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Cortège du 1er Mai

Importante mobilisation des employés de Merck Serono

Par Julien de Weck. Mis à jour le 01.05.2012 93 Commentaires

La fête du travail prend un sens tout particulier cette année avec la fermeture de Merck Serono.

1/19 L'ex-Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a rejoint le cortège au parc des Bastions.
Céline Garcin

   

(la Tribune de Genève)

  • 13h39  

    C'est parti pour le défilé du 1er mai version 2012! Suite à l'annonce de la fermeture du site genevois de Merck Serono, le cortège s'est délocalisé dans le quartier de Sécheron, où se trouve le siège du géant pharmaceutique. Mobilisés, les employés de la multinationale ont quitté leurs laboratoires pour gagner la rue sous les couleurs du syndicat UNIA.

    Opération d'ores et déjà réussie, le parvis de l'entreprise est pris d'assaut. Avec ses blouses blanches et pancartes revendicatrices, le défilé du 1er mai s'annonce particulièrement chaud dans la cité Calvin. Les employés de Merck Serono vont ensuite gagner la place des 22 Cantons, où les attend les manifestants pour un départ prévu à 15h.

  • 13h47  

    Aux fenêtres du monstre de verre, des employés, collés aux vitres, scrutent le parvis où environ 500 de leurs collègues applaudissent l'allocution d'Alessandro Pelizzari, secrétaire général du syndicat UNIA. A noter que la prise de parole est en français. "Bravo pour votre courage de montrer votre visage et votre volonté de sauver vos emplois", harangue le syndicaliste. Tonnerre d'applaudissements. Le micro est donné aux délégués du personnel.

  • 14h03  

    De nombreux représentants politiques de la gauche genevoise sont présents sur le site de Sécheron. "J'apporte par ma présence le soutien inconditionnel du gouvernement de la Ville de Genève" déclare le conseiller administratif Rémy Pagani.

    L'expression des "cols blancs" a visiblement fait du mal à la cote d'amour du PS genevois. La petite phrase est régulièrement moquée par les orateurs.

    Prise de parole de la candidate socialiste au Conseil d'Etat Anne Emery-Torracinta. L'actuelle députée apporte "le soutien total du parti aux employés de Merck Serono". Applaudissements polis à la fin de son allocution.

    Le cortège quitte Sécheron en direction de la place des XXII Cantons.

  • 14h23  

    Le cortège pharma gagne la rue de Lausanne, encouragé par les automobilistes à coups de klaxons. Maxime, père de famille genevois, participe à sa première manifestation "de l'industrie". Ce manager de tests cliniques voit "avec cette fermeture des conséquences majeures pour la canton. Il ne faut pas rêver: nous parlons d'êtres humains, pas de postes de travail. Comment voulez-vous que je quitte Geneve avec mes enfants? Il y aura beaucoup de chômeurs, contrairement à ce qu'assure Merck Serono."

  • 14h36  

    "Bénéfices records, employés dehors", les slogans scandés par le syndicaliste Joel Varone font mouche dans le cortège. Et à la moindre baisse d'attention, le futur classique "Merck Serono se Rebif" est entonné, du nom de la molécule qui a fait la fortune de la famille Bertarelli. "Nous connaissons une situation de crise, mais nous avons encore des idées", assène une employée. 14h36, le cortège arrive à la gare Cornavin.

  • 14h50  

    Sifflets, slogans scandés avec cœur, Rémy Pagani tient la forme derrière la banderole Merck, entre deux interviews.
    14h45 Ça y est, la jonction entre le cortège Merck et les manifestants des 22 Cantons s'opère. Syndicats et partis politiques sont à l'heure CFF. Du grand art, vu les difficultés engendrées par le passage des manifestants sur la voie publique, alors que les axes routiers sont pour la plupart ouverts à la circulation.

  • 15h00  

    Les employés de Merck Serono sont accueillis par la fanfare Rousseau 13. Ajoutez à cela les sifflets et les tambours faits maison et vous aurez un aperçu sonore de la Fête du Travail au départ officiel. 14h57 Le cortège s'élance joyeusement sous le soleil rue de la rue de Chantepoulet.

  • 15h19  

    Retour à l'actualité, avec la fermeture du site genevois de Merck Serono. Les percussionnistes du géant allemand battent le pavé dans un rythme endiablé. Patricia, entre deux sessions revendicatrices, nous explique sa présence: "C'est une première pour moi, la manifestation ne fait pas partir de ma culture, mais face à une telle injustice, poursuit la chercheuse, je n'ai pas hésité un seul instant." La jeune femme reprend le leitmotiv du cortège: "Faire entendre notre voix! Va-t-on sauver nos emplois? Voilà le gros point d'interrogation. Nous n'avons plus le choix, les rumeurs de couloirs font état de 150 personnes reclassées. Nous ne nous faisons pas d'illusions sur le discours rassurant de la direction."

  • 15h33  

    Interrogé sur la présence des employés de Merck Serono, Thomas, un mécanicien rompu à la lutte syndicale, regrette "qu'ils n'étaient pas là l'année dernière." Lui qui n'a jamais manqué un défilé depuis 1994, remarque "un problème avec la solidarité, c'est que l'on demande aux autres d'être solidaires, sans forcément l'être soi-même."
    La présence des employés pharma "fait tout drôle, pour Thierry, électricien syndiqué. La biotechnologie brasse beaucoup de pognon. Là, ça se fait une fois de plus au détriment des ouvriers." Et les cadres dans la rue? "C'est la fête du travail pour tout le monde, répond-il. Tant mieux si la mobilisation s'étend."

  • 15h40  

    Coup d'éclat des employés de Merck Serono qui bloquent entièrement le pont du Mont-Blanc!

  • 15h48  

    L'action, symbolique, n'aura duré que quelques minutes, mais marque les esprits. "Le pont du Mont-Blanc, c'est le pont des maçons, rappelle Alessandro Pelizzari. Par ce moyen, ils ont obtenu la retraite à 60 ans. Aujourd'hui, ce sont les fameux cols blancs qui bloquent le pont. Nous sommes en train de vivre quelque chose de fort!"

  • 15h50  

    15h50 La circulation reste chaotique aux abords du pont du Mont-Blanc. Les automobilistes, aux premières loges, semblent manifester de l'empathie. Les coups de klaxons relèvent plus des encouragements que de l'énervement. Reste qu'ils ne voient toujours pas le bout de la traversée. Le cortège, plus conséquent que les dernières années aux dires des participants, s'étale sur toute la longueur de l'ouvrage et au-delà.

  • 16h00  

    Petit détour sous l'étendard du Groupement transfrontalier. Pour rappel, le mot d'ordre de la journée est : contre la sous-enchère salariale, les abus patronaux, mais aussi contre la xénophobie. A ce titre, Michel Charrat, son président, appelle à "l'unité de tous les travailleurs, résidents et frontaliers." Cet ancien des HUG n'hésite pas à parler de "climat délétère, propagé par une minorité, mais qui fait mal."

  • 16h10  

    Le cortège défile dans les Rues-Basses. Les badauds se figent sous le passage des manifestants. Visages contrits, enthousiastes ou étonnés, la Fête du Travail ne laisse pas indifférent. Juchés sur le socle d'un lampadaire, deux gamins battent de la tête au passage du char animé par le DJ de la manif. Chants militants, mais entraînants. Tout les moyens sont usés pour capter l'attention. Ça fonctionne. Avant que leur mère intime l'ordre d'y aller.

  • 16h28  

    La tête du cortège aborde la dernière ligne droite avant les Bastions. Déterminé, Farhat porte haut les couleurs du syndicat UNIA. Cet employé administratif de Merck Serono est "prêt à se battre. On m'a proposé un mois de salaire par année d'ancienneté plus un préavis de deux mois. C'est indécent par rapport aux bénéfices dégagés par la société."

  • 16h30  

    Prise de la Bastion. Les manifestants affluent dans le parc genevois. Des sourires satisfaits illuminent les visages. La foule compacte est accueillie par une haie d'honneur composée de banderoles aux couleurs de Merck. "Des grillades attendent les employés de Serono", crache le mégaphone. A l'intérieur des Bastions, odeurs de saucisses grillées et musique à tous les stands. La fête devrait durer jusqu'à 23 heures.

    Nous rendons l'antenne, merci de nous avoir suivi et à très vite pour de nouveaux directs.

Créé: 01.05.2012, 13h42

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93 Commentaires

AU BOULOT Genevois

01.05.2012, 16:28 Heures
Signaler un abus 19 Recommandation 0

Moi aussi j'ai déjà perdu un travail... Mais je ne suis pas allé manifesté, ni pleurniché, je me suis relevé les manches et aujourd'hui pour le premier mai et bien je travail !! et je ne suis pas dans les Rues a déranger les autres (transports publics bloqués). La gauche insite les gens à être des assistés... ON SE CROIRAIT EN FRANCE Répondre


Navarro Sioux

01.05.2012, 15:33 Heures
Signaler un abus 17 Recommandation 0

Ce gens n'ont rien a avoir avec Genève, ils sont venus par l'argent,beaucoup par la convoitise.ce type de manifestation n'existait pas à Genève, ainsicomme les trams bondés, des gens bizarres de partout,des habitudes qui ne sont pas genevoises, des batiments qui poussent partout etc. Répondre



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