Comment l’éclairage public s’adapte à l’heure d’hiver

EnergieLes lampadaires du canton s’allument et s’éteignent à la minute près. Le signal est donné par un centre de contrôle des SIG.

Au centre de contrôle électrique des SIG, les spécialistes travaillent face à une dizaine d’ordinateurs et un mur d’écrans.

Au centre de contrôle électrique des SIG, les spécialistes travaillent face à une dizaine d’ordinateurs et un mur d’écrans. Image: Laurent Guiraud

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Les Services industriels de Genève (SIG) gèrent près de 50 000 appareils d’éclairages publics dans le canton: au bord des routes et des arrêts de bus, mais aussi dans les centres sportifs ou les bâtiments scolaires. Tous ces luminaires sont programmés pour s’allumer à la minute près, lorsque la lumière du jour devient trop faible. Que se passera-t-il après la nuit de samedi à dimanche, qui sera allongée de soixante minutes par le retour à l’heure d’hiver? Réponse au centre de contrôle électrique des SIG.

Une dizaine d’ordinateurs sont installés devant un mur d’écrans. La commande à distance des lignes à haute et très haute tension et l’affichage de l’état du réseau en temps réel sont vitaux pour les équipes d’électriciens qui l’entretiennent. Au moment de notre visite, une ampoule rouge est allumée entre deux ordinateurs: elle indique qu’un «parallèle» entre deux postes électriques a été correctement établi, c’est-à-dire que le voltage de deux lignes à haute tension est le même.

Le signal de trois capteurs

Le centre névralgique de l’électricité est aussi celui de la lumière. L’enclenchement et le déclenchement se font d’après la mesure de la luminosité ambiante. Trois capteurs, réglés chacun pour un type d’éclairage public différent, détectent lorsque ces derniers doivent être allumés. Les cages d’escalier de bâtiments publics sont par exemple éclairées plus tôt dans la soirée que les lampadaires des rues. «Le signal, envoyé par les capteurs, est transmis par le centre de contrôle à des armoires de commande électrique, qui les réceptionnent et transmettent à leur tour les ordres d’enclenchement ou de déclenchement de l’éclairage», explique Massimo Pennestri, ingénieur d’exploitation aux SIG.

C’est que l’obscurité ne tombe pas à un horaire prévisible, contrairement au crépuscule astronomique: elle dépend de la météo. «Les variations peuvent atteindre quarante-cinq minutes d’un jour à l’autre, s’il fait d’abord grand beau puis que le lendemain est une journée à forte couverture nuageuse», relève Olivier Pavesi, responsable de l’unité Eclairage et illuminations aux SIG. «Le soir, la lumière décroît en quelques minutes, souligne-t-il. Les rues doivent rester éclairées, il faut éviter qu’il y ait une rupture de lumière. On compense donc progressivement la diminution de l’éclairage naturel.»

Et si les senseurs ne donnent pas d’impulsion? «Une fenêtre de temps est programmée en fonction d’une horloge astronomique, précise Massimo Pennestri. L’impulsion doit avoir lieu dans ce laps de temps. Même en cas de défaillance du capteur, l’horloge astronomique veille. Mais ce n’est pas encore arrivé.»

Révolution technologique

Le changement d’heure ne nécessite pas d’opération manuelle, puisque le système de capteurs réagit à la lumière ambiante. Ce dernier n’avait pas changé pendant vingt ans, mais a été renouvelé en 2013 et 2014. Quant au centre de contrôle, il sera modernisé à la fin de cette année.

Les lampadaires bénéficient aussi d’une nouvelle technologie: «Les nouveaux luminaires que nous posons sont équipés d’un boîtier électronique qu’on peut préprogrammer pour réduire l’émission superflue de lumière lors des périodes de faible densité de trafic, tout en respectant les normes en matière d’éclairage public.»

Des paliers sont enregistrés selon un horaire précis: par exemple 75% de la puissance entre 22 heures et minuit, 50% de la puissance entre minuit et 4 heures du matin, à nouveau 75% entre 4 heures et 6 heures.

Les petits boîtiers électroniques sont devenus la norme: qu’ils en soient dotés ou non, les nouveaux luminaires sont vendus au même prix. «L’économie d’énergie oscille entre 25 et 50%, ce qui se chiffre à quelques dizaines de francs par an et par lampadaire», détaille Olivier Pavesi.

Installée au fur et à mesure du remplacement des luminaires, cette solution équipe désormais 15 à 20% du parc. Tous les lampadaires qui éclairent les passages piétons situés sur les routes cantonales auront par exemple été remplacés d’ici à la fin de l’année.

Contrairement à l’allumage et à l’extinction, déclenchés à distance, ce procédé est sensible au décalage horaire: «Les boîtiers électroniques ne contiennent pas d’horloge interne, mais fixent leur horaire en fonction des heures d’allumage et d’extinction qu’ils reçoivent de la centrale. Lors du passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver, les lampadaires mettent plusieurs jours à faire le calcul puis se recalent.»

Nouveau système testé

Un système plus perfectionné est testé depuis bientôt quatre ans sur la route de Chancy. Installé lors du chantier du tram Cornavin-Onex-Bernex, il permet de régler individuellement et à distance l’intensité lumineuse d’une centaine de lampadaires. Le surcoût est de 300 à 800 francs par luminaire. «Cette technologie est encore trop coûteuse pour que les économies d’énergie l’amortissent, mais les prix pourraient devenir intéressants d’ici à quelques années, relève Olivier Pavesi. Le seul point noir est que l’installation fonctionne par le réseau mobile.»

Si le projet de patinoire du Trèfle-Blanc se concrétise, ce système pourrait y être installé pour adapter l’éclairage en fonction des événements. Une connexion en fibre optique serait alors privilégiée. «Je travaille dans l’électricité depuis vingt-cinq ans. Ces cinq dernières années, il y a eu plus d’avancées que dans les vingt années précédentes», s’enthousiasme le spécialiste de l’éclairage public.

(TDG)

Créé: 26.10.2015, 07h57

De g. à dr.: Massimo Pennestri et Olivier Pavesi. (Image: Laurent Guiraud)

Les mois gourmands

L’éclairage public des rues fonctionne environ 4200 heures par an, ce qui équivaut à une moyenne de 350 heures par mois. Les mois les plus gourmands sont janvier (451 heures comptabilisées cette année) et décembre (470 heures prévues). En règle générale, le mois de juin est celui qui demande le moins d’éclairage (235 heures cette année). A condition de n’être pas couvert de nuages. P. RO.

L’heure d’été épargne-t-elle l’énergie?

En matière d’éclairage public, l’heure d’été n’apporte pas d’économie d’énergie: «On introduit un décalage d’une heure, ce qui ne raccourcit pas la durée de la nuit», remarque Olivier Pavesi, responsable de l’Unité éclairage et illuminations aux Services industriels.

Ni le Canton ni la Confédération ne disposent d’une étude officielle sur les économies d’énergie amenées par l’heure d’été, qui avaient pourtant motivé son introduction. «Une telle étude pose des problèmes de méthode: il faudrait pouvoir comparer une année avec heure d’été et une année sans, relève Dominique Bugnon, porte-parole du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication. Or, d’une année à l’autre, des paramètres qui ont une grande influence sur la consommation d’énergie changent: les conditions météo, la conjoncture économique et la croissance de la population. Enfin, revenir en arrière poserait problème si les autres pays ne le font pas: on deviendrait une île.»

En 2007, un rapport de l’Union européenne a estimé que «les économies effectivement réalisées sont difficiles à déterminer et, en tout cas, relativement limitées». Une étude réalisée en 2010 par l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie conclut à un impact «positif», tout en soulignant, elle aussi, les incertitudes de ses propres résultats. Enfin, pour des chercheurs britanniques, l’heure d’été améliorerait la santé des jeunes de 5 à 16 ans, parce que les soirées plus longues leur permettraient davantage d’activités le soir. P. RO.

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