Des jeunes façonnent leur Eglise protestante

GenèveL’institution a lancé un plan d’action pour les 18 à 39 ans. La chapelle du temple de Plainpalais devient leur QG.

De g. à dr.: Nicolas Lüthi, Carolina Costa et des jeunes motivés.

De g. à dr.: Nicolas Lüthi, Carolina Costa et des jeunes motivés. Image: Georges Cabrera

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’Eglise protestante de Genève (EPG) s’engage pour ses jeunes ouailles et sa relève! Elle vient de mettre sur pied un groupe de travail pour que les 18-39 ans puissent constituer leur communauté, disposer d’un lieu qui leur est propre et organiser des événements.

«Il n’existe pas de communauté de jeunes, nous n’avons pas de lieu qui nous est destiné, les offres existantes ne s’accordent pas à nos besoins, nous sommes éloignés les uns des autres.» Voilà le constat dressé par un groupe de jeunes engagés dans l’Eglise protestante de Genève (EPG). L’institution les a sondés dans le cadre d’une réflexion sur l’accueil des 18-39 ans. Depuis 2013, elle a lancé un plan pour renouer avec les chiffres noirs, ralentir l’érosion des fidèles et réadapter son offre aux besoins de la société. Prendre davantage en considération les jeunes générations fait partie de ses objectifs. Le noyau de la communauté «@LeLAB» vient d’être constitué avec une dizaine de jeunes motivés. L’EPG a créé un poste à 90% pour les guider, attribué aux pasteurs Carolina Costa et Nicolas Lüthi. «Il y a toujours eu un lieu d’accueil pour les jeunes mais nous n’avons pas totalement réussi à répondre à leurs attentes, admet Carolina Costa. Le culte du dimanche matin, par exemple, ne semble plus leur correspondre.»

Le groupe est chargé de façonner sa propre Eglise. Et ça commence par l’appropriation de la chapelle du temple de Plainpalais, qui deviendra son QG. Le groupe fourmille d’idées: brunchs, conférences, concerts, bar, antenne LGBT, sorties et voyages. «On veut permettre aux jeunes de se rencontrer et de vivre pleinement leur foi quelle qu’elle soit!» explique Marie, 23 ans, étudiante en psychologie. En façonnant leur propre Eglise, les jeunes en deviennent plus volontiers les porte-drapeaux: «Je parle désormais librement de mon engagement grâce à ce projet», explique David, universitaire de 20 ans.

Le groupe ne s’adresse pas seulement aux protestants. «On veut aussi toucher les autres jeunes, leur proposer de boire un verre pour se rencontrer, mais pas forcément pour parler de la Bible mais pour les écouter!» précise Marie. Et peut-être pour briser les stéréotypes. David raconte: «J’ai croisé une catéchumène en boîte de nuit, elle était choquée de me voir là… Ce n’est pas parce qu’on est croyant qu’on ne s’amuse pas!» Entrer en contact avec ces jeunes, c’est aussi le but des deux pasteurs. Comment l’atteindre? «Dieu a inventé Facebook! rigole Nicolas Lüthi. Plus sérieusement, notre mandat implique une stratégie de communication sur le Web. Nous serons également présents sur le terrain, pour aller au contact des jeunes sur les lieux de vie.» Sans compter les initiatives décalées pour dépoussiérer l’image de l’Eglise, comme la websérie à succès de Carolina Costa, Ma femme est pasteure.

Le groupe organise une pendaison de crémaillère au temple de Plainpalais le jeudi 19 novembre dès 19 h. Pas une soirée de prières ni un récital d’orgue «mais de la musique live, un verre de rouge et la présentation des activités d’une église 2.0!» imagine Nicolas Lüthi.

Créé: 18.09.2015, 21h47

Articles en relation

L’Eglise protestante de Genève songe à abandonner son fief en Vieille-Ville

Immobilier Pour revenir dans les chiffres noirs, l’Eglise a lancé une série de mesures, dont louer ses bâtiments. Elle a réussi à réduire son déficit de moitié Plus...

L’Eglise protestante rabote son projet de tour de 22 étages à Châtelaine

Vernier La hauteur de la tour aurait pu gêner le trafic aérien. L’Eglise voulait aussi raser le temple mais elle renonce. Elle bâtira par-dessus! Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

La sécurité n'est plus le souci majeur des Genevois
Plus...