Après l’appel de l’Etat, les communes se mobilisent pour loger des requérants

GenèveDes communes louent des terrains à l’Hospice général, d’autres prêtent des appartements ou donnent de l’argent.

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L’«appel à la solidarité des communes» lancé par l’Etat l’été dernier semble avoir été entendu. Depuis six mois, les municipalités redoublent leurs efforts pour trouver, de leur côté, des solutions d’hébergement pour les requérants d’asile et ainsi soulager l’Hospice général. Si toutes les communes ne se sont pas saisies de la problématique au même niveau, elles sont nombreuses à avoir pris conscience du rôle qu’elles avaient à jouer. Tour d’horizon des actions. Locations de terrains

Parmi les initiatives les plus importantes, on retient le terrain mis à disposition de l’Hospice par Onex. Situé à côté des parkings de la piscine communale, l’emplacement devrait accueillir des conteneurs pour 180 personnes – essentiellement des familles syriennes – à l’horizon 2017. Malgré une pétition signée par 1900 habitants s’opposant aux futures constructions jugées «trop proches de l’école et de la pataugeoire», le Conseil municipal a décidé d’entériner le projet. L’Exécutif onésien avait négocié cette solution avec l’Etat notamment pour garder l’abri PC des Grandes Portes vide afin de pouvoir y reloger des habitants en cas de sinistre.

D’autres communes réfléchissent également à prêter une parcelle de leur territoire à l’Hospice. C’est notamment le cas de Lancy, Bernex et Plan-les-Ouates. «Nous pourrions par exemple installer des logements provisoires à l’emplacement du futur quartier des Cherpines, mais je ne sais pas si les délais sont suffisants pour intéresser l’Hospice», confie le maire, Xavier Magnin. La Ville de Genève étudie, de son côté, plusieurs endroits où poser des structures modulaires provisoires, par exemple derrière la gare. Selon la maire, Esther Alder, une partie de ces logements pourrait alors être destinée à des requérants.

Prêts d’appartements

A défaut de terrains disponibles, certaines communes ont décidé de proposer un appartement à des migrants. Carouge, Avully, Dardagny et Meinier le font déjà; Confignon et Chêne-Bougeries ont accepté une motion dans ce sens; et Céligny y réfléchit sérieusement. «Nous avons par contre reçu des critiques de la part d’habitants qui attendaient un appartement sur la commune, regrette la magistrate carougeoise Anne Hiltpold. Mais la situation de certains migrants est dramatique, on ne peut pas rester les bras croisés.»

Actions d’intégration

Au-delà de la mise à disposition de terrains ou de locaux pour du logement, les communes qui accueillent des migrants – de leur propre initiative ou à travers le dispositif de l’Hospice (abris PC, foyers) – sont fortement mises à contribution. Il leur incombe en effet de scolariser les enfants des familles migrantes et de veiller à l’intégration de ces nouveaux arrivants au sein de la commune. Dans cette perspective, beaucoup de collectivités ont mis en place diverses actions, comme l’ouverture de salles de gym en dehors des heures scolaires, des cours de français, des rencontres avec les habitants ou diverses activités en lien avec la vie communale.

Mais tout ceci a un coût. Et certaines communes suburbaines fortement sollicitées par l’Etat ont réclamé que tout le monde participe à cet effort financier. L’Hospice général a ainsi demandé aux collectivités qui n’accueillaient pas ou peu de migrants sur leur territoire de financer trois postes de coordinateurs, estimés à 120 000 francs par an chacun.

Participations financières

Ces trois collaborateurs seront chargés d’organiser les diverses activités d’intégration proposées par des associations, des entreprises ou des particuliers en fonction des besoins des personnes dans chaque commune. «Nous avons reçu énormément d’offres depuis l’année passée, précise le directeur général de l’Hospice, Christophe Girod. Comme nous avons été très occupés par l’hébergement de ces nouveaux migrants l’été dernier, nous n’avons pas eu le temps jusqu’à maintenant de développer les programmes d’insertion. Mais cette année, nous allons nous concentrer sur l’intégration de ces personnes.»

Plusieurs communes ont déjà répondu à l’appel de l’Hospice. Genthod, Vandœuvres, Meinier et Cologny ont déjà assuré leur participation financière; d’autres, telles que Choulex et Collonge-Bellerive ont inscrit le sujet à l’ordre du jour du prochain Conseil municipal.

Des implantations sont aussi envisagées à Veyrier et Satigny. (TDG)

(Créé: 07.02.2016, 18h02)

Bonne mobilisation communale

Christophe Girod, directeur général de l’Hospice, analyse le rôle des communes.

Etes-vous satisfait de l’action des communes depuis six mois?

Les communes se sont bien mobilisées. Mais elles sont confrontées au même problème que le Canton: elles manquent, pour certaines, de terrains constructibles où installer des logements provisoires.

Avez-vous assez de lits pour 2016?

Il reste neuf abris PC ouvrables. Nous les visitons pour évaluer les travaux nécessaires et planifier leur ouverture. Ils nous permettront d’héberger 700?personnes supplémentaires, soit plus de la moitié des nouveaux arrivants annoncés pour 2016.

Et en 2017?

Nous avons identifié avec l’Etat quatre parcelles pour des logements modulaires provisoires, dont une à Veyrier et une à Belle-Idée à Thônex. Ces structures devraient nous offrir 1200 nouveaux lits à l’horizon de 2017. L’objectif sera alors de vider les abris PC des requérants d’asile.

Des pétitions ont déjà été lancées. Des oppositions sont possibles…

S’opposer à ces structures, c’est condamner les migrants à vivre sous terre. Or, 85% des personnes qui logent aujourd’hui en abri PC resteront en Suisse. Une intégration réussie ne peut pas se faire en abri PC. C.G.





























































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