Sécurité
Entre joueurs de bonneteau et citoyens, la tension monte à Genève
Par Sophie Roselli. Mis à jour le 23.05.2012 194 Commentaires
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Miliciens hors la loi
Exaspérée, la police envoie un message de fermeté. «Nous sommes attentifs au phénomène du bonneteau, déclare Patrick Pulh, porte-parole de la police genevoise, mais également à cette milice. Je rappelle que la population n’a pas à se substituer aux organes de l’Etat. De par leur comportement, en provoquant des bagarres, ces personnes se mettent hors la loi et s’exposent à des poursuites pénales importantes.»
Mais que fait la police pour lutter contre les bonneteurs? «Pour prévenir les touristes, nous travaillons avec les hôteliers et un groupement de commerçants. Nous avons également une campagne de prévention, relève Patrick Pulh. Nous disposons surtout d’une loi qui nous donne les moyens d’agir, ce qui n’est pas le cas de cette association.»
Cette loi antibonneteau, appliquée depuis presque un an, réprime «l’usage abusif du domaine public». L’amende encourue par les bonneteurs s’élève au maximum à 10?000?fr., et l’argent peut être immédiatement saisi. La police cantonale est désormais renforcée par les agents de la police municipale, mais ceux-ci ne peuvent pas appliquer la loi sur les étrangers, ni procéder à des interdictions de zone. «La plupart du temps, la police municipale ne donne pas d’amende et procède à un simple contrôle d’identité, observe Fabrice, l’un des «miliciens». Les bonneteurs savent qu’ils ne risquent rien.» S.R.
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Jusqu’où le jeu d’intimidation ira-t-il? Présents depuis le mois d’avril à Genève, les pros du bonneteau – l’arnaque aux trois gobelets – sortent leur mini tapis rouge aux premiers rayons de soleil. Non sans être harcelés par une trentaine de citoyens qui se relaient. Entre eux, les tensions sont telles que deux accrochages ont eu lieu en quatre jours. La police lance une mise en garde à l’encontre de ceux qui refusent d’être considérés comme des miliciens (lire ci-contre) .
Lundi, vers 14?h?30, au Jardin anglais. Alors que nous discutons avec Fabrice, caissier au guichet de la CGN et président de la nouvelle association baptisée «1-2-3» (prononcez «one-two-three»), c’est le dérapage. L’un de ses membres, Jean-Pierre, reconnaît un joueur de bonneteau circulant à vélo. Le ton monte. Les gestes obscènes et les insultes pleuvent. Le bonneteur empoigne son vélo pour le jeter sur son adversaire, lequel l’asperge copieusement avec son spray au poivre.
Le visage entre les mains, l’escroc fait quelques pas, s’écroule, hurle. «J’ai giclé le Roumain!» vocifère Jean-Pierre, qui assure avoir agi contre l’auteur d’une agression commise vendredi sur un autre membre de 1-2-3, Jacques. Celui-ci, sourd et muet, débarque à peine quelques minutes plus tard et nous confirme, par écrit, avoir bel et bien déposé une plainte le week-end passé.
«On doit se défendre!»
Deux agents de la police municipale interviennent immédiatement, suivis une demi-heure plus tard de quatre gendarmes chargés d’embarquer le bonneteur au visage encore rougi. L’individu, déjà interpellé dimanche, sera relâché dans l’après-midi même, selon la police.
Choqué par ce geste violent, un spectateur réagit: «Cela me gêne tout autant de voir des gens qui arnaquent les touristes que des citoyens qui se prennent pour la police.» Qu’en pensent les justiciers de la rue? «On ne se substitue pas à la police! s’énerve Fabrice. Les politiciens ont joué à l’autruche et ont laissé faire ces gens pendant quatre ans. Ils nous empêchent de travailler, salissent l’image de Genève. On en a ras-le-bol de voir les touristes se faire plumer. On est arrivé à un tel point d’insécurité qu’on doit se défendre.»
Alertes au mégaphone
L’association recense actuellement une trentaine de bonneteurs, alors que les autorités en comptent une douzaine. Chaque jour, entre cinq et six «patrouilleurs» de 1-2-3 surveillent leur terrain de jeux favori: le quai du Mont-Blanc, le Jardin anglais, les Rues-Basses. Une caméra fixée sur le toit du guichet de la CGN leur permet de zoomer sur leurs cibles pour mieux les repérer. Leur activité: alerter les touristes au mégaphone, distribuer des flyers faits maison, coller des affiches exposant le visage des bonneteurs. Bref, les déranger. Et ça marche, puisqu’ils répliquent par des gestes et des paroles menaçantes, quand ils n’en viennent pas aux mains. Désormais, ce jeu du chat et de la souris a presque supplanté celui du bonneteau.
(TDG)
Créé: 23.05.2012, 08h01
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194 Commentaires
«Cela me gêne tout autant de voir des gens qui arnaquent les touristes que des citoyens qui se prennent pour la police.» voilà pourquoi Genève va si mal, à cause de gens comme ce type qui vivent dans leur monde et ne se rende pas compte de la réalité! Bravo à l'assoc 1-2-3, continuez avec votre prévention, vu que les politiciens ne veulent rien faire... Et Bazarbachi, au trou! Répondre
Encore une fois de plus l'insécurité est soutenue par des individus qui se disent citoyens (voir les commentaires du spectateur) Bravo aux membres 1.2.3. qui on le courages de se mouiller pour protèger les touristes et pour redonner une meilleur image de Genève. Tous les honêtes citoyens devrait soutenir ces gents là. Répondre
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