Jean Ziegler invité surprise de l’aube de Pâques

CélébrationLe sociologue a répondu à l’invitation du pasteur Jean-Michel Perret. Aux Bains des Pâquis, il a été question de mort et de résurrection.

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Dimanche matin, 7 h. Quelques fêtards titubent encore sur les quais quand la ville se réveille. Aux Bains des Pâquis, ce n’est pas l’affluence des Aubes musicales, mais ils sont une belle centaine à passer le tourniquet. C’est le matin de Pâques, ou plutôt son aube, et le pasteur Jean-Michel Perret accueille guitare à la main aux côtés du chanteur Philippe Ekeke.

Très tôt, il faut ajouter quelques bancs amovibles. On se serre autour des braseros. Musique, lectures, poèmes se succèdent à mesure que la lumière du soleil sourd derrière les Voirons. «Les Fêtes de Pâques, ce n’est pas que le chocolat, les œufs ou un tombeau vide. Ce sont nos racines. Que l’on soit croyant ou pas», rappelle le théologien.

L’homme est coutumier des cérémonies décalées. Le service funèbre de Jésus au cimetière des Rois en 2015, c’est lui, tout comme l’avis mortuaire annonçant le décès du Christ exécuté pour trouble à l’ordre public.

Dimanche, celui qui assure aussi la fonction d’aumônier de l’Université de Genève a récidivé. Au bord de l’eau cette fois-ci et en questionnant: «Ressusciter, c’est pour bientôt?»

Parce que rien n’est banal dans la manière de faire de ce pasteur, une personnalité inattendue était invitée. Qui aurait imaginé Jean Ziegler aux Bains des Pâquis, un dimanche à 7 h, pour une célébration religieuse? «Je ne suis ni un théologien, ni un prêtre», s’est présenté le sociologue altermondialiste au moment de prendre le micro. Il s’est alors souvenu d’une phrase devenue proverbe lue sur la façade d’une église au Brésil: «Toutes les heures qui passent blessent, la dernière tue.» Une manière pour l’ancien conseiller national socialiste de confier sa «peur panique» de la mort. «Si on réfléchit bien, cette peur n’a pas lieu d’être, car la conscience qui nous habite ne s’interrompt pas, elle est infinie et destinée à l’immortalité». Citant tour à tour Sartre, Tolstoï, Engels ou Saint-Augustin, l’ancien rapporteur spécial auprès de l’ONU s’est présenté sous un jour mystique. «La mort est un passage. J’ai la certitude que Dieu s’en occupera avec un infini amour.»

L’idée d’inviter le résident de Russin le plus célèbre est venue au pasteur en le voyant à la télévision. «J’ai trouvé son numéro dans l’annuaire et, bien qu’il m’ait dit qu’il était occupé, son ami Philippe Roch est parvenu à le tirer du lit», sourit Jean-Michel Perret à l’heure du petit-déjeuner offert à la buvette. «Au final, un événement comme celui-ci montre que dans une Genève laïque, la religion n’est pas dangereuse. Elle est une proposition.»

(TDG)

Créé: 16.04.2017, 12h51

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