1973-1975 mais rien ne se fait. Après cette date, la responsabilité des ouvrages d’art revient à la Ville.
La Municipalité empoigne le dossier «pont des Vernets» au début des années?80. Les universitaires de l’Ecole de médecine s’y opposent, l’Etat les soutient. Leur argument? Une recherche cruciale contre le cancer se déroule dans leurs sous-sols. Les scientifiques utilisent des microscopes sophistiqués qui ne supporteraient pas les vibrations d’un chantier. La Municipalité abandonne l’idée.
Elle y revient en 1985. «Les souris qui se sont prêtées aux expériences doivent être mortes aujourd’hui», souligne la Tribune de Genève. Un projet de pont à 10 millions de francs est présenté au Conseil municipal à l’automne. Mais aucun pont n’émerge…
L’offre de la Fondation Wilsdorf
Il faudra attendre de nouvelles crues et la longue fermeture de la passerelle en 2007 pour que les discussions reprennent. Un nouvel acteur entre en jeu: la Fondation Wilsdorf. Le propriétaire de Rolex se dit prêt à financer un pont haubané pour un coût supérieur aux 10 millions de francs articulés en 1985. Le conseiller administratif Rémy Pagani, d’abord réticent, finit par accepter l’offre.
Deux ans plus tard, la fondation présente la silhouette définitive de son ouvrage. L’idée d’un pont haubané a été abandonnée. Le projet retenu est plus complexe et donc plus coûteux, mais la fondation refuse de donner le prix de son «cadeau». Les travaux commencent au début de 2010. Ils se termineront le 30 août. (TDG)
Créé: 20.07.2012, 07h33
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La rédaction
3 Commentaires
fotos please de l'ancienne passerelle m'enfin roooo ! Répondre
fotos de l'ancienne passerelle svp ! merci Répondre
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