Grand-Genève
Claude Haegi rêve de ressusciter le train à crémaillère du Salève
Par JF Mabut. Mis à jour le 11.07.2012 14 Commentaires
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Claude Haegi: «Le Salève est notre cour de récréation. IL gagnera en attractivité. Ce sera un véritable plus pour le tourisme régional et le développement durable.»
En rouge la ligne du funiculaire suit largement l'ancienne voie construite par l'ingénieur genevois Thury en 1890. En bleu, Le téléphérique conçu en 1932 par l'architecte Braillard. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
L'exemple du Puy-de-Dome
Comme au Salève, le Puy-de-Dome a connu son heure de gloire ferroviaire. Un train à vapeur grimpait au sommet du volcan endormi de 1906 à 1926. Puis le bitume déclassa le chemin de fer et le Puy-de-Dôme se transforma en parking: 40'000 voitures 4700 cars de touristes par année. En 2008, Clermont-Ferrand vote la réalisation d'un chemin de fer à crémaillère. Les quatre automotrices ont été fournies par la société suisse Stadler-Rail. Elles sont une extrapolation de celles en service à Montserrat (Espagne). La ligne de 4 km qui franchit une dénivellation de 600 mètres a été inaugurée le 26 mai dernier. La route ne sert plus qu'en cas d'urgence. (JFM)
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Enfant, Claude Haegi gravissait le Salève en suivant la voie désaffectée du funiculaire, qui, du Pas-de-l’Echelle, tout près de Veyrier, a convoyé Genevois et touristes du début du XXe siècle jusqu’au Treize Arbres, à quelques centaines de mètres de la station du téléphérique actuel. Aujourd’hui, les carrières ont détruit la première partie de la ligne de ce qui fut le premier chemin de fer électrique de montagne du monde. L‘ancien président du Conseil d’Etat genevois, pionnier d'une collaboration régionale «qui s'étend bien au-delà du Grand-Genève», a été séduit par le projet d'une société fribourgeoise. Tracknet propose de reconstruire le train à crémaillère. Dans la foulée, Claude Haegi imagine d'interdire le trafic des voitures en fin de semaine et les jours fériés.
Toujours président de la Fondation européenne pour le développement durable (Fedre) et volontiers faiseur de roi dans les successions Muller et Maudet, Claude Haegi s'est toujours beaucoup investi pour la pérennisation du téléphérique et la protection du Salève. «La montagne des Genevois est victime de son succès», explique-t-il dans la dernière livraison du magazine L'Extension. «Si les varappeurs ont su apprivoiser les rochers sans atteintes notables à l'environnement, il n'en est pas de même des pique-niqueurs, qui oublient parfois de remporter avec eux tous leurs déchets.» Le Genevois peste surtout contre les deux et quatre roues motorisés qui empoisonnent le balcon du Mont-Blanc: «Et je ne vous parle pas des voitures qui investissent la montagne en toute saison particulièrement quand le brouillard met Genève sous cloche».
Le train du Puy-de-Dôme roule a nouveau
«L'idée de ressusciter le funiculaire du Salève, qui a fonctionné de 1892 à 1935, m'a été suggérée à la Foire d'Alger, il y a trois ans, raconte Claude Haegi. J'étais alors président de la Chambre de commerce Suisse Algérie. Un représentant de la société Tracknet m'a approché et nous avons discuté une heure et demi sur la possibilité de rétablir au Salève un train à crémaillère identique à celui qui gravit à nouveau, depuis un mois-et-demi, les flancs du Puy-de-Dôme.» Tracknet, spécialiste de la construction de voies à crémaillère, se dit prête à construire l'installation. La ligne suivrait l'ancien tronçon et circulerait jusqu'au sommet du Salève, à 1240 mètres d'altitude, près de la petite gorge, d'où s'élancent les parapentistes.
Robert Ducret dubitatif
Selon Tracknet, cité par Claude Haegi, il en coûterait 36 millions de francs pour un débit horaire de 600 voyageurs et 50 millions de francs pour doubler la capacité. A ce montant, il convient d'ajouter le prix des automotrices. Au Puy-de-Dôme, l'entreprise suisse Stalder a facturé 25 millions les quatre convois qui y circulent depuis le 26 mai dernier. A quoi il faudra encore additionner les charges de fonctionnement.
Robert Ducret, qui était ministre des Finances en 1983 quand le canton a versé 12 millions de francs pour relancer le téléphérique, à l'arrêt pour vétusté depuis 1976, ne peut s'empêcher de rappeler que la plupart des transports publics ne tournent que grâce à des subventions: «L'idée est séduisante, mais je ne crois pas qu'elle verra le jour». Un rapide calcul fixe le ticket entre 20 et 30 francs par voyageur, rien que pour couvrir l'investissement et pour autant que 100'000 personnes empruntent le train chaque année.
Le téléphérique a 80 ans
Claude Haegi est convaincu. Il imagine déjà un partenariat public-privé et un GLTC, un Groupement local de coopération transfrontalière comme ceux qui gèrent le téléphérique, les bus transfrontaliers ou le projet Grand-Genève: «Non le funiculaire ne fera pas concurrence au téléphérique, affirme-t-il. Le Salève est notre cour de récréation. Il gagnera en attractivité. Ce sera un véritable plus pour le tourisme régional et le développement durable.»
Dans le cadre du 80e anniversaire de la conception du téléphérique par l'architecte Braillard, La FEDRE a financé l'édition d'un ouvrage commémoratif. Rédigé par Christian Vellas, ancien journaliste à la Tribune de Genève et auteur de nombreux livres sur la région, «Le Salève autrement» a été présenté récemment. Claude Haegi en a profité pour inviter un représentant de la société Tracknet. (TDG)
Créé: 11.07.2012, 14h55
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14 Commentaires
On présente cette opportunité comme un cadeau de Tracknet, mais je connais pas d'entreprises qui ne seraient pas prêtes à faire quelque chose du moment où on les paye ;) Ça n'enlève rien à la beauté du projet, bien que s'il devait se faire, il faudrait qu'il relie les différents villages aux alentours pour devenir un vrai axe de transport et avoir une chance d'être rentabilisé (et réalisé). Répondre
Quelle belle idée ! Je suis monté en téléphérique ce week-end et vu les magnifiques photos du MEG exposées dans la station d'arrivée sur le sujet du train . Et à chaque fois je me dis que ce serait vraiment bien qu'il reparte !Depuis 1935 et son interruption les ouvrages d'art ne doivent plus vraiment être opérationnels et les sommes semblent importantes mais c'est un beau projet. Répondre
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