Justice
Un médecin de La Tour de retour devant la justice
Par L.G. avec ATS. Mis à jour le 03.08.2012 9 Commentaires
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L’histoire remonte au 8 février 2007. Ce jour-là, E. est victime d’un accident de la circulation. Souffrant de contusions, lui et les deux autres passagers sont transportés aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Mais E. rentre chez lui avant d’être examiné. Le lendemain, l’homme souffre de douleurs à la poitrine. Sa fille le conduit aux Urgences de l’Hôpital de La Tour, à Meyrin. Le médecin de garde effectue des radiographies et relève quatre côtes facturées. Conseillé par le chef de clinique, il donne vingt jours de repos et des antalgiques.
Le 14 février, soit six jours après l’accident, E. est victime d’une syncope et d’un arrêt cardiorespiratoire. Il est transporté aux HUG et opéré. Sa rate a éclaté. L’homme a perdu 2,5 litres de sang. Un médecin procède à l’ablation de la rate. Trop tard. E. décède le lendemain.
Les deux filles et la femme de E. saisissent la justice. Elles accusent le médecin de garde de La Tour d’homicide par négligence. La Chambre d’accusation retient qu’il «aurait pu être plus attentif à certains risques et ordonner un examen complémentaire». Le médecin est entendu par la Chambre d’accusation qui décide de classer la procédure le 12 août 2011.
La famille de E. fait recours devant la Cour de justice. L’instance rejette le recours argumentant que le docteur avait «bien failli à son devoir de prudence et de surveillance, mais que le lien de causalité entre ces manquements et le décès de E. n’était pas démontré avec une vraisemblance confinant à la certitude».
Ce n’est que le 18 juillet que la famille de E. finit par obtenir gain de cause. L’affaire est remontée jusqu’au Tribunal fédéral qui a admis le recours et annulé l’arrêt de la Chambre d’accusation. La décision des juges fédéraux s’appuie sur une expertise de 2008 qui établit que «le plus probable est qu’un CT-scan ait démontré une lésion de la rate». Mais aussi sur un élément avancé par la Cour de justice: une lésion de la rate peut être mortelle dans seuls 1 à 3% des cas. Des doutes suffisants pour que le Tribunal fédéral estime intéressant de rouvrir le dossier…
(TDG)
Créé: 03.08.2012, 22h50
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La rédaction
9 Commentaires
La justice genevoise est malheureusement systématiquement trop complaisante envers le corps médical. Il n'est pas question de sombrer dans une justice à l'américaine, dont nous sommes à des années lumière, mais nous sommes en droit d'exiger un minimum de diligence, notamment dans les services d'urgence, qui facturent d'ailleurs largement leurs prestations. Répondre
On rappellera tout de même que le patient dans un premier temps est retourné de lui-même à la maison avant d'avoir été examiné aux HUG, perdant ainsi un temps précieux durant lequel sa santé s'est détériorée. Faire endosser la responsabilité du décès sur le seul corps médical dans ce cas précis ne me convainc pas. Répondre
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