La Une | Mercredi 20 août 2014 | Dernière mise à jour 12:14
Football

Lancy FC, plus grand club de Suisse, a bien failli ne jamais voir le jour

Par Daniel Visentini. Mis à jour le 10.11.2012 1 Commentaire

La fusion entre le Lancy-Sports et Grand-Lancy n’a pas été simple, avec une dette apparue la veille du vote. Mais le projet global a primé.

Nabila Mezzanotte et Daniel Casutt ont surmonté les obstacles jusqu’au tout dernier moment…

Nabila Mezzanotte et Daniel Casutt ont surmonté les obstacles jusqu’au tout dernier moment…
Image: CABRERA

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

C’est l’histoire d’un projet qui a d’abord hérissé le poil des «anciens», comme on dit. Ceux de Marignac et ceux de Florimont. Envisager une fusion entre le FC Grand-Lancy et le Lancy-Sports, c’était marier deux frères ennemis depuis toujours. Alors forcément, c’est d’abord le tumulte qui a prévalu, plusieurs années, avec deux tentatives de rapprochement avortées. Il faut pourtant croire que les clivages d’hier ne sont pas une fatalité. Depuis le 1er juillet 2012, un nouveau club existe. C’est le Lancy FC, le résultat d’une fusion improbable mais nécessaire.

Plus de 1000 licenciés

Aujourd’hui, avec 1080 licenciés (actifs et juniors), il s’agit du plus grand club de Suisse. Une responsabilité de plus pour les deux coprésidents, Nabila Mezzanotte et Daniel Casutt. Ils savent mieux que quiconque, pour les avoir traversés, quels écueils ont dû être surmontés. Jusqu’au dernier moment.

L’histoire de cette fusion, c’est donc aussi celle d’un tourment de dernière minute. Tout était réuni: la volonté politique, le projet sportif et structurel, un schéma financier. Et pourtant, tout a vacillé à la dernière seconde. Retour sur un mariage qui a failli commencer par un… divorce.

Le premier vote important remonte déjà à décembre 2010, lorsque la Commune a accepté les budgets, autrement dit une subvention de 750 000 francs pour le futur club encore en devenir. Un tour de force, puisque jusque-là la Commune de Lancy versait au total près de 450 000 francs, mais à se partager entre les deux clubs du Grand et du Petit-Lancy.

Suivra une double assemblée générale, en février 2011, avec un vote d’intention. Les deux présidents ayant bien travaillé et présenté les avantages d’une synergie entre leurs deux entités, une majorité de 80% s’est dégagée à ce moment en faveur de la fusion. Ce n’est que plus tard, en avril 2012, au moment même où il fallait voter pour de bon, pour valider le projet, sans retour en arrière, qu’un séisme a secoué le projet de fusion.

Une lourde dette surgit

A la veille du vote des assemblées générales des deux clubs lancéens, une terrible nouvelle est venue plomber l’ambiance. Elle arrivait du FC Grand-Lancy. Jusque-là, tout devait être clair et transparent: les comptes des deux clubs avaient été vus et revus, audités même. Mais il faut croire que cela n’a pas suffi. A ce moment, le Lancy-Sports a appris que le Grand-Lancy FC avait en fait une dette. Lourde. Un premier montant plus qu’inquiétant, qui sera encore revu ensuite pour approcher les 200 000 francs!

Nabila Mezzanotte, qui représente Lancy-Sports, accuse alors le coup. «Pour une mauvaise surprise, c’en était une, explique-t-elle. Cela a immédiatement créé de grosses tensions. Je m’étais engagée au nom de mon club, auprès des anciens aussi. Certains m’ont dit que ce serait suicidaire de continuer dans ces conditions. J’étais surtout furieuse d’être mise devant le fait accompli. Nous avions tellement bossé pour présenter un beau projet… Et c’est finalement parce que ce projet est si bon que nous avons pu, avec Daniel Casutt, passer par-dessus tout ça.»

Une mauvaise gestion

«Tout ça», c’est donc un trou immense à ce niveau. Et Daniel Casutt, pourtant président du FC Grand-Lancy, était autant surpris que Nabila Mezzanotte. «Il y a plusieurs choses dont je n’étais pas au courant, parce que le secrétaire général du club ne m’avait pas clairement informé, explique-t-il. Ce dépassement subit est dû aux primes, aux assurances sociales et à d’autres choses qui ont été très mal gérées. J’étais pareillement catastrophé.»

Un risque de faillite

On peut comprendre. Vu de l’extérieur, on pourrait même croire que Grand-Lancy a caché ses déboires financiers jusqu’au dernier moment, pour survivre. Risquait-il la faillite sans la fusion, la Commune ayant déjà dit qu’elle n’épongerait plus les dettes comme par le passé? «Peut-être oui», admet Casutt.

Nabila Mezzanotte opine du chef elle aussi: oui, Grand-Lancy aurait peut-être disparu. «Mais je connais Daniel Casutt depuis un moment maintenant, ce n’est pas lui qui est en cause, il a appris les choses en même temps que moi, explique-t-elle. Alors face à ça, il a fallu réagir. Nous avions entre les mains un projet de fusion très avancé, avec de belles structures, un potentiel de développement, un avenir. J’ai exposé les choses au sein de mon club, malgré tout ça. Et en dépit de cette dette connue au dernier moment, la fusion a néanmoins été votée. Parce que le projet est bon.» Idem du côté de Grand-Lancy avec un oui… vital pour la fusion.

Parallèlement, les deux coprésidents se sont engagés auprès de la Commune, qui n’a sans doute guère apprécié la nouvelle, à présenter des comptes avec zéro franc de dette en juin 2013.

C’est à ce prix que le nouveau club doit exister. Le plus grand de Suisse.

(TDG)

Créé: 10.11.2012, 12h24

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

1 Commentaire

Enza Giurdanella

10.11.2012, 15:36 Heures
Signaler un abus 10 Recommandation 5

Mon fils de 18 ans et celui de 14 ans étaient dans ce club avant, auj. c'est mon petit de 5 ans qui est inscrit, il y a une énorme différence de gestion, à la nouvelle direction je vous dis BRAVO . et oui c'est du sérieux maintenant . Répondre



Sondage

Êtes-vous favorable au mercredi matin d'école pour les élèves de 8 à 12 ans?




Sondage

Vos vacances, vous les avez aimées....






Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11