Mésaventure
Iberia laisse six handicapés en rade à l’aéroport de Madrid
Par Isabel Jan-Hess. Mis à jour le 28.09.2012 7 Commentaires
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«C’était un cauchemar.» De retour à Genève lundi vers 13 h, douze passagers inscrits sur le vol Iberia 3482/Madrid-Genève de dimanche après-midi gardent un souvenir amer de leur retour de vacances. Arrivé de Málaga, ce groupe de six personnes en fauteuil roulant et six accompagnants n’a pas été attendu lors du transit.
«Notre premier avion était en retard, mais il est arrivé moins de quinze minutes avant le départ prévu de notre correspondance, assure Christine Jaquier Conti, directrice par intérim du Club en fauteuil roulant de Genève. Dès le début, nous avons reçu des indications contradictoires.» Retour sur plus de vingt heures de couacs.
L’équipe est d’abord entraînée dans une course effrénée à travers les couloirs de l’aéroport madrilène. Les accompagnants, valides, sont envoyés vers une porte d’embarquement fermée, tandis que les personnes en fauteuil sont prises en charge à l’opposé. «Mais l’avion était déjà en bout de piste», déplore une participante.
A partir de ce moment, tout se complique. Les deux groupes se retrouvent après une demi-heure. Leurs bagages ont disparu. Ils réapparaissent au compte-gouttes, durant plus de quatre heures. «On nous a ensuite annoncé que nous étions inscrits sur le premier vol du lendemain», raconte la responsable du groupe.
Mais dénicher, après 22 h, un hôtel adapté aux différents handicaps s’avère compliqué. Chargés et épuisés, les passagers arrivent finalement dans un quatre-étoiles, vers minuit et demi. «On a monté les bagages ainsi que les personnes handicapées, car il n’y avait pas de personnel la nuit, explique François Rod, accompagnant bénévole. On a dû les aider à se coucher, parfois les porter, sans compter que plusieurs manquaient de médicaments ou de matériel médical. Moralement ce n’était pas évident. Certains se sont sentis un peu malmenés.»
Employés tatillons
A 2 h 30, tout le monde est enfin au lit. Pas pour longtemps, car l’hôtel sonne le réveil à 5 h. Nouveau départ pour l’aéroport. «Le pire, c’est que les employés du check-in et de la douane ont décidé d’être tatillons et qu’on a failli rater notre avion de 9 h 20, plaisante, avec le recul, François Rod. Ils exigeaient, par exemple, que chaque passager porte son billet. Alors que deux personnes de notre groupe n’ont pas l’usage de leurs mains.» Puis les chaises roulantes ont été minutieusement auscultées à la recherche de drogues, d’explosifs ou de produits de contrebande. «Je ne voyage pas souvent, mais je n’avais jamais vécu ça», commente Andrée Fracheboud, heureuse d’avoir retrouvé le calme de son logis.
Iberia s’explique
Au siège de la compagnie Iberia à Madrid, on assure avoir parfaitement géré cet événement. «Le vol est arrivé de Málaga à 19 h 33 et la correspondance partait à 19 h 50, explique une responsable. Il était donc impossible à ce groupe de réussir à la prendre, d’autant plus que les personnes à mobilité réduite sont les dernières à sortir des avions.» La compagnie ne fait aucun commentaire sur les attentes interminables, ni sur les bagages, ni sur le subit excès de zèle à l’embarquement. Quant à la prise en charge hôtelière, elle décline toute implication. Pour Iberia, «tout s’est bien passé».
Porte-parole de l’Aéroport de Genève, Bertrand Stämpfli précise que les directives européennes chargent les autorités aéroportuaires de l’encadrement de ces personnes. «Ensuite, chaque compagnie a ses propres critères et dépend également des contingences liées au trafic aérien.» (TDG)
Créé: 28.09.2012, 07h33
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La rédaction
7 Commentaires
Iberia.... où l'art de ne jamais être à l'heure...Une des plus mauvaise compagnie au monde Répondre
Boycott de cette compagnie ! C'est vraiment dégueu.... et inhumain d'avoir laisser ces gens sans soutien, ni aide ! Vous avez bien fait de publier votre histoire ! Continuez à vous battre et à voyager, vous le méritez tous. Bravo à vos accompagnants pour tout ce qu'ils ont fait pour vous ! Répondre
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