Tribunal correctionnel
Huit ans de prison pour le restaurateur jaloux
Par Catherine Focas. Mis à jour le 13.09.2012 3 Commentaires
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- Il est accusé d'avoir voulu faire tuer l'amant de sa femme
- Jugé pour avoir organisé le meurtre de son rival
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Il est propriétaire de quatre restaurants, d’un bureau de change et d’un magasin de tabac. Il a du succès en affaires. En amour, un peu moins. Cet homme de 33 ans, d’origine indienne, se retrouve depuis hier sur le banc des accusés. On lui reproche d’avoir payé un homme de main pour liquider celui qu’il soupçonnait d’être l’amant de sa femme. Mais «Rio», le tueur à gages, n’était en réalité qu’un agent infiltré. Et en avril 2008, le restaurateur a été arrêté.
Comme il l’explique au Tribunal correctionnel, c’est en 2007 que son cauchemar commence. Il se met à imaginer que son épouse, mère de ses trois enfants, a une liaison avec celui qu’il considère comme son jeune frère. Un homme qui vient du même village que lui, qu’il a aidé à son arrivée en Suisse, qu’il a fait travailler dans un de ses restaurants et en qui il avait toute confiance. Double trahison. «Naufrage», «descente aux enfers», il commence à être «obsédé» par V., son jeune rival. Aujourd’hui encore, alors qu’il affirme avoir pardonné à sa femme. A lui, il ne lui pardonne pas.
Il reprend: «J’ai entendu ma femme l’appeler chouchou…» Il commence alors la traque aux SMS, aux mails compromettants. Il voit partout des signes de l’outrage. «J’ai commencé à avoir des idées noires, je voulais le taper, je voulais lui faire peur afin qu’il quitte la Suisse.» Il licencie son rival à la fin de 2007, le dénonce deux fois à la police sous des prétextes divers. Mais rien n’y fait. V. reste à Genève, continue à voir sa femme et même, selon ses termes, à le «narguer» en passant et en repassant devant l’un de ses restaurants. Le prévenu assure que malgré tout, dans un premier temps, il ne voulait pas le liquider. «Je voulais qu’il sorte de ma vie, qu’il n’appelle plus ma femme.»
Un ami lui propose un homme de main. Un Albanais qui lui donne «deux, trois prix pour couper les oreilles ou les bras». La conversation se poursuit. L’homme demande 11 000 francs «pour faire très mal» et 100 000 francs «pour tuer». «J’ai trouvé trop cher», dit le restaurateur. Les négociations capotent. L’Albanais revient à la charge et baisse son prix: 20 000 francs pour liquider V. Marché conclu. «C’était facile, comme dans un film.»
Vivant grâce à la police
C’est alors que Rio, l’agent infiltré, entre dans la danse. L’Albanais, un indicateur probablement, a averti le policier. Le 14 avril 2008, ce dernier téléphone à R., lui explique qu’il se trouve avec son rival et lui demande s’il doit vraiment passer à l’acte. Le prévenu donne son accord. Tout est enregistré. Le soir même, Rio lui fait voir la vidéo du faux meurtre. V. ligoté sur une bâche en plastique, gémissant, exécuté. Convaincu que son rival a été liquidé, R. paie les 20 000 francs.
Ce n’était qu’un simulacre. «Si je suis ici aujourd’hui, c’est grâce à la police genevoise», relève le plaignant. Elle est venue le chercher ce matin du 14 avril pour le protéger. C’est elle qui lui a expliqué que R. cherchait à l’exterminer: «En entendant cela, ma tête a explosé, je ne pensais pas qu’on pouvait décider de tuer quelqu’un aussi facilement.» V. explique qu’aujourd’hui encore il a peur de R. Mais il ne veut pas retourner en Inde. «Là-bas, c’est plus facile de faire tuer quelqu’un.»
Pas de liaison
Il affirme qu’il n’a jamais eu de liaison avec l’épouse du prévenu. Il ne sait pas comment ce dernier a pu l’imaginer. Pour lui, cette femme n’était que son «deuxième patron». Lorsque R. était en voyage, c’est à elle qu’il apportait la recette de la journée. Me Yaël Hayat, avocate, avec Me Grégoire Rey, du restaurateur, lui rappelle les téléphones nocturnes qui ont perduré bien après son licenciement. Il répond qu’elle restait une personne proche, «comme une belle-sœur».
Le procureur Pierre-Alain Chatelan a requis une peine de huit ans de prison à l'encontre du restaurateur indien jugé pour tentative d'instigation à assassinat.
(TDG)
Créé: 13.09.2012, 07h42
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La rédaction
3 Commentaires
Indiens, Albanais, naturalisés suisse ou non, et apparemment adaptés. Ca c'est la surface visible. Dessous, il y a de nombreuses générations de patriarcat brutal, de règne violent et possessif des hommes sur les femmes et les enfants, de système de caste, sans compter l'histoire familiale personnelle. Voilà le vrai problème de l'immigration: un passé mis de côté et qui ressort toujours, un jour. Répondre
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