Autoroute
Genève-Coppet: 3e voie ou bande d'arrêt d'urgence?
Par Laurence Bézaguet et Marie Prieur . Mis à jour le 09.10.2012 12 Commentaires
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La nouvelle devrait ravir les automobilistes qui chaque matin s’engouffrent sur l’autoroute entre Lausanne et Genève. Pas moins de 90 000 véhicules empruntent chaque jour cet axe! La troisième voie qu’ils appellent de leurs vœux pourrait enfin voir le jour… Pour l’heure, c’est le tronçon entre l’échangeur du Vengeron et l’aéroport de Genève qui fait l’objet d’un projet bien avancé. Comme annoncé dans la Tribune de Genève d’hier, les pendulaires pourraient utiliser la bande d’arrêt d’urgence (BAU) comme troisième voie de circulation.
A l’image de ce qui se fait depuis janvier 2010 entre Morges-Est et Ecublens (lire ci-contre). «Dans la lignée de ce test, la conseillère fédérale Doris Leuthard avait mandaté l’Office fédéral des routes (Ofrou) pour désigner d’autres endroits en Suisse où ce principe pourrait être utilisé pour fluidifier le trafic», explique Olivier Floc’hic, porte-parole de la filiale d’Estavayer-le-Lac de l’Ofrou. Parmi les goulets d’étranglement identifiés: le secteur Vengeron-aéroport.
TCS et ATE saluent l’idée
Mais patience… Pour le moment, l’Ofrou s’apprête à lancer une étude afin de déterminer la faisabilité, le coût et le planning de la mise en place d’un tel système. Tant le lobby automobile que les défenseurs de l’environnement saluent l’idée et veulent même l’étendre. «Tout ce qu’on peut faire pour améliorer la fluidité du trafic et par là même la sécurité est bienvenu, réagit Guy Zwahlen, président du Touring Club Suisse (TCS) Genève. Il n’y a qu’à voir l’exemple entre Morges et Ecublens. Contrairement à ce que certains redoutaient, il n’y a pas eu d’appel d’air.»
Thomas Wenger, président de l’Association transports et environnement (ATE), abonde dans ce sens. «C’est une bonne idée entre Le Vengeron et l’aéroport, mais tout l’intérêt est d’étendre jusqu’à Coppet. Car chaque jour les gens passent en moyenne vingt minutes dans les bouchons pour rejoindre leur lieu de travail.» Une problématique qui touche particulièrement Nyon. D’où l’intérêt du syndic Daniel Rossellat, qui prévient toutefois: «Gare à l’entonnoir en arrivant à Genève, à l’endroit où l’on repasse à deux voies.»
De l’autre côté de la frontière, le maire de Ferney, François Meylan, se montre beaucoup plus réticent: «Il y a déjà beaucoup d’entrées et de sorties à la hauteur de Ferney. Les files d’attente qui se forment risquent de se reporter en amont sur l’autoroute.» Et d’ajouter: «C’est une solution à l’économie pas du tout efficace, voire dangereuse. Surtout tant qu’il n’y aura pas un vrai échangeur à cet endroit.»
Les inquiétudes ne sont pas les mêmes pour le député PLR Jacques Jeannerat. Aux côtés de l’UDC, son parti avait été le premier à réclamer l’utilisation de la bande d’arrêt d’urgence comme voie de circulation à Genève en mai 2008. A ses yeux, cette solution s’avère aujourd’hui obsolète. «Je crains que ce ne soit du provisoire qui dure. Or, ce dont nous avons besoin, c’est d’un véritable élargissement de l’autoroute; 5,5 milliards sont prévus par la Confédération pour résoudre les goulets d’étranglement en Suisse. L’Ofrou estime qu’il en coûterait 1,5 milliard pour réaliser une troisième voie entre Le Vengeron et la douane de Bardonnex.» Et les tunnels? «On les élargira aussi!»
La Commission des transports s’apprête à déposer une résolution au Grand Conseil. L’Ofrou n’est pas réfractaire: «L’utilisation de la bande d’arrêt d’urgence reste un palliatif, estime Stefano Coraducci, chef de la filiale de l’Ofrou d’Estavayer-le-Lac. L’idéal serait une vraie troisième voie, mais c’est un projet à plus long terme et plus coûteux.»
Une troisième voie d’ici à 2018?
La conseillère d’Etat en charge de la Mobilité, Michèle Künzler, considère pourtant que passer directement à cette étape permettrait de faire des économies: «On attendait la formalisation de l’utilisation de la BAU sur Genève et c’est une très bonne nouvelle. Mais les nombreuses entrées et sorties d’autoroute sur notre territoire risquent de compliquer les choses.» De toute façon, l’objectif final reste la construction d’une troisième voie. «A Genève, l’unanimité semble se dessiner. Les acteurs sont bien conscients des améliorations en jeu pour le trafic d’agglomération.» Selon la magistrate Verte, cette option est d’autant plus intéressante qu’elle pourrait se concrétiser d’ici à 2018.
Moins précis sur le calendrier, l’Ofrou privilégie déjà une vraie troisième voie entre Le Vengeron et Coppet. David Gastaldi, responsable du domaine gestion des projets sud à l’Ofrou, confirme que l’étude devrait débuter prochainement. L’ATE comme le TCS s’accordent eux aussi à penser que c’est la solution d’avenir. (TDG)
Créé: 09.10.2012, 07h40
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12 Commentaires
"A Genève, on espère [...]" On peut couper la phrase là, tout le reste est superflu, parce qu'espérer, c'est la seule chose qu'on sache faire à Genève, championne de l'immobilisme. D'ailleurs, il y a une phrase plus loin qui ne trompe pas: "Mais patience..." Répondre
Compte tenu du fait que l'on passe de 2 à 3 voies au niveau du Vengeron en direction de Genève, je ne vois pas ce qu'une 4ème voie peut apporter!? C'est entre Coppet et le Vengeron qu'il faut améliorer la situation par une 3ème voie et ensuite entre le Vengeron et l'aéroport par une 4ème voie!? Cela me semblerait plus logique? Répondre
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