Que fait cette machine sur l’eau? Elle drague le fond du fleuve

InsoliteChantier lacustre et mobile devant l’hôtel Mandarin. Une pelle mécanique tient la vedette. Explications.

Ce chantier suscite la curiosité des passants.

Ce chantier suscite la curiosité des passants. Image: LAURENT GUIRAUD

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Il a ses spectateurs fidèles, ses visiteurs de midi et ses voisins inquiets. Tous se partagent la même adresse, le quai Turrettini, estrade improvisée au bord du fleuve pour suivre un chantier lacustre et mobile assez inhabituel. Cette enclave flottante s’inscrit comme d’autres dans le vaste projet GeniLac piloté par les Services industriels de Genève. Ici, entre les ponts de Bel-Air et de la Coulouvrenière, deux pontons presque jumeaux alignés l’un contre l’autre. Sur le premier, regardant la Rive droite, une pelle mécanique pesant 52 tonnes au bras interminable. De fabrication coréenne, elle a été montée dans la région de Lyon, avant d’être engagée en divers endroits pour des travaux maritimes.

Sur le deuxième ponton, deux bennes font la paire. Plusieurs fois par jour, elles s’offrent une brève croisière en remontant le fleuve jusqu’à la rive en face. Là, une autre pelle, terrestre, et des camions que le machiniste remplit avec tout ce qui a été récupéré au fond du fleuve. Cette pelle qui plonge dans l’eau du matin au soir assure ainsi des opérations de dragage. Touiller les fonds fluviaux pour en extraire les encombrants cachés, toutes sortes de matériaux amoncelés, des enrochements, du sable, de la vase, de l’argile.

Il manque un panneau explicatif pour décrire cela. Le site des SIG renseigne par un petit film avec une jolie voix off, sans rentrer dans les détails d’une fiche technique qui varie selon les lieux investis. On attend poliment la pause sur le ponton pour attraper à la volée les explications d’un employé aimable. Il se prénomme Christophe, il a 50 ans, dont 15 de chantiers maritimes sur toute la face de l’Atlantique, de Biarritz jusqu’en Normandie et en Bretagne. Le conducteur d’engin, c’est lui. Trois années d’usinage intensif sur la bête pour l’avoir bien en main.

«On travaille avec un système GPS, explique-t-il, qui retranscrit sur écran les mouvements au fond de l’eau. Les capteurs sont placés sur les bras. On travaille tout par sensations, en veillant par exemple à ne pas toucher la conduite que l’on rencontre dans nos tâches de dragage. C’est l’expérience qui prime. Il n’y a pas d’école. La pelle à terre et la pelle sur l’eau sont vraiment deux savoir-faire totalement différents. Pour ma part, je l’ai acquise après trois ans de formation sur le tas.»

Le voici pour la première fois de sa carrière en Suisse, à œuvrer sur un plan d’eau moins hostile que la mer, dans un décor urbain de rêve, comme la météo. «Je dois reconnaître que c’est vraiment agréable de travailler chez vous», conclut Christophe avant de remonter dans sa cabine. (TDG)

Créé: 12.04.2017, 18h35

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