Prison pour mineurs
La directrice de La Clairière est sur un siège éjectable
Par Isabel Jan-Hess. Mis à jour le 22.08.2012 14 Commentaires
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C’est par un mail, envoyé lundi soir par la direction de l’Office pénitentiaire genevois (OFPEN), que les collaborateurs du centre d’observation et de détention pour mineurs de La Clairière ont appris la suspension de leur directrice, Dominique Roulin. Cette décision intervient quelques jours après trois évasions de quatre détenus dans ce centre situé à Vernier.
Un courriel envoyé quelques heures après un entretien entre Dominique Roulin et le nouveau conseiller d’Etat Pierre Maudet, en charge du Département de la sécurité (DS). Que se sont-ils dit? On n’en saura rien. Toujours est-il que l’énoncé de ce mail sonne comme une mise à l’écart de celle qui avait été présentée par ce même OFPEN comme LA perle rare capable de remettre de l’ordre dans cet établissement sensible.
Qui dirige le navire?
Nommée en juillet 2011, Dominique Roulin était accompagnée dans sa tâche par Jacques-Eric Richard depuis le début de 2012. Une codirection mise en place à la fin de 2011, le temps que Dominique Roulin passe le master exigé par Berne. Mais Jacques-Eric Richard est actuellement en arrêt maladie. La Clairière se retrouve donc avec une directrice priée de ne plus se rendre sur son lieu de travail et un codirecteur absent pour une durée indéterminée. De quoi inquiéter les collaborateurs.
Selon nos informations, le chiffre exceptionnel de quinze évasions depuis le début de l’année et une fronde menée contre Dominique Roulin par certains membres de son personnel sont au cœur des griefs. «Depuis l’application de l’ordonnance fédérale imposant huit heures par jour hors des cellules, le travail a été multiplié pour les employés, explique un intervenant. Plusieurs postes d’éducateurs ont été débloqués cette année, mais pas assez pour assumer le cahier des charges.»
Quant à savoir pourquoi les travaux urgents de sécurité, annoncés par Isabel Rochat en avril, n’ont pas été réalisés, le Département de l’urbanisme (DU) justifie ces délais par les procédures habituelles. «François Longchamp a pu faire accélérer les choses au regard des derniers événements», assure Rafaèle Gross, porte-parole du DU. Pour quand? No comment !
Silence du Département
No comment également sur les événements au DS. Impossible de parler avec Sandra Favre, directrice par intérim de l’OFPEN, ni avec la direction de l’établissement. Pourtant, cette énième polémique arrive à un moment délicat où La Clairière doit entièrement revoir son concept éducatif. Le premier projet déposé ayant été refusé par le Département fédéral de la justice, le centre se doit de présenter son nouveau bébé avant l’automne pour ne pas perdre la subvention de 1,4 million. Une refonte menée aujourd’hui par la direction de l’OFPEN. Une direction contestée au sein même du DS. «Ce service ne sert à rien si ce n’est à chercher des problèmes où il n’y en a pas, s’énerve un collaborateur de longue date. Il avait été créé à l’époque par le Conseil d’Etat lors des prémices de surpopulation carcérale. Cela permettait de diluer les responsabilités en cas de problème. Aujourd’hui il empêche les gens de travailler.»
D’autres observateurs reprochent à la direction de l’OFPEN un manque de connaissance du terrain et du milieu carcéral. «On a affaire à des gens qui n’y connaissent rien et c’est d’autant plus regrettable que ce sont ces personnes qui ont mené à la situation actuelle de La Clairière et qui osent mettre en cause la directrice, assène un ancien responsable. On a imposé une nouvelle gestion sans y mettre les moyens.» Beaucoup d’observateurs extérieurs s’indignent aussi de la situation. «Madame Roulin a fait un travail formidable en moins d’une année», assurent la socialiste Loly Bolay et la PLR Christiane Favre, membres de la Commission des visiteurs.
Contacté, Laurent Forestier, porte-parole du DS, assure que Pierre Maudet élabore une stratégie sécuritaire, assortie d’un plan d’action, qu’il dévoilera cet automne. «C’est dans ce cadre de la présentation de cette stratégie, intégrée et cohérente qu’il communiquera sur les mesures concernant La Clairière.» (TDG)
Créé: 22.08.2012, 06h27
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14 Commentaires
"Une codirection [...], le temps que Dominique Roulin passe le master exigé par Berne". D'ordinaire quand la personne n'a pas le diplôme requis, on ne l'engage pas, on prend quelqu'un d'autre, qui en l'occurence dispose de la qualification. C'est quoi ce délire où un fait une co-direction le temps que celui qu'on a choisit (on se demande comment) mais qui n'a pas la compétence requise l'obtienne? Répondre
Avec nos politiques, c'est toujours la faute aux autres... Lamentable notre république.Pourquoi les travaux urgents de sécurité, annoncés par Isabel Rochat en avril, n’ont pas été réalisés? La faute à qui ? Répondre
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