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Agglomération

Enjeux frontaliers: l’atmosphère est tendue en France voisine

Par Marie Prieur . Mis à jour le 16.03.2012 347 Commentaires

Le groupement transfrontalier tient son congrès ce soir. Les élus, eux, croient au dialogue.

Actuellement, 94?616 personnes, dont 37?000 Suisses, travaillent à Genève et habitent en France voisine .

Actuellement, 94?616 personnes, dont 37?000 Suisses, travaillent à Genève et habitent en France voisine .
Image: Lucien Fortunati/Edipresse

En chiffres

Actuellement, 94?616 personnes travaillent à Genève et habitent en France voisine. Elles sont soumises à l’imposition à la source. Parmi elles, on compte 57?000 permis frontaliers actifs, le terme de frontalier désignant un travailleur étranger titulaire d’un permis G, qui exerce une activité lucrative en Suisse tout en ayant son domicile à l’extérieur des frontières de la Suisse, quelle que soit sa nationalité.
Sur les titulaires de permis (en 2010), 6934 sont actifs dans le domaine de la santé humaine et l’action sociale, 5349 dans le commerce de détail et 4826 dans la construction.
Suisses et binationaux résidant à l’étranger ne sont pas compris dans ce chiffre de 57?000. Vu les chiffres de l’impôt à la source, on estime que 37?000 Suisses sont actifs à Genève et habitent en France voisine.
Le montant total de l’impôt à la source atteint 834 millions de francs pour 2011. 600 restent dans les caisses du canton et 234 millions sont rétrocédés à la France (76% pour la Haute-Savoie et 24% pour l’Ain). M.P.

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Le Groupement transfrontalier européen se prépare à tenir un congrès «sous haute tension», selon son propre communiqué. Fort de 34?000 adhérents, il devrait faire salle comble ce soir à Archamps. Annonce de dernière minute: un conseiller d’Etat genevois, David Hiler, fera le déplacement. Cette grand-messe est l’occasion pour son président Michel Charrat de dénoncer «les attaques discriminatoires à l’encontre des travailleurs frontaliers». En cause, les propos du directeur des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) visant à freiner la promotion des frontaliers aux postes de responsables d’unités de soins.

Au-delà des HUG (lire ci-contre), la tension existe-t-elle? «On a l’impression de subir encore et encore cette haine des frontaliers», souligne Claire, aide-soignante dans le privé et frontalière depuis 22?ans. Face à la polémique, André*, frontalier dans le secteur automobile, se veut philosophe: «Ce genre de propos protectionnistes est inévitable en période électorale. Mais si Genève fermait les robinets, ils seraient rouverts dans les six mois. Genève a besoin des frontaliers.»

Projet d’agglo en jeu

Du côté des élus de France voisine, on admet que les relations franco-genevoises ont connu des jours meilleurs. D’autant qu’avec le départ de Mark Muller, les Français ont perdu leur principal interlocuteur et ce, à la veille de la signature du projet d’agglomération 2, le 30 juin. Refusant d’alimenter les polémiques, Bernard Gaud joue la carte de l’apaisement. Le président de l’ARC (le syndicat mixte regroupe les collectivités de France voisine au sein du projet d’agglomération) assure avoir confiance en l’avenir du partenariat franco-genevois.

Il prévient toutefois: «Pour signer le 30 juin, il faudra un engagement fort en faveur du rééquilibrage du logement et de l’emploi de part et d’autre de la frontière et sur le fonds de 240 millions d’euros sur dix ans», impliquant une participation financière de Genève à des projets de transports publics en France voisine.

«Aujourd’hui, on parle d’égal à égal avec Genève, affirme le maire d’Annemasse Christian Dupessey. Nous ne demandons pas la charité mais nous avons des exigences. Le reversement des fonds frontaliers n’est pas un cadeau du canton. C’est le juste retour pour gérer les charges que l’on supporte à la place de Genève.»

Saint-Cergues, un exemple

Car, en France voisine, on n’hésite plus à clamer que Genève exporte sa crise du logement. Illustration à Saint-Cergues. Cette commune de Haute-Savoie a accueilli 1000 âmes de plus en dix?ans. «Nos écoles débordent. On consent de lourds investissements pour accueillir les gens venant tenter leur chance dans notre région mais aussi les Suisses ne trouvant pas à se loger à Genève, indique le maire, Gabriel Doublet. On veut bien assumer notre part mais on ne veut plus de ce mitage qui a défiguré la Haute-Savoie», insiste l’élu qui vient de déclasser 4 hectares en zone agricole. Une préoccupation que partage l’ARC et qui prend toute sa place dans les négociations franco-genevoises. (TDG)

Créé: 16.03.2012, 07h04

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347 Commentaires

Tom Et-Jerry

16.03.2012, 16:49 Heures
Signaler un abus 31 Recommandation 1

Problème des HUG : il faut le remettre dans son vrai contexte. Il s'agit d'un établissement PUBLIC, donc géré par l'Etat. Y engager 60% de cadres étrangers n'est pas correct.AUCUNE entreprise d'Etat française, quelle qu'elle soit, n'accepte d'engager autant de cadres non français. Ni le gouvernement ni les syndicats ne le tolèreraient.Merci à nos voisins de ne pas l'ignorer. Répondre


Phil Osof

16.03.2012, 11:53 Heures
Signaler un abus 29 Recommandation 2

Je suis français, frontalier, j'apprécie mes collègues suisses et je suis apprécié également. Cependant je comprend le malaise des Genevois dans certaines entreprises qui engagement 70% de frontaliers. Pourquoi ne pas instaurer des quotas de permis G ou ne pas renouveller ceux qui partent en retraite? La France aux français, Genève aux genevois! Répondre