Climat: Genève fera-t-il mieux que Donald Trump?

EnvironnementLe Canton soutient l’Accord de Paris, à l’inverse du leader américain. Pourtant, il pollue encore beaucoup.

Image: CYBERPHOTO

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Le vilain petit canard, c’est Donald Trump. Depuis qu’il a annoncé son retrait de l’Accord de Paris sur le climat, le reste de la terre s’en prend au président américain, pollueur invétéré. Mais les autres, que font-ils pour lutter contre le réchauffement climatique? Suivant le principe selon lequel il faut balayer devant sa porte, soulevons un peu le paillasson genevois.

Lors de la COP21 à Paris en novembre 2015, le Conseil d’Etat a annoncé un objectif ambitieux: il a dit vouloir réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990.

Manque de chance, 2015 n’aura pas été très verte à Genève. Le trafic a augmenté en ville et sur l’autoroute et les livraisons de gaz, de mazout et de carburant ont grimpé de 4%.

Bonnes tendances

Mauvais point, certes. Mais pour être honnête, il faut examiner les tendances sur le moyen terme. Là, les résultats sont plus réjouissants. En dix ans, Genève a réduit sa consommation de fluides énergétiques de 24%. La vente d’essence et de diesel a chuté de 34% (il y a toujours autant de trafic mais les voitures sont moins gourmandes). La consommation d’électricité s’est stabilisée et les SIG ne livrent plus que du courant renouvelable. Bémol: la vente de kérosène a augmenté de 55%, signe de l’explosion du trafic aérien.

Ces résultats permettent de répondre en partie aux objectifs que s’est donnés la Suisse en 2011. A savoir, réduire les gaz à effet de serre de 20% en 2020 par rapport à 1990. A mi-parcours, la moitié du chemin a été fait.

Mais quoi qu’il en soit, ce premier objectif n’est pas suffisant. Genève l’a bien compris puisque c’est le premier canton à avoir lancé son Plan climat en 2015. Ce document a le mérite de faire le point des efforts en cours dans les différents secteurs, de les coordonner et de répartir le travail.

Bâtiment et aviation

Le bâtiment doit faire le gros de l’effort. Normal. Le chauffage et l’eau chaude génèrent un quart des gaz à effet de serre à Genève. La rénovation des bâtiments s’est toutefois longtemps heurtée à un problème de rentabilité pour les propriétaires. Vient ensuite la mobilité, mais sans l’aviation. Celle-ci doit se contenter de limiter ses émissions en 2030 au niveau de 2014. Le troisième secteur concerne l’alimentation.

Reste à mettre tout ceci en musique. En décembre 2015, le Conseil d’Etat annonçait un plan de mesures pour 2016. Ce document n’est toujours pas public. Pourquoi ce retard? «Nous avons discuté des mesures avec nos voisins français et nyonnais afin de les associer à la démarche», répond François Longchamp, président du gouvernement et chargé du dossier climat. On pourrait donc imaginer des réponses coordonnées des deux côtés de la frontière, comme par exemple la circulation alternée en cas de pic de pollution.

Objectif transitoire

Le président l’assure: «Genève fait partie des bons élèves et nous tiendrons nos objectifs.» Membre de l’association écologiste Noé 21, Philippe de Rougemont se félicite de la démarche. «Genève prend la bonne voie mais il faudrait accélérer le mouvement, d’autant plus que la baisse de 40% ne peut être qu’un objectif transitoire si on veut éviter un réchauffement supérieur à 2 degrés d’ici à la fin du siècle.» Le plan de mesures devrait être adopté cet automne. Il en découlera d’autres mesures concrètes, en partie coercitives (lire ci-contre). Et sans doute de vifs débats politiques.

(TDG)

Créé: 07.06.2017, 19h46

Cinq litres de pétrole pour 1 kg de fraises

Un kilo de fraises de la région, acheté en saison, nécessite 0,2 litre de pétrole pour être produit et apporté sur l’étalage. Si il vient d’Israël en mars, c’est 4,9 litres. Voilà ce qu’on peut lire dans le volet 2 du Plan climat que nous nous sommes procuré. Ce document liste les efforts supplémentaires à faire pour réduire les gaz à effet de serre. Parmi les pistes, l’incitation à acheter local et à allonger la vie de nos appareils afin de limiter les émissions des énergies grises. Pour les bâtiments, on envisage l’obligation de se raccorder à un réseau de chaleur lors d’un changement de chaudière ou l’encouragement du bois dans la construction. En tout, une trentaine de mesures, incitatives ou coercitives, qu’il faudra en partie transformer en loi. «Elles s’inscrivent dans la continuité des politiques déjà en place», relève Rémy Zinder, directeur du Service du développement durable. Il n’empêche que certaines d’entre elles sont déjà âprement discutées dans l’administration, en raison des coûts qu’elles entraînent, ou de leur impopularité potentielle. C.B.

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