Vie nocturne
Contre le bruit, l’Etat veut fermer les clubs à 7 heures du matin
Par Olivier Francey. Mis à jour le 24.07.2012 13 Commentaires
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Contre le bruit, l'Etat veut autoriser les boîtes de nuit à ouvrir jusqu'à 7h du matin. Qu'en pensez-vous?
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Les propositions
Hormis le réaménagement des horaires d’ouverture, d’autres mesures ont été avancées par le Département des affaires régionales, de l’économie et des affaires sociales (Dares).
Durcissement des sanctions contre les «prête-noms». Bien qu’interdite par la loi, la location de brevets de cafetiers à des tiers est une pratique courante à Genève. L’Etat souhaite renforcer l’interdiction en proposant des sanctions plus sévères. But: limiter les abus et responsabiliser le «véritable» exploitant.
Mise sous clé de l’alcool vendu à l’emporter. Même si la loi interdit la vente d’alcool après 21?h, l’Etat peine toujours à contrôler son application. Une interdiction totale de vente à l’emporter des boissons alcoolisées par les restaurants est également envisagée. But: protéger les mineurs et faciliter le contrôle des commerces.
Diminution du nombre de catégories d’établissements en fonction des horaires et du type de restauration offert. Les catégories passeraient de neuf à cinq (buvettes, restaurants, restaurants d’entreprise, hôtels et dancings). But: simplifier la loi et faciliter son contrôle.
O.F.
Commentaire: On a la nuit que l'on mérite
C’est sous des angles opposés que le Canton a décidé d’empoigner les problèmes générés par les nuits genevoises. D’un côté, une répression plus sévère en espérant qu’elle soit plus efficace. De l’autre, une large concertation avec tous les acteurs liés à La loi sur la restauration et les débits de boissons. Au-delà du toilettage de cette loi, presque inchangée depuis 1987, c’est surtout un monde qui a changé. Les nuits d’hier ne ressemblent plus à celles d’aujourd’hui. Les «animaux nocturnes» sortent plus tard, la bière et le vin sont désormais anachroniques au regard de la vodka-Red Bull et des shots d’alcool fort, sans compter que les drogues synthétiques ne coûtent qu’une poignée de francs. Rien d’étonnant à ce que ce cocktail soit parfois explosif. S’il faut, sans aucun doute, sanctionner les établissements qui ne gèrent pas leur clientèle, il faudrait, plus encore, s’interroger sur ces noctambules qui incarnent le visage obscur de la nuit. Et se demander s’ils ne sont pas le reflet de notre société. Individualiste, violente et futile.
O.F.
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Retarder l’heure de fermeture des boîtes de nuit genevoises jusqu’à l’apparition des premières lueurs de l’aube? C’est l’une des pistes envisagée par le Département des affaires régionales, de l’économie et de la santé (Dares) de Pierre-François Unger. Avec pour principal dessein de réduire les nuisances sonores liées aux fins de soirées, parfois animées, des noctambules.
Dans le cadre de la révision (toujours à l’étude) de la Loi sur la restauration, les débits de boissons et l’hébergement (LRDBH), inchangée depuis 1987, le Dares souhaite notamment procéder à un réaménagement des horaires des «dancings» et des cabarets.
De 5 à 7?heures
Actuellement, la loi impose aux night-clubs de verrouiller leurs portes dès 5?heures du matin. Les autorités aimeraient repousser cette limite d’horaire jusqu’à 7?heures. Pour Chris Monney, attaché de direction auprès de la Direction générale des affaires économiques (DGAE), cette mesure éviterait aux riverains de devoir subir les nuisances sonores qu’engendrent les fêtards lorsqu’ils ont à quitter l’établissement. Plusieurs arguments soutiennent cette mesure.
«A 7?heures du matin, les Genevois sont déjà réveillés», rappelle Chris Monney. En retardant la fermeture, les noctambules dérangeront moins les riverains éveillés. Autre effet escompté, celui d’un étalement dans le temps de la sortie des clients. «Il s’agit d’éviter que tout le monde ne sorte en même temps, et par conséquent de réduire les nuisances sonores.»
Enfin, dernier argument invoqué par la DGAE, la possibilité pour les «fêtards» d’emprunter immédiatement les transports publics pour regagner leurs lits. «Une fermeture plus tardive des clubs permettrait ainsi aux derniers clients de rentrer chez eux en bus plutôt qu’en voiture. Et ainsi d’éviter une longue attente bruyante aux arrêts.»
Exploitants favorables
Autre initiative, celle d’imposer une fermeture durant la nuit aux établissements pour «au moins six heures», contre deux heures actuellement. Un procédé qui exclurait la possibilité d’occuper la chaussée, dans l’attente de retourner dans l’établissement temporairement fermé.
Sans surprise, l’intention des autorités d’étendre les horaires d’ouverture est bien accueillie par les exploitants d’établissements, à l’image du directeur du club Bypass, Pierre Thomas. «C’est assurément un avantage pour l’aspect sécuritaire, autant que pour l’aspect commercial, commente celui qui gère également des discothèques au Luxembourg et en France. Aujourd’hui, la plus grosse partie du chiffre d’affaires se fait à partir de 2?heures du matin. Les gens sortent plus tard, c’est un phénomène européen», argumente Pierre Thomas. Il rappelle que certaines boîtes de nuit hexagonales cessent de servir de l’alcool une heure avant la fermeture.
Phénomène bien connu de ceux qui ne souhaitent pas retrouver le chemin de leur domicile: les «afters», ou le moyen de faire perdurer la soirée dans un autre lieu après la fermeture des boîtes de nuit. Les autorités veulent mettre fin à cette pratique. «Il existe des lieux pour les lève-tôt, d’autres pour les couche-tard. Pas question de mélanger les deux», espère Chris Monney. Encore faudra-t-il pouvoir distinguer ces différents lieux.
Riverains mitigés, cafetiers optimistes
Les associations d’habitants de différents quartiers (Acacias, Pâquis, Vieille-Ville) ont également été consultées, à la mi-janvier, par les services de Pierre-François Unger. C’est par une lettre leur étant adressée que le conseiller d’Etat a tenu à ouvrir la période de consultation, qui s’est clôturée le 12 février.
Pour l’association Survap (acronyme de Survivre aux Pâquis), l’extension des horaires d’ouverture est accueillie avec prudence. L’initiative «mérite d’être essayée, naturellement sans terrasses!» précise Luc Gilly, membre du comité. Qui enjoint les autorités à effectuer plus de contrôles, ne se limitant pas simplement à un «événement» mais aussi à la gestion globale de l’établissement, en rappelant que les nuisances s’étendent également au trafic automobile et au parking sauvage. Parmi les solutions, Survap propose de rétablir une «brigade du bruit» dans le quartier. «L’expérience montre que la police a peu de disponibilité», juge Luc Gilly. Autre proposition plus radicale, celle de rétablir la clause du besoin. «Il y a déjà plus de 500 établissements dans le quartier», assure le Pâquisard.
L’accueil du projet est plus chaleureux pour le président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève (SCRHG). Laurent Terlinchamp se déclare «optimiste et ouvert» quant à la révision de la LRDBH. «Il y a clairement aujourd’hui un changement de tonalité de la part des autorités, qui constatent peut-être que les réglementations restrictives ne règlent pas tout. Aujourd’hui, on prend conscience que les exploitants ne sont pas les seuls responsables des nuisances. On oublie trop souvent que les individus sont aussi responsables de leur comportement.»
Quant aux problèmes liés à la nuit, Laurent Terlinchamp relativise: «Il n’y a pas de problème de nuisances sonores à Genève. Il y a des rues qui posent des problèmes de nuisances sonores.»
O.F. (TDG)
Créé: 24.07.2012, 07h39
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13 Commentaires
C'est une excellente initiative! Cela redonnera du peps à la vie nocturne genevoise qui, bien que très souvent décriée par une certaine presse, est intense croyez-moi. Mais surtout appliquons cette mesure très intelligente de ne plus servir d'alcool 1h avant la fermeture. Cela fera partir les gens petit à petit et empêchera ceux qui restent de boire encore. Vraiment, essayons au moins! Répondre
il faut faire en sorte que les clubs et toutes autres boites de nuit soient en dehors de Genève.. Répondre
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