Des cargos sur deux roues dans les rues de Genève

Transport vertLa Vélopostale se lance dans la vente de ces gros-porteurs à deux roues. Tour d’essai avec le premier coursier à vélo du canton.

Devant la centrale de la Vélopostale, le responsable, Laurent Sommer, au guidon d’un Johnny Loco (jaune) et son mécano Charles Marmy sur un Bullit (bleu).

Devant la centrale de la Vélopostale, le responsable, Laurent Sommer, au guidon d’un Johnny Loco (jaune) et son mécano Charles Marmy sur un Bullit (bleu). Image: Laurent Guiraud

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Un vélo de somme. Pas un scooter électrique déguisé en bicyclette. Un vélocipède, un vrai, de ceux qui s’animent à la seule force du mollet. Il en faut pour faire bouger une charge qui peut aller jusqu’à 100 kilos, à en croire la fiche d’homologation. «On a même porté 120 kilos de magazines pour un imprimeur dans la montée de Vésenaz, en première vitesse ça passait», sourit Laurent Sommer, fondateur de la Vélopostale.

Lancée il y a onze ans, cette société de livraison à bicyclette est aujourd’hui la plus importante de la ville. Elle utilise ces poids lourds à dérailleur depuis plus de dix ans pour ses livraisons volumineuses. «Nous en avons trois qui tournent en permanence, par exemple pour la livraison des repas à domicile de Venezvite.com ou des bouteilles d’Axel Votre Sommelier», relate le responsable de cette entreprise d’une quarantaine de personnes.

Face aux demandes des curieux, l’ancien étudiant en géologie a commencé à vendre ces bêtes de somme, au coup par coup. Une dizaine en trois ans. L’engouement croissant l’a conduit à ouvrir un point de vente – Vélo Cargo Genève – assorti d’un atelier dirigé par «Charly» Marmy, sous la centrale de la Vélopostale. «L’un des freins à l’achat reste le parking; pas évident d’avoir un local à vélo qui l’accueille et on n’a pas forcément envie de le laisser dans la rue», reconnaît Laurent Sommer. Résultat, ce dernier propose également ces camionnettes à pédales à la location.

Les trois modèles offerts sont d’origine baltique ou de mer du Nord. Le gros-porteur Bullit – on n’ose imaginer ce qu’en penseront les fans du film culte de Steve McQueen – est fabriqué par Larry et Harry. Deux types de Copenhague voulant ressusciter le Long John, vélo-porteur des années 60. A 2800 francs – avant options, comme la cantine de transport ou la cellule pour enfant avec capote – c’est le plus cher. La conduite demande un temps d’adaptation. Conseil: au premier coup de pédale, éviter de fixer la roue avant, un mètre plus loin.

Le plus stylé reste le Johnny Loco, un néerlandais dont le Cargo Coupé tourne autour de 2000 francs. «Presque aussi simple à conduire qu’un vélo normal», souffle Maïté Sommer, la compagne du responsable de la Vélopostale, ses deux enfants à l’abri juste devant elle. Pas dans une carriole en toile au raz des pots d’échappement.

Egalement de Copenhague, Omnium Bikes se targue de fabriquer «des vélos cargos légers et rapides». Son modèle se distingue par un large plateau tissé de chambres à air, aussi arty qu’astucieux. On y amarre aussi bien une lettre qu’un ampli Fender. Disponibles en trois empattements, ils partent à 1600 francs. «J’aimerais aussi importer les triporteurs de Christiania Bikes», lance Laurent Sommer. Un nom qui fleure tout aussi bon Copenhague.

D’ici là, il faudra garder l’équilibre pour conduire ces vans à pédale. Boulevard Carl-Vogt, le café agricole La Ritournelle utilise un Bullitt pour se ravitailler auprès des exploitants du canton. «J’ai commencé comme coursier à Lausanne avec ce modèle, on alimentait dès 5 heures du mat’ les crèches en légumes bio – 100 à 120 kilos chaque jour», se souvient le propriétaire, Alexandre Rousset. Il finit par passer aux aveux. Dans les pentes de la cité vaudoise, l’installation d’une assistance électrique restait indispensable. (TDG)

Créé: 08.12.2014, 08h23

L’entreprise

Installée dans le quartier de la Jonction, la Vélopostale c’est: deux cents courses par jour; 1,5 million de francs de chiffre d’affaires annuel; une quarantaine de
collaborateurs, souvent coursiers à temps partiel;
une petite dizaine de permanents dans sa centrale de bureaux installée dans une vieille boutique aménagée en loft du quartier de la Jonction. Ces employés sont chargés de recevoir les appels, de répartir les courses
et de l’administratif.

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