Eric Stauffer pourrait lancer son parti en septembre

Politique Le député indépendant vient de se voir refuser son adhésion à l’UDC. Il annonce du nouveau

Eric Stauffer, l'ancien patron du Mouvement des citoyens genevois.

Eric Stauffer, l'ancien patron du Mouvement des citoyens genevois. Image: Pierre Abensur

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L’UDC claque la porte au nez du député indépendant Eric Stauffer. Entendu lundi matin par le comité directeur, l’ex-tribun du MCG n’a pas réussi à faire accepter sa demande d’adhésion, en attente depuis décembre. «Actuellement, au sein du parti, explique le président de l’UDC, Marc Fuhrmann, nous avons une bonne dynamique et avons estimé qu’il n’était pas nécessaire d’inclure M. Stauffer parmi nous. Ses qualités sont indéniables, mais il peut aussi se montrer destructeur.»

«Comportement suicidaire»

Face à la porte close, l’ex-patron du MCG semble avoir décidé de «foncer dans le tas». Dans un communiqué de presse, il annonce le lancement de son nouveau parti et donne même la date officielle du baptême: le 13 septembre. Cette dernière semble sérieuse, mais, prudence, l’ancien patron du MCG est coutumier des annonces fracassantes et des reculs discrets… Cette fois, Eric Stauffer semble toutefois suffisamment remonté pour aller jusqu’au bout: «Je souhaite bonne chance à l’UDC Genève et lui donne rendez-vous dans les urnes en 2018, dit-il. Sans Yves Nidegger, elle présentera des amateurs au Conseil d’Etat. Je me réjouis de débattre avec eux.»

Et de fustiger «le comportement suicidaire» de ses adversaires, qui «répètent les erreurs de 2005», année où, exclu de l’UDC avec Georges Letellier, Eric Stauffer avait fondé le Mouvement citoyens genevois. «En 2018, déplore-t-il, le climat risque d’être moins favorable aux partis populistes, ce qui aurait rendu l’union importante.» Tous les ponts ne sont pourtant pas rompus. Ni Eric Stauffer ni l’UDC ne ferment la porte à un apparentement pour l’élection au Grand Conseil.

L’UDC manque de vedettes

Cela fait depuis novembre que l’ancien patron du MCG tente de rejoindre l’UDC. Soutenu, dit-il, par le conseiller national Yves Nidegger et le député Patrick Lussi, il a échoué une première fois en décembre. La deuxième tentative, lancée au printemps et soutenue par l’UDC Suisse, dont Oskar Freysinger et Christoph Blocher, soucieux de ne pas voir le camp néoconservateur se diviser à Genève, n’aura donc pas eu davantage de succès. Le parrain UDC de la candidature Stauffer, le député Patrick Lussi, se dit déçu: «L’arrivée d’Eric Stauffer aurait donné l’occasion à l’UDC de faire parler d’elle, estime-t-il. Nous en avons besoin: à Genève, nous manquons de politiciens médiatiques et je n’ai pas l’impression que nous soyons dans une phase ascendante. En 2013, au Grand Conseil, nous n’étions pas loin du quorum, synonyme d’élimination, et les municipales n’étaient pas très bonnes à Vernier, Lancy et Carouge.»

Certains des candidats UDC potentiels au Conseil d’Etat n’ont pas ces regrets. Comme Marc Fuhrmann, le député Thomas Bläsi estime que l’entrée d’Eric Stauffer à l’UDC ne se justifie pas: «En 2015, ce politicien ultradoué a été victime de ses outrances. Maintenant, il y a plusieurs manières de renaître en politique, encore faut-il tirer les conséquences du passé.» Comme en écho, le communiqué de presse du député Stauffer répond: «En ce qui me concerne, cette introspection je l’ai faite, une remise en question totale de ma situation politique et de mon avenir était nécessaire! Depuis avril 2015, date à laquelle j’ai quitté le parti que j’ai fondé avec Georges Letellier, j’ai eu le temps d’observer, d’analyser, de prendre du recul! Ce qui m’a permis de comprendre aussi les erreurs que j’ai pu faire en douze années de politique genevoise. J’ai décidé de continuer à me battre pour défendre les citoyens de notre canton.»

Officiellement, l’annonce du probable lancement de son nouveau parti n’inquiète guère. «C’est davantage un souci pour le MCG», assure Marc Fuhrmann. «Je n’ai pas envie de me soucier de ce que fait ou pas M. Stauffer», explique pour sa part la présidente du MCG, Ana Roch. Le député MCG François Baertschi est moins philosophe: «Ne pas rester dans son parti parce qu’on a perdu d’une voix une élection interne, se venger en attaquant le monde entier et puis lancer un nouveau parti, c’est pathétique, dit-il. C’est la spirale de l’échec. Avec le MCG et l’UDC occupant le terrain, son parti n’aura pas d’espace politique suffisant pour exister.» Une hypothèse à vérifier ces prochains mois.

(TDG)

Créé: 19.06.2017, 17h47

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Alliances électorales: qui veut quoi?

Les alliances entre les partis se mettent lentement en place. La semaine passée, le Parti libéral-radical a décidé de ne pas attendre le deuxième tour de l’élection au Conseil d’Etat pour s’allier avec le PDC. Ce sera donc dès le premier que l’Entente présentera ses cinq poulains. Voilà qui complique l’exécution d’une autre option: la conclusion, au deuxième tour de l’élection, d’une alliance avec l’UDC en fonction des résultats du premier tour.
Pour leur part, le MCG et l’UDC sont en pourparlers. Une réunion entre les partenaires de l’alliance «Nouvelle Force» a déjà eu lieu récemment, une autre pourrait avoir lieu avant juillet ou à la rentrée. Entre les deux partis, les discussions sont délicates: le virage «à gauche» du MCG depuis le départ d’Eric Stauffer donne en particulier des palpitations à l’UDC. Il serait pourtant un peu étonnant, ne serait-ce que pour des raisons arithmétiques, qu’aucune alliance entre les partenaires ne soit conclue. Toutefois, l’arrivée dans le camp populiste d’un troisième larron, sous la forme du nouveau parti d’Eric Stauffer, pourrait compliquer la donne.

A gauche, tout est encore brumeux. En 2016, les Verts lançaient l’idée d’une liste unique pour le Conseil d’Etat avec le PS et Ensemble à Gauche. Mais le PS voulait d’abord sélectionner ses candidats… Du coup, les Verts présentent trois candidats et le PS trois, comme d’ailleurs Ensemble à Gauche. Neuf candidats, c’est trop, le Conseil d’Etat n’ayant que sept sièges. Que se passera-t-il alors? Une assemblée générale du PS a été programmée en septembre pour trancher la question d’une alliance avec les Verts dès le premier tour.
M.BN



































































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