L’Ilôt 13, village d’irréductibles Genevois, fête ses 30 ans

HabitatEn 1986, un lot d’immeubles situé derrière la gare était «prêté» à des jeunes en attendant d’être démoli pour ériger bureaux et parking.

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Au bas des immeubles, les tulipes exhibent fièrement leurs robes, aux balcons, les glycines hésitent encore à dévoiler leurs fleurs, les pousses se bousculent dans le jardin potager. Avec l’arrivée du printemps, l’Îlot 13 refleurit et entame la célébration de ses 30 ans de vie communautaire. «Le lotissement réunit des coopératives d’habitation, des logements sociaux et étudiants ainsi que des appartements en propriété par étages. Au fil des ans, nous sommes devenus un laboratoire urbain du vivre-ensemble, de la participation et de l’autogestion, se félicite Morten Gisselbaek, un des premiers habitants. Et tout fonctionne très bien. On se prend parfois dans les bras, parfois la tête.»

200 jeunes emménagent

En 1986, la parcelle située juste derrière la gare est vouée à un sort plus gris et lucratif. L’entier des immeubles doit être démoli pour faire place à un complexe circulaire de bureaux, avec un parking à ciel ouvert en son cœur. Pour éviter que les lieux ne soient squattés, les promoteurs signent des contrats de confiance avec des jeunes leur permettant de loger (environ 200 personnes) gratuitement, à la condition de quitter les lieux avant le début du chantier et de ne pas s’y opposer. La Ville se porte garante.

«Une vraie magie»

Sauf que… «la vie sociale s’y est développée très rapidement, il y a eu une vraie magie», résume Morten Gisselbaek. Puis l’immeuble du 15 - 15 bis de la rue des Gares est déclaré «remarquable» par son architecture typique des îlots d’habitation érigés vers 1860. Le conseiller administratif libéral de la Ville de Genève Claude Haegi propose alors aux jeunes d’y installer une coopérative de logement et ils relèvent le défi.

«Claude Haegi était un libéral éclairé. Il prônait la paix sociale et avait conscience qu’il fallait un espace pour chacun, qu’il soit punk ou banquier, se souviennent les premiers habitants. A l’époque, il y avait encore de la place pour faire des choses, aujourd’hui tout s’est crispé.»

En parallèle, une émulation se crée pour sauver l’Îlot 13 de la démolition. «Petit à petit, nous avons réussi à convaincre les architectes et le jury que le projet voulu par les promoteurs privés était mauvais, à sauvegarder la maison de quartier et à inventer un endroit où il fait bon vivre tout en assurant des loyers bon marché au cœur de Genève», se félicite encore Morten Gisselbaek. Un quatre-pièces en coopérative se loue aujourd’hui autour de 1100 fr. par mois, une chambre d’étudiant 300 fr.

Le quartier miniature héberge de nombreux lieux mythiques, dont une librairie d’occasion, un bar à concerts – l’Écurie –, une maison où se tiennent des cours et ateliers, des locaux et commerces associatifs ou équitables et près de 650 personnes. La gestion des espaces communs est prise en charge par une association, forte de 250 membres, dont une poignée se réunit chaque lundi.

L’Îlot 13 et la plupart de ses habitants ont pris de l’âge. Bien ou mal? La question sera débattue avec une touche d’ironie en automne (voir ci-dessous). Quoi qu’il en soit, son esprit solidaire perdure. La victoire du Collectif 500 contre l’extension de la gare en surface, qui aurait démoli la moitié de l’Îlot 13, a permis de retisser et renforcer les liens. L’association d’habitants réfléchit actuellement à la meilleure manière d’accueillir des migrants qui pourraient être logés à Montbrillant et à la création de jardins urbains sur la rue des Gares. (TDG)

Créé: 20.04.2016, 19h39

Des festivités durant toute l'année

Programme provisoire des festivités du 30e?anniversaire, organisées «sans subvention» par des (ex-) habitants de l’Îlot 13.

Le 23-24 avril, les bacs d’un futur jardin urbain seront installés le long du trottoir de la rue des Gares. En parallèle, sous l’ancienne menuiserie située au cœur de l’Îlot 13, chacun peut participer à la réalisation d’une dragonne en mosaïque. Le 29 avril, les plantes du jardin urbain seront mises en terre.

Mercredi 1er juin, une causerie sur le thème des réfugiés à Genève durant la Seconde Guerre mondiale réunira l’ancien journaliste Claude Torracinta et l’historien Arnaud Bosch.

Mardi 7 juin, et comme chaque année, la Cinémobile de l’association Pré en Bulle projettera un film belge sur la place Gruet.

Mercredi 22 juin, le réalisateur de film d’animation Claude Luyet présentera sa dernière création: «Le fil d’Ariane» ainsi qu’une sélection d’autres films.

Début juillet, le cinéaste Ulrich Fischer organisera des ateliers mixant ses images d’archives et des vidéos récentes.

Du 14 au 25 septembre, la Pinacothèque exposera des photographies inédites du quartier d’Isabelle Meister.

En septembre, Morten Gisselbaek animera une conférence: «L’îlot, c’est un p’tit cru?» sur l’expérimentation urbaine à l’épreuve du temps.

Les 1-2 octobre un grand souk à l’africaine fera vibrer l’Îlot 13.

Sur ces activités et d’autres encore: www.ilot13.ch

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