Audit
Heures supplémentaires: cheffe de la police tancée
Par Fabiano Citroni. Mis à jour le 02.10.2012 10 Commentaires
Pratique décriée
«Les indemnités reçues lors de conférences ainsi que leur potentielle rétrocession ne font pas l’objet de contrôle systématique, et ce malgré des problèmes déjà identifiés par la police», écrit la Cour dans son rapport. Décodage: des policiers donnent des conférences pendant les heures de travail et gardent l’argent pour eux.
Pierre Maudet compte mettre fin à cette pratique: «Ma priorité est de rétablir une situation satisfaisante sur le terrain, mais je ne tolérerai pas un comportement qui ne soit pas exemplaire de la part des fonctionnaires. Je traiterai cette question en faisant d’abord appel au bon sens et à la responsabilité de ces agents d’autorité.» F.C.
Mots-clés
Signaler une erreur
Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.
Partager & Commenter
La police, un Etat dans l’Etat? La question se pose à la lecture du rapport annuel de la Cour des comptes dévoilé vendredi. Dans le cadre du suivi de l’audit relatif à la problématique des heures supplémentaires, l’organe de contrôle relève que sur les dix recommandations qui sont de la responsabilité de la direction opérationnelle de la police (Monica Bonfanti), aucune n’a été mise en œuvre en un an. Commentaire de la Cour: «Le retard pris ne permet pas d’avoir une gestion efficiente des horaires.»
Pourquoi la Cour s’en soucie-t-elle? Parce que les heures supplémentaires effectuées par les policiers représentent une somme considérable: entre 6 et 9 millions de francs en 2011, par exemple.
Entre les lignes, l’organe de contrôle s’interroge sur la gestion policière des activités exceptionnelles (un match de foot), mais aussi ordinaires (le contrôle de la circulation). Exemples: quel degré de sécurité faut-il assurer lors des manifestations sportives? Est-il judicieux de planifier la fin du service d’un agent lors de pics d’activité prévisibles? «Au moindre problème, il devra alors effectuer des heures supplémentaires, qui sont majorées», explique une source proche du dossier.
Le poids des syndicats
Pour faire simple, la Cour est convaincue que la police peut remplir aussi bien que maintenant sa mission sans générer autant d’heures supplémentaires. «Au 30 juin 2012, on dénombrait encore 121 codes horaires utilisés par la police judiciaire. Est-il possible de s’organiser avec autant de manières de répertorier l’activité professionnelle?» s’interroge la Cour.
Selon une source proche du dossier, si autorités politiques et direction de la police ont tant de mal à empoigner le problème, c’est en raison du poids des syndicats et du corporatisme très fort régnant dans la grande maison. «Le politique a des réticences à se mettre à dos les syndicats, très puissants. Quant à l’état-major, il hésite à toucher à ce que les policiers considèrent comme des acquis. Ils ne le diront pas, mais certains agents sont contents d’effectuer des heures sup, parfois payées double.»
Patron politique de la police, Pierre Maudet ne botte pas en touche: «Le constat est clair et je suis bien sûr insatisfait de cette situation. La police n’a pas été en mesure de répondre à l’ensemble des recommandations de la Cour. Je lui ai demandé de prendre le taureau par les cornes.» Il précise: «Je constate toutefois que la situation s’est encore complexifiée dans l’intervalle avec l’application du protocole d’accord passé entre le Conseil d’Etat et les syndicats sur les horaires.»
«Défauts d’organisation»
Le magistrat reconnaît que les heures supplémentaires – 140 000 au 30 septembre – «ont un impact substantiel sur les finances et agissent comme un révélateur des graves défauts d’organisation actuels au sein de la police. Mais c’est davantage une conséquence qu’une cause des problèmes structurels endémiques de l’institution. La réforme de la police Phénix doit bien évidemment intégrer une réponse à cette problématique.» (TDG)
Créé: 02.10.2012, 07h26
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
10 Commentaires
En 2011 les subventions toute catégories confondues (associations, fondations, culture, etc..) pesaient 3.661 milliards (vous avez bien lu, plus de 3 milliards et demi) sur un budget de 7.791 milliards. Ces subventions ont augmenté d'environ 200 millions de 2010 à 2011, et de plus de 100 millions en 2012. Qu'on ne vienne pas nous dire qu'il nous manque 10 millions pour la police...... Répondre
En réalité, qui suit vraiment les conseils de la Cour des comptes ? Répondre





Veuilliez attendre s'il vous plaît 
























