Justice genevoise
Accusé d'avoir frappé une prostituée, il est acquitté
Par Fedele Mendicino. Mis à jour le 23.07.2012 4 Commentaires
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A 34 ans, J. est une écorchée vive. D'une voix nasillarde, cette prostituée parle sans détour de sa vie difficile. Le trottoir à 17 ans. La drogue, le sida, les médicaments, les clients violents. Mais l'agression, subie l'automne dernier aux Pâquis, l'a détruite. Elle sanglote: «Je suis sous somnifères et antidépresseurs.» Face aux juges du Tribunal correctionnel, elle ajuste son turban vert olive et sa centaine de bracelets recouvrant ses bras trop maigres. «Après avoir été frappée et étranglée, je dois porter un corset. Je ne peux plus faire mon ménage. Vous savez, cette nuit-là, j'ai vu la fin de ma vie.»
Un homme lui tourne le dos sur le banc des accusés. Il secoue régulièrement sa tête rasée durant le récit de J. A 29 ans, il risque gros. Le ministère public, représenté par Laurence Viollier, demande que ce Tunisien sans papiers soit reconnu coupable de tentative de meurtre et de contrainte sexuelle. Et qu'il en prenne pour sept ans de prison. Les faits reprochés remontent à la nuit du 14 octobre 2011. J. se promène maladroitement sur ses hauts talons le long de la rue Berne. La concurrence est rude pour elle. La maladie et la fragilité de cette fille de joie saute aux yeux du chaland. En voyant arriver le suspect souriant, casquette, veston brillant, elle pense pouvoir conduire "ce beau play boy" chez elle à Carouge et se procurer ainsi une centaine de francs. Espoir déçu. A en croire l'accusation, l'homme lui fait croire qu'il a de l'argent et de la cocaïne. Il lui aurait alors proposé de se rendre chez une connaissance à la rue du Môle.
Au lieu d'un appartement douillet, la prostituée et le client se retrouvent finalement à l'entrée d'un garage humide. J. réalise que l'homme n'a pas le sou. La drogue promise n'est en fait qu'un bout de mouchoir en papier. Mais le prévenu tient à se faire prodiguer une fellation. Il est alors suspecté de l'avoir rouée de coups de poings et de pieds. J. est frappée à la mâchoire. Elle en perd son dentier. Fractures au niveau du cou. Blessée au visage. Selon l'expert, mandaté par la justice, quelques secondes de strangulation en plus et J. ne serait plus de ce monde.
Pour que son agresseur cesse, elle effectue sa prestation sexuelle. Gratuitement. Elle s'en va, s'assied sur le premier banc venu et appelle la police. Les gendarmes la découvrent sans voix, choquée, ensanglantée. Elle a gardé sur elle le préservatif du prévenu. L'ADN de ce dernier est décelé sur les habits de la victime. Pas de traces laissées par un autre homme que lui.
Après trois mois de recherches, la police interpelle le suspect qui conteste les faits . Il admet avoir abusé de la confiance de la prostituée en refusant de la payer mais il assure qu'il ne l'a jamais agressée. Alors vengeance d'une prostituée vexée de ne pas avoir été payée? Laurence Viollier n'y croit pas: «il lui a dit qu'il allait la tuer et aujourd'hui ce manipulateur la discrédite en soutenant qu'elle divague et en se disant choqué qu'elle soit porteuse du VIH et de l'hépatite C»
Avocate de J., Me Laura Santonino, ironise sur le passé pénal du suspect: «il a été condamné pour avoir volé un téléphone portable. À qui? À une prostituée.» Pour des faits aussi graves la cliente demande 30 000 francs. de tort moral.
Représentante du prévenu , Me Férida Bejaoui Hinnen a plaidé l’acquittement : « Le ministère public n’a pas prouvé cette agression. Il n’y pas d’ADN de mon client sur le cou de plaignante. »
A 18h, le tribunal a penché dans ce sens en acquittant le prévenu au bénéfice du doute. Selon les juges, ses déclarations ont été constantes durant la procédure contrairement à ceux de la victime. J. avait, par exemple, signalé que l’agresseur était un Albanais et qu’il avait une boucle d’oreille. Les juges ont aussi relevé que beaucoup de temps s’était écoulé entre la fin de la prétendue agression et l’appel à la police. Me Santonino va faire appel. (TDG)
Créé: 23.07.2012, 16h59
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4 Commentaires
quoi ???? mais je rêve... la Police est appelée au secours de cette femme qui a été violentée et qui est ensanglantée et la Justice est incapable de rendre une sentence par manque de preuve? mais où va-t-on..... bravo Madame la Justice - bravo de relâcher ce pervers afin qu'il puisse recommencer.... du n'importe quoi... honte à vous qui représenter la Justice Répondre
La justice est un gag à Genève.... Les représentants de la justice de ce canton ont une grande responsabilité sur la situation de la criminalité qui s'aggrave ! Ce type est dans l'illégalité et violent et au lieu de l'emprisonner pour le renvoyer dans son pays (accord signé récemment), il a été remis dans la rue... Genève, un monde en soit ! Répondre
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