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Ecole

Berne veut faire bouger les jeunes. Genève traîne la patte

Par Laurence Bézaguet. Mis à jour le 10.10.2012 5 Commentaires

Des pantouflards, les élèves genevois? Une chose est sûre: on est loin des trois heures de gym par semaine prescrites par la Confédération.

Vive le mouvement! Il a été démontré que le sport contribue au développement intellectuel des enfants.

Vive le mouvement! Il a été démontré que le sport contribue au développement intellectuel des enfants.
Image: Keystone

Revaloriser les salaires?

Les profs de gym souhaitent que l’on soigne davantage le capital santé des jeunes. Ils aimeraient aussi que l’on revalorise leurs salaires dans l’enseignement secondaire. Une pétition circule «pour corriger une inégalité de traitement».

Actuellement, les maîtres d’éducation physique sont en classe 17 au Cycle et au postobligatoire, alors que la majorité du corps enseignant se trouve en classe 20; ils réclament donc une revalorisation de leurs salaires.

A ceux qui soulignent qu’ils n’ont pas de devoirs à corriger, les sportifs rétorquent que le métier a passablement évolué, nécessitant beaucoup plus de travail à domicile. Sans compter que depuis douze ans, les profs de gym sont eux aussi formés à l’Université et qu’ils doivent même obligatoirement passer deux licences. «Notre pétition a déjà recueilli plus de 900 signatures, alors qu’on compte quelque 250 profs de gym à Genève; nos collègues sont solidaires», se réjouissent les contestataires.

Réaction du DIP, hostile pour l’heure à toute entrée en matière sur ces revendications salariales: une classification de tous les postes est en cours à l’Etat; c’est dans ce cadre-là que pourrait être rediscuté le sort des profs d’éducation physique.

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Le Conseil fédéral veut faire bouger les jeunes pour réduire l’obésité croissante. Conséquence: depuis la récente entrée en vigueur de la Loi sur l’encouragement du sport et de l’activité physique, tous les élèves en scolarité obligatoire doivent suivre trois cours de gymnastique par semaine.

Or, Genève traîne la patte. Pour le plus grand regret des profs de gym. «Seuls trois cantons, dont Genève, ne respectent pas ce mot d’ordre de la Confédération, relève une enseignante expérimentée. Pas surprenant dans ces conditions qu’on constate une baisse des performances de l’ordre de 0,43% par an, selon les résultats d’une enquête effectuée sur une période de vingt ans, sur mandat de Promotion Santé Suisse.»

Manque d’intérêt au DIP?

Face à la sédentarisation de la population, responsable de graves problèmes de santé publique, on peut s’étonner du manque de motivation du Département de l’instruction publique (DIP). En Suisse, 20% des jeunes sont atteints de surpoids et 5 à 8% des enfants sont obèses. C’est un mauvais procès que l’on fait au DIP, réagit Frédéric Wittwer, directeur du projet d’harmonisation scolaire (HarmoS): «La grille horaire prévoit trois périodes d’éducation physique au primaire et deux au Cycle d’orientation (CO), pour l’instant. Mais la 3e période est compensée au Cycle par des activités «hors cadre»: camps, journées sportives.»

Si trois heures de gym sont bel et bien prévues au primaire, de nombreux cours sont relayés par les généralistes. «C’est plus une heure d’animation sportive qu’une véritable leçon de gym», estiment les spécialistes.

Quoi qu’il en soit, ce sont les cantons qui, selon la Constitution fédérale et les articles révisés en 2006 par votation populaire, «ont la compétence de fixer le nombre de périodes d’enseignement pour les différentes disciplines», rappelle Frédéric Wittwer.

Différence culturelle

Contrairement à ce que certains pensent des deux heures de gym au Cycle, «ce n’est pas un problème de ressources humaines et de locaux», informe Pierre Kolly, directeur général du CO. C’est une question d’équilibre entre les matières, justifie-t-il: «Les biologistes nous réclament aussi, par exemple, davantage d’heures de cours. Notre souci principal est de préserver la charge de travail des élèves. Je plaide non seulement pour sauvegarder cet équilibre, mais aussi pour… un minimum de tranquillité au sein de l’institution. On ne peut pas constamment vouloir tout remettre en cause. Nous avons connu d’importants changements au CO, il y en aura dès 2014 au primaire avec l’introduction des mercredis matin; on pourra éventuellement profiter de cette occasion pour réfléchir à un rééquilibrage entre certaines matières.»

D’accord, mais d’une manière plus générale, que dire de la promotion du sport vantée à tous vents pour lutter contre les méfaits de la sédentarité? Uniquement de belles paroles à Genève? Comment se fait-il que la plupart des autres cantons respectent les trois périodes de gym préconisées par la Confédération? «Je ne prétends pas que notre système soit parfait, mais plus qu’un désintérêt pour le sport, il faut plutôt y voir une différence culturelle. La tradition alémanique est beaucoup plus forte que la nôtre au niveau du sport. Nous avons une vision plus classique, plus humaniste, qui nous incite ainsi à soutenir aussi bien de jeunes sportifs talentueux que de jeunes artistes.» (TDG)

Créé: 10.10.2012, 08h00

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5 Commentaires

Pierre Roche

10.10.2012, 12:41 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

Le vrai problème c'est... la nourriture. Si la quantité/qualité est adaptée aux besoins énergétiques et nutritionnels réels (chez un sédentaire ils seront bien moindre que chez quelqu'un de plus actif): Il n'y a pas de problème de surpoids. Tant qu'on laissera nos gamins se goinfrer de tout et n'importe quoi, ce ne sont pas 2, 3 ou 6h de gym/semaine qui vont régler quoi que ce soit... Répondre


Simoes carlos

10.10.2012, 09:36 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 3

mais non ! c'est une atteinte à liberté indivuduel dit le PLR et bcp de parents ! non ,non et non ! J'ai le droit de rester gros , de ne pas bouger , d'etre diabétique et hypertendu , d'avoir un infarctus à 40 ans etc , NON , NON et NON ! Répondre



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