Drame de Champel
Le fils d’Alain Delon raconte sa vérité. Elle crée le malaise
Par Fabiano Citroni. Mis à jour le 03.08.2012 15 Commentaires
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Six pages dans l’hebdomadaire français VSD. La couverture du magazine en bonus. Alain Fabien Delon – fils de qui vous savez – fait fort pour sa première interview jamais accordée à un média. Le jeune homme, 18 ans et des poussières, veut opérer des rectifications. «On a quand même dit et écrit beaucoup de conneries sur moi», confie-t-il à notre confrère. Il revient sur l’affaire qui l’a éclaboussé à Genève, l’an dernier, alors qu’il était encore mineur: un coup de feu tiré dans l’appartement familial, à Champel, qui aurait pu coûter la vie à une adolescente de 16 ans. Le fils Delon raconte sa vérité. Une vérité qui crée le malaise. Car le jeune homme passe sous silence des éléments qui l’accablent.
La Tribune de Genève possède les premières déclarations à la police de la poignée de jeunes qui s’est retrouvée dans l’appartement d’Alain Delon, le 30 juin 2011. Quatorze pages confidentielles jamais exploitées, l’affaire impliquant des mineurs. Mais le fils Delon a décidé de revenir dessus. D’où notre décision de porter un regard attentif sur ses affirmations.
Ils boivent et fument
Le 30 juin, neuf ou dix jeunes font la fête dans l’appartement d’Alain Delon. Ils boivent et fument. Pas que des cigarettes. «L’un d’eux, en fouillant dans ma chambre, a trouvé un pistolet. Une arme de collection, raconte Alain Fabien Delon à VSD. Il a voulu jouer avec, sans savoir qu’une balle se trouvait dans le chargeur. Le coup de feu est parti. Une jeune fille a été blessée à l’abdomen. Contrairement à ce qui a été dit, je ne suis pas le tireur, je n’ai pas essayé de fuir, je n’ai pas essayé de camoufler quoi que ce soit. Au contraire. C’est moi qui ai appelé la police et les pompiers.»
Un an après le drame, le fils de l’acteur prend des libertés avec la réalité des faits. Il n’a pas essayé de camoufler quoi que ce soit? Le rapport de la Brigade criminelle, rédigé au lendemain du drame, indique pourtant qu’il n’a pas donné son adresse, mais celle de la Migros du coin lorsqu’il a alerté les policiers. Et lorsque la police est arrivée, elle a tout d’abord interrogé, dans la rue, Alain Fabien Delon, ainsi que le deuxième jeune – 14 ans au moment des faits – inculpé de lésions corporelles par négligence. «Ils ont expliqué que le tireur était un homme d’une trentaine d’années, de type maghrébin, qui avait pris la fuite depuis une vingtaine de minutes», lit-on dans le rapport de police. Quant aux circonstances du drame, Alain Fabien Delon dit à notre confrère que son copain a trouvé le pistolet dans sa chambre. Lors de son premier interrogatoire, le copain en question a livré une autre version. Il a expliqué que le fils d’Alain Delon avait été «embêté» par un autre copain et qu’il était parti chercher un pistolet pour «le brandir devant son visage». Il aurait ensuite posé l’arme à ses côtés. Les deux jeunes s’accordaient à dire, à l’époque, que lorsque le coup de feu accidentel est parti, l’un tenait l’arme (le plus jeune), l’autre (Alain Fabien Delon) tentait de lui enlever des mains.
Reste l’élément le plus troublant de cette affaire. Dans son interview-vérité, le fils Delon dit avoir appelé la police. Il oublie que dans les minutes qui ont suivi le coup de feu, il a transporté avec ses amis la victime dans la rue alors qu’elle perdait du sang. «C’était pour que cela soit plus rapide pour les secours», expliquait-il lors de son premier interrogatoire. Une version très éloignée de celle de l’autre mineur inculpé. Il expliquait qu’Alain Fabien Delon lui avait demandé de mentir à la police en disant que le drame s’était joué dans la rue et «qu’un gars avait tiré» sur la victime.
Procès à la fin de l’année
Aujourd’hui, Alain Fabien Delon se dit «profondément désolé de cet accident. Toutes mes pensées vont à cette jeune fille que je ne connaissais même pas. C’était un accident et la connerie, ma connerie, ça a évidemment été d’avoir rapporté un flingue en Suisse.»
Comment se porte la victime? Selon ses avocats, elle a des séquelles. Ils n’en diront pas plus. Quant à l’enquête du juge des mineurs, elle est bouclée. Un procureur est en train de rédiger un acte d’accusation. Alain Fabien Delon et l’autre jeune inculpé devraient être jugés par le Tribunal des mineurs d’ici à la fin de l’année. (TDG)
Créé: 03.08.2012, 07h16
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La rédaction
15 Commentaires
Pourquoi revenir sur cette affaire ? Laissons notre lamentable justice faire son travail de laxisme! Répondre
Et Alain Delon dans tout cela, Il n'a pas une part de responsabilité dans cette affaire ? Il laisse son fils mineur le plus souvent livré à lui-même avec des armes à la maison... Répondre
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