Telles des lucioles, ils font de l’obscurité leur terrain de jeu

PremièreA Plan-les-Ouates, un nouveau concept propose du sport dans le noir, avec le fluo pour seul repère.

Sur le site, de multiples sports peuvent être pratiqués dans le noir.
Vidéo: MAGALI GIRARDIN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Le chemin est quelque peu sinueux. Il faut se rendre au cœur de la zone industrielle de Plan-les-Ouates, entrer par la porte de derrière de la Fongit, l’incubateur de start-up, descendre au second sous-sol puis suivre les indications fléchées. Elles mènent au Fluo­sports, un concept tout neuf en Suisse. L’idée: faire du sport dans le noir, où seules les lignes et les buts fluorescents surgissent de l’obscurité.

Ce soir-là, c’est football au programme. Mais la gamme proposée laisse libre cours aux envies: basket, dodgeball (balle aux prisonniers), tennis, ping-pong ou encore zumba sont à la carte. Il faut dire que la salle principale a de quoi être exploitée. Avec douze mètres de long et onze de large, ainsi que cinq mètres et demi sous plafond, elle est aménageable à souhait. Au Fluosports, tout a été fait main. «Ça représente cinq mois de boulot. Mais nous avons mis trois ans à trouver un local qui convienne», explique David Querol, 34 ans, un des deux associés derrière le projet. C’est lui qui a imaginé le concept.

Environnement hostile

L’idée lui est venue pendant une partie de pêche. «En voyant le flotteur de pêche scintiller (ndlr: la petite boule qui flotte à la surface), je me suis demandé pourquoi ne pas avoir un ballon fluorescent dans le noir et faire un foot ou autre. Le premier test, je l’ai effectué en jouant au badminton dans le garage de mes parents.»

Le projet abouti, c’est maintenant au tour de ses potes de tenter l’expérience du foot fluo. Un trois contre trois, une équipe aux dossards orange, une autre en vert. Ils enfilent des bandeaux de transpiration, aux poignets et autour du crâne, histoire d’être bien visibles.

La partie débute. Les premières réactions sont éloquentes. «P… c’est chaud!» s’exclame une voix sans visage. Une autre silhouette confirme: «Je ne vois rien!» Puis les vaines tentatives se transforment en buts, les joueurs s’adaptent à cet environnement hostile. Et la sono crache une playlist sur mesure. De l’hymne de la Ligue des champions – qui n’a pour lui que le mythe qui lui est associé – aux punchlines de MHD, le jeune rappeur parisien devenu ami des footballeurs cotés, la bande-son consacre le rendu décalé de l’expérience.

«Nous nous positionnons autant du point de vue de l’activité fun que de celui de la pratique sportive», lance David. Son ami d’enfance et associé Nicolas Brand (35 ans) complète: «Ceux qui seront venus pour s’amuser auront au final également fait du sport.»

Manque de repères

Car l’exercice produit son lot d’efforts. «Dans le noir, vous n’avez aucun repère, poursuit Nicolas. Cela requiert plus de concentration et on se dépense donc plus physiquement.» Les participants du jour, éprouvés par vingt-cinq minutes de jeu intenses, n’ont d’autre choix que d’acquiescer. «Le champ de vision est un peu réduit, souffle Marc-Antoine. Il faut être plus attentif, mais on s’y fait assez vite finalement. Bon, cela faisait cinq ans que je ne jouais pas, donc c’est dur.» La tonalité est la même chez Carlos. «J’aurais quand même préféré qu’on voie un peu plus les couleurs», suggère-t-il pour seule critique. Un autre membre du groupe s’emballe: «C’est bestial, c’est vraiment une bonne expérience.»

Fluosports est opérationnel depuis le début d’avril. Il remporte déjà un certain succès, assurent ses fondateurs. Des événements sont agendés, des journées pour les enfants sont au programme. «Des mères de famille nous ont demandé des petits jeux, comme des «marelles fluo», sourit Nicolas. C’est un concept qui peut plaire à tout âge, il faut simplement être un peu ouvert.»

Les deux compères y croient. Leurs économies y sont passées. David a laissé tomber ses missions d’intérim dans l’horlogerie pour se dédier à ce «rêve». Nicolas, lui, bosse encore à côté, comme directeur commercial chez Maxi Bazar. «Mais dès que Fluosports prend, j’arrête, assure-t-il. Nous en avons bavé pour ce projet, physiquement et mentalement. Nous voulons vraiment aller au bout.» Et ils voient grand. «Si ça se passe comme nous l’espérons, dans un mois, nous tournerons bien», glisse Nicolas, légèrement euphorique.

(TDG)

Créé: 18.04.2017, 17h24

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Macron vainqueur
Plus...