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Logement

Ça marche en France: la coloc avec une personne âgée peine à Genève

Par Matthieu Lemaire. Mis à jour le 26.09.2012 1 Commentaire

Habiter chez une personne âgée pour contourner la pénurie de logement, l'idée est loin de faire son chemin.

Image: Martin Patrick

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Un appartement sur Genève? Autant chercher une aiguille dans une botte de foin! La pénurie de logement frappe le canton de plein fouet. Parmi les plus touchés, les étudiants. Qui sont parfois même contraints de trouver refuge hors des frontières genevoises. Un des remèdes pourrait être la cohabitation avec un senior. Seulement voilà, le concept reste au point mort à Genève.

Avec deux logements libres pour 1000, difficile de se loger pour les étudiants genevois. Dans d'autres pays, et notamment en France, le logement intergénérationnel a déjà fait son trou. Le principe: habiter chez un senior contre un service, ou bien en échange d'un loyer. L'étudiant résout ainsi son problème de logement, et la personne âgée s'assure un revenu supplémentaire ou une aide.

Impossible d'entrer en relation

Françoise Demierre, responsable du bureau des logements de l'Université de Genève dresse un constat: «Aucune structure ne met en relation les étudiants et les aînés.» Les jeunes ont des offres de logement sur le site de l'UNIGE. Mais ils ne peuvent pas connaître l'âge de la personne. «Les étudiants ne recherchent pas un logement chez une personne âgée, précise la cheffe du service. Ils ont besoin d'indépendance, surtout s'ils viennent de l'étranger.»

Ce n'est pas le cas de tous les étudiants en provenance de l'extérieur. Gabriella, 21 ans, vient de France et loge chez un senior: «Je dors dans une chambre indépendante, sans services en retour, mais avec un loyer de 750 francs par mois.» L'étudiante genevoise a trouvé l'annonce sur le site de l'Université. «Au début, je ne savais pas qu'il s'agissait d'une personne âgée.», précise-t-elle. Preuve de la nécessité d'un outil de rencontre pour faciliter les contacts? «Pourquoi pas! Mais, il faudrait des ressources», poursuit Françoise Demierre.

Rupture des générations

La cohabitation intergénérationnelle? Une impasse, juge Cornelia Hummel, sociologue à l'Alma Mater: «Il y a beaucoup de contraintes des deux côtés et des modes de vie différents. En plus, les anciens préfèrent accueillir une connaissance, ce qui limite les possibilités.» C'est le cas de Raymond, 75 ans: «Cohabiter avec un jeune ne me gênerait pas, confie t-il. Mais seulement sur recommandation!»

«La rupture des générations bloque la cohabitation entre jeunes et seniors, continue la spécialiste de la vieillesse. Dans le passé, les gens avaient des espaces de rencontre, aujourd'hui, ces lieux publics, commerces et autres se font plus rares.»

Opposition des bailleurs privés

Une autre barrière empêche ce type de partage d'habitation. Le canton de Genève compte plus de 80 % de locataires. «Dont une grande majorité en contrat avec des bailleurs privés», affirme Christian Dandrès, avocat de l'Association genevoise de défense des locataires (ASLOCA). Et alors? «Le secteur privé a des critères extrêmement stricts. Il n'aime pas qu'une personne âgée en sous-occupation accueille un étudiant», continue le député socialiste au Grand Conseil. Par peur que le jeune quitte le logement au bout d'un an, et que le senior n'ait soudain plus assez de ressources pour payer son loyer.»

Et les vieux?

Genève privilégie le maintien à domicile des personnes âgées. Et pour cause, l'effectif des plus de 80 ans devrait passer de 23 000 aujourd'hui, à 37000 en 2030 et les places en EMS se font rares. Un point positif pour le logement intergénérationnel. Mais son développement au bout du lac peine à démarrer. Et ce malgré la crise du logement à Genève, et le vieillissement de la population. (TDG)

Créé: 25.09.2012, 18h00

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1 Commentaire

Andrée Dall'Aglio

26.09.2012, 14:13 Heures
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Comment cela pourrait-il "marcher"? A Genève on compte la cuisine(tte) pour une pièce, et depuis 50 ans, les familles cherchent une chambre de plus lorsqu'un (deux, trois, oh la la!) enfant(s) s'annoncent? Quelques grands-parents accueillent un(e) petit-e fils/fille: ceux qui ont la chance d'avoir un "4-pièces"! Et les propriétaires de villas pour la plupart ne se sentent pas concernés, bien sûr! Répondre



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