Il manque trois millions à l'Opéra des Nations

TravauxLa salle provisoire s’apprête à accueillir le Grand Théâtre durant ses travaux. La Chine pourrait être intéressée par son futur rachat.

«Alcina» de Haendel sera présenté à l’Opéra des Nations en février. La structure accueillera le Grand Théâtre durant deux ans.

«Alcina» de Haendel sera présenté à l’Opéra des Nations en février. La structure accueillera le Grand Théâtre durant deux ans. Image: GEORGES CABRERA

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Il n’est pas encore financé mais il est sur le point d’être inauguré! Majestueux sur sa campagne Rigot, dressé sur 300 pieux en bois, l’Opéra des Nations, qui abritera le Grand Théâtre durant ses deux ans de travaux, est prêt à ouvrir ses portes au public le 7 février. Pourtant, il manque encore trois millions pour boucler son budget. Trois millions sur les 11,25 millions qu’ont coûtés son démontage, son déménagement depuis Paris, son agrandissement et sa reconstruction. Pour rappel, l’Opéra des Nations n’est rien d’autre que le Théâtre éphémère qui avait hébergé la Comédie-Française durant ses travaux en 2012.

Un racheteur chinois

Un trou conséquent, mais qui n’empêchera en rien son ouverture dans les temps. «Les liquidités pour payer les entreprises ont été trouvées. Nous avons des soutiens qui pourraient se porter fort, c’est-à-dire garants, afin que nous puissions exécuter notre engagement», assure Rémy Pagani, en charge à la Ville du Département des constructions et de l’aménagement. Il rappelle par ailleurs que l’entier du financement émanera de privés.

Le magistrat explore plusieurs pistes pour que ces trois millions manquants soient obtenus lors de la revente de la structure éphémère, propriété de la Fondation du Grand Théâtre.

Et l’une de ces pistes est pour le moins inattendue: «Le responsable de l’art lyrique pour la Chine, qui est nommé par le gouvernement, est très intéressé par notre opéra provisoire. Nous sommes en train de négocier un contrat avec lui, afin qu’il obtienne la priorité sur la vente, contre une caution. Une salle qui serait passée à la fois par Paris et Genève, c’est évidemment très prestigieux à leurs yeux.» Dans ce cas-là, l’Opéra des Nations, une fois démonté, partirait pour Marseille, avant d’être embarqué dans des caisses sur des bateaux pour un long voyage.

Une solution de proximité est également soulevée par le conseiller administratif d’Ensemble à Gauche. La salle pourrait être louée à l’ONU puisqu’elle aura besoin d’espaces de conférences supplémentaires durant la rénovation du Palais des Nations, qui devrait débuter en 2017. «Nous avons rendez-vous la semaine prochaine avec Michael Møller, directeur général de l’Office des Nations Unies, pour en discuter.» Par contre, l’autorisation de s’installer sur cette zone non constructible et propriété du Canton ne court que jusqu’en 2019. «Si l’ONU en a besoin, l’Etat devrait la prolonger.»

Se payer un fauteuil

Pour l’heure, ce sont donc quelque 8 millions de francs qui ont été trouvés auprès de mécènes pour financer l’infrastructure. Un demi-million a par ailleurs été dégoté grâce à «l’opération fauteuil», consistant à parrainer un siège qui portera ensuite le nom de son acquéreur, pour un montant de 2000 francs (personnes individuelles) ou de 5000 francs (institutions et les entreprises). A ce stade, 450 fauteuils cherchent encore preneurs.

(TDG)

Créé: 07.01.2016, 19h45

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Une facture qui grimpe

Initialement, le prix de la salle provisoire avait été budgété à 6,8 millions de francs. La possibilité d’un surcoût pouvant porter la facture à 10 millions avait été évoquée lors de son acquisition à Paris en mars 2014, puis rapidement confirmée. Depuis lors, la facture a encore grimpé: elle se porte désormais à 11,25 millions.

Les raisons de ce nouveau surcoût? Des normes de sécurité, qui diffèrent entre l’Europe et la Suisse. «Nous avons eu un gros problème avec les fauteuils, s’exclame Rémy Pagani. On nous a demandé de réaliser plusieurs tests, notamment celui du papier journal, qui consiste à poser des feuilles sur les sièges avant d’y mettre le feu. Le test a révélé que l’assise s’enflammait en trois minutes, ce qui n’est pas acceptable en regard des normes helvétiques. Nous avons alors recouvert les fauteuils de protection antifeu, avant d’effectuer un test obligatoire au chalumeau! Là encore, les normes n’étaient pas respectées. Nous avons finalement été contraints de changer tous les rembourrages des fauteuils.»

D’autres hic se sont ajoutés à cela. Le matériel électrique réalisé selon les normes françaises a dû être transformé pour le rendre compatible avec le système suisse.

Enfin, des containers vont devoir être installés à côté de la salle car la place pour le personnel – monteurs, techniciens… – n’est pas suffisante. «Nous avons aussi dû placer une paroi antifeu, qui n’a vraiment rien d’esthétique, entre les containers et l’Opéra.»

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