Drame de Meyrin: la victime avait alerté la police en mai

CrimeUne altercation avait opposé les deux hommes le 28 mai. La mère du prévenu a été interrogée.

le parking du centre sportif du Bois-Carré à Meyrin, le lieu du drame survenu le 8 juin.

le parking du centre sportif du Bois-Carré à Meyrin, le lieu du drame survenu le 8 juin. Image: Laurent Guiraud

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Le jeune Suisse de 21 ans qui au volant de sa voiture a écrasé son rival, un Portugais de 25 ans, il y a une semaine à Meyrin, n’était pas un parfait inconnu pour les forces de l’ordre. Et pour cause, selon nos renseignements, il a fait l’objet d’une plainte après une altercation avec sa victime, dix jours avant le meurtre.

Deux plaintes déposées

La dénonciation faite le 29 mai au poste de police de Blandonnet «pour lésions corporelles simples et dommages à la propriété» visait non seulement le prévenu, X., mais aussi la mère de ce dernier. De son côté, X. avait également porté plainte contre la victime, Y. Les investigations venaient à peine de débuter. Pour l’heure rien ne permet de dire comment ces plaintes vont être traitées et quel poids sera donné aux accusations croisées.

Interrogée jeudi au Ministère public, la mère conteste tout d’abord avoir pris part à la bagarre du mois dernier et évoque un échange de coups entre les deux hommes. Rien de plus. Sur cet aspect de l’affaire, elle est présumée innocente, comme son fils d’ailleurs. «Ces plaintes, déposées à la police, font partie des investigations actuelles, confirme Henri Della Casa, porte-parole du pouvoir judiciaire, raison pour laquelle le Ministère public ne fait aucun commentaire à leur sujet.» Durant son audition, elle a également évoqué le fait d’avoir été physiquement rudoyée par son fils en août dernier.

Concernant le crime survenu le 8 juin, la mère a été entendue, jeudi aussi, «comme personne appelée à donner des renseignements», précise une source policière.

Qu’est-ce qui a poussé X. à volontairement rouler sur son voisin de quartier sur le parking du centre sportif du Bois-Carré à Meyrin? C’est la jalousie qui a été le moteur du crime puisque l’ex-amie de X. se serait rapprochée de la victime. Le prévenu aurait proféré des menaces à l’encontre de Y., selon des amis de ce dernier. Des intimidations, via le téléphone et les réseaux sociaux, qui se seraient étalées sur plusieurs semaines.

«Tu touche au 2 personne que j’aime dont ma mère la tu es grave dans la merde.» C’est ce texte que le jeune Suisse aurait laissé sur sa page Facebook, le 30 mai à 0 h 50, selon «20 minutes». La suite du message, toujours truffé de fautes d’orthographe, est plus menaçante: «Je t’ai toujours dit qu’il fallait pas toucher au gens que j’aime sinon c’était la mort que tu aura enface de toi.» Mais ce message ne nomme pas directement la cible.

Le soir des faits, X. a percuté la victime, décrite comme «sans histoire». Féru de voitures et au volant de sa récente acquisition, il lui a roulé dessus avant de l’écraser une seconde fois.

Plusieurs témoins ont assisté à ce drame, dont la jeune femme au cœur du conflit. Des appels désespérés sont parvenus à la centrale d’alarme. X. a ensuite pris la fuite. Mais sa cavale a tourné court. Il a été arrêté quelques instants après à son domicile par les forces de l’ordre. D’après les derniers éléments de l’enquête, le Meyrinois aurait songé à fuir à l’étranger après son acte mais sa mère l’en a dissuadé.

Détention prolongée

Défendu par Me Sylvain Zihlmann, le prévenu était présent jeudi à l’audience à laquelle participait sa mère. La détention provisoire de son fils a été prolongée cette semaine de trois mois par le Tribunal des mesures de contrainte (TMC). En raison notamment du risque de collusion avec d’autres protagonistes de l’affaire.?A ce stade de la procédure, le conducteur est prévenu d’assassinat.

Ce drame a fortement choqué la population. Un défilé a d’ailleurs réuni quelque 200 personnes, selon la police, samedi soir sur les lieux du crime pour rendre hommage à la victime et soutenir la mère du défunt, défendue par Me Samir Djaziri.

Avocat du père du défunt, Me Robert Assaël estime que «la passivité des personnes présentes quand le prévenu a touché la victime la première fois est ahurissante, voire suspecte: le drame aurait pu être évité! Choqué, dévasté par la tristesse, rongé par l’incompréhension, mon client s’est porté partie plaignante pour la mémoire de son fils et pour que justice soit rendue.» Même son de cloche chez Me Djaziri: «Le fils de ma cliente était aimé de tous et chérissait la vie. La lui avoir enlevée d’une manière aussi brutale et ignoble est une insulte à sa mémoire. Ma cliente est meurtrie au plus profond de son être.» Contactée, la mère du prévenu n’a pas souhaité s’exprimer.

(TDG)

Créé: 18.06.2017, 19h17

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