Sexe et prévention
Le bondage s’enseigne la corde au corps aux Pâquis
Par Julien de Weck. Mis à jour le 11.06.2012
Infos pratiques
Les cours dispensés sont une première en Suisse romande. Ils se déroulent un mardi sur deux dans les locaux de l'association Dialogai aux Pâquis. Depuis une année, une vingtaine de personnes ont suivi au moins une séance. Le coordinateur du projet, Richard Bonjour, annonce la reconduite de l'atelier à la rentrée 2012. Le cours, au tarif de 15 francs par personne, est ouvert aux homosexuels et hétérosexuels, en couple ou seul.
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Emberlificoté, Arnaud, les poings attachés dans le dos, se tortille. Puis, un soupir de complainte: «Ce n’est pas assez serré.» Bienvenue à l’atelier bondage, pratique érotique qui consiste à ligoter son partenaire, proposé par l’association homosexuelle Dialogai à Genève un mardi sur deux.
L’initiation, ouverte à tous, est subventionnée par le canton, comme l’ensemble des cours de Dialogai. L’activité au dénouement érotique s’enseigne depuis une année, à l’abri de toute polémique. «Ce cours répond à une demande, explique Richard Bonjour, coordinateur du projet « Etre gay ensemble ». Le bondage est pratiqué par environ 15% de la communauté gay. Cet atelier permet d’acquérir les bases pour une pratique sans risque.»
Au cœur des Pâquis, Yann, le maître de cérémonie aux dix ans de pratique encordée, distille conseils préventifs aux deux élèves du soir. Les têtes opinent et enregistrent les règles de l’art. «Comme tout sport, il existe des risques, prévient le professeur. Des gestes à faire, d’autres à proscrire.»
Le corps tout d’abord. Noeuds coulissants bannis. Le haut du cou décrété zone interdite. D’autres parties du corps nécessitent une précaution particulière, les parties creuses et articulations. La tête ensuite. «Un bon dominant doit toujours être à l’écoute du dominé, avertit Yann. Une fois attaché, vous voilà à la merci de l’autre.» La pratique requiert aussi connaissance et confiance mutuelle entre partenaires. «Le bondage est un jeu à deux où chacun doit prendre du plaisir.» Une dernière recommandation avant de se lancer dans ce jeu enchevêtré : les partenaires doivent désigner un signe qui puisse interrompre en tout temps la séance.
Place au graal : le nœud. Le maître de cérémonie dévoile une manière de lier sans risque. «Une fois cette base acquise, place à l’imagination! » Les regards brillent. S’en suivent deux heures d’expérimentations, où l’esthétique et l’efficacité se nouent pour le plaisir et la curiosité des initiés.
Méconnu du public, tabou surtout, le bondage n’aboutit pas forcément à un acte sexuel aux dires du professeur. «La privation de mouvement a un impact physique, mais aussi psychologique, qui émoustille», reconnaît Yann. Lui attache une part prépondérante à la beauté du geste et sa résultante esthétique. Reste «le plaisir, central, assène Arnaud. Sinon, j’aurais opté pour un atelier pliage.»
Les deux élèves ont déjà pratiqué dans l’intimité. «Je suis ce cours pour ne pas faire n’importe quoi», explique Fred. Sa dernière séance a laissé des traces sur ses avant-bras, striés de lignes rouges. Après deux heures d’expérimentation, le verdict est sans appel : « Il n’y a pas de secret, il faut pratiquer», conclut le jeune homme, rassuré par les bases acquises durant la soirée. (TDG)
Créé: 11.06.2012, 12h24



































































































