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Dilemme

Locataires expulsés par la Ville: des élus contre-attaquent

Par Olivier Francey. Mis à jour le 10.10.2012 21 Commentaires

En transformant la Villa Ambrosetti en crèche et logement-relais, l’Exécutif doit expulser. Une majorité du Municipal s’insurge.

Les locataires de la Villa Ambrosetti sont priés de quitter les lieux pour une crèche et des logements-relais.

Les locataires de la Villa Ambrosetti sont priés de quitter les lieux pour une crèche et des logements-relais.
Image: Olivier Vogelsang

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Le sort réservé à la Villa Ambrosetti, située 54, route de Frontenex, n’est pas encore scellé. Et pour cause, une majorité du Conseil municipal n’a toujours pas digéré la détermination des magistrates Sandrine Salerno et Esther Alder de ne pas respecter leur volonté. Eux? Ils souhaitent l’implantation d’une crèche au rez-de-chaussée de la demeure, mais sans les appartements du premier étage destinés à accueillir des femmes en «difficulté socio-économiques ou victimes de violences». Leur argumentaire se veut simple: «Pas question de mélanger une crèche avec des femmes battues. Pas question d’expulser des locataires âgés ou malades.»

Le bras de fer se poursuit

Pour mieux saisir l’ampleur de la colère des élus, il faut remonter au 9 mai, lorsque le Conseil municipal décide d’amputer de 300 000 francs le crédit d’étude total du projet, en allouant 400 000 francs uniquement à la crèche. Ainsi, il refuse la rénovation et la transformation des quatre appartements en logements d’urgence. Visiblement, les jeux n’étaient pas faits. Coup de théâtre début août: Sandrine Salerno et Esther Alder indiquent (dans un courrier adressé au Tribunal des baux et loyers) qu’elles ne comptent pas modifier leur projet, s’appuyant sur la loi de l’administration municipale. Le rapport de force peut commencer.

Hier soir, c’est le groupe Ensemble à Gauche qui a rallumé la mèche. «Le Conseil administratif s’assied sur nos décisions», fulmine la conseillère municipale Maria Perez qui défend son projet d’arrêté. Il consiste à ce que toutes les résiliations de bail (sauf exceptions de type «défaut de paiement») de la Gérance immobilière municipale (GIM) soient dorénavant soumises à l’accord préalable du Parlement municipal. Le but est clair: il s’agit là de forcer la main du Conseil administratif et ainsi de l’obliger à respecter la volonté du Délibératif.

Si le but est clair, les moyens d’y parvenir sont dangereux, prévient le chef de groupe socialiste, Alberto Velasco. «Nous allons transformer notre Parlement en régie immobilière. C’est inacceptable!» Pour celui qui est aussi vice-président de l’Asloca, le projet d’arrêté de l’extrême gauche est problématique, puisqu’il s’agira de «traiter des dossiers confidentiels» des locataires de la GIM. «On a l’impression que pour certains, il s’agit de se payer la tête de Sandrine Salerno», conclut l’élu, dépité.

Sandrine Salerno s’explique

C’est avec flegme que la magistrate répond aux interrogations du plénum. La socialiste précise que le projet n’est ni le sien ni celui de «Sandrine Salerno et d’Esther Alder», mais bien celui du Conseil administratif dans son ensemble. Une façon de répondre à l’accusation d’avoir passé outre la volonté du Municipal. Préambule écoulé, la Cheffe de la GIM argumente alors: «Je comprends que les locataires soient fâchés. Mais nous leur avons proposé des solutions de relogement à trois reprises. Nous ne pouvons pas laisser des surfaces de 182 m2 à 834 francs par mois. Ce n’est pas leur faute, mais l’intérêt général doit primer.» Les discussions se poursuivront désormais en Commission des travaux.

(TDG)

Créé: 10.10.2012, 07h36

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21 Commentaires

Ian Richards

10.10.2012, 08:09 Heures
Signaler un abus 40 Recommandation 0

Une étude de crèche coute 20.000 francs - c'est ce que nous avons payé à notre travail. Où partent ces 400.000? Surtout que la Ville a déjà l'expertise au sein de la BIPE pour faire elle-meme cette étude. Répondre


Mireille Luiset

10.10.2012, 07:52 Heures
Signaler un abus 37 Recommandation 0

En fait, le "projet" semble surtout un prétexte pour justifier une évacuation! (Mme Salerno nous a déjà donné 3 versions différentes) De plus, que pense le contribuable d'un "projet d'étude" devisé à 702'000 francs? Combien coûteraient les travaux au final? Il faut savoir que la "norme" prévoir que le montant du projet d'étude représente env. 10% des travaux au final! Répondre



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